331 CHAPITRE LES CENTRALES ÉLECTRONUCLÉAIRES 12 L’ASN a demandé à EDF d’adopter une approche globale de surveillance et de maintenance pour les zones concernées. Plusieurs zones du circuit primaire en alliage Inconel 600 font ainsi l’objet d’un contrôle particulier. Pour chacune d’elles, le programme de contrôle en service, défini et mis à jour annuellement par l’exploitant, doit répondre à des exigences portant sur les objectifs et la périodicité des contrôles. À ce jour, les examens volumiques réalisés sur les pénétrations de fond de cuve en alliage 600 n’ont mis en évidence aucune indication de type corrosion sous contrainte. Les contrôles réalisés sur les cloisons de GV en 2010, initiés à la suite de la détection en 2004 de fissures imputées à la corrosion sous contrainte, n’ont pas mis en évidence de nouvelles indications de fissuration ni montré de variation significative des indications suivies. En outre, les GV font l’objet d’un programme de remplacement important (voir point 3⏐4⏐4). 3I 4 I 3 S’assurer de la résistance des cuves des réacteurs La cuve est l’un des composants essentiels d’un réacteur à eau sous pression. Ce composant, d’une hauteur de 14 m et d’un diamètre de 4 m pour une épaisseur de 20 cm, contient le cœur du réacteur ainsi que son instrumentation. Entièrement remplie d’eau en fonctionnement normal, la cuve, d’une masse de 300 t, supporte une pression de 155 bar à une température de 300 °C. Le contrôle régulier et précis de l’état de la cuve est essentiel pour les deux raisons suivantes: – la cuve est un composant dont le remplacement n’est pas envisagé, à la fois pour des raisons de faisabilité technique et de coût; – la rupture de cet équipement n’est pas prise en compte dans les études de sûreté. C’est une des raisons pour lesquelles toutes les dispositions doivent être prises dès sa conception afin de garantir sa tenue pendant toute la durée d’exploitation du réacteur. En fonctionnement normal, la cuve se dégrade lentement, sous l’effet des neutrons issus de la réaction de fission du cœur qui fragilisent le métal. Cette fragilisation rend en particulier la cuve plus sensible aux chocs thermiques sous pression ou aux montées brutales de pression à froid. Cette sensibilité est par ailleurs accrue en présence de défauts, ce qui est le cas pour quelques cuves des réacteurs de 900 MWe qui présentent des défauts dus à la fabrication, sous leur revêtement en acier inoxydable. Pour se prémunir contre tout risque de rupture, les mesures suivantes ont été prises dès le démarrage des premiers réacteurs d’EDF: – un programme de contrôle de l’irradiation: des éprouvettes réalisées dans le même métal que la cuve ont été placées à l’intérieur de celle-ci. On retire régulièrement certaines d’entre elles pour réaliser des essais mécaniques. Les résultats donnent une bonne connaissance du niveau de vieillissement du métal de la cuve et permettent même de l’anticiper étant donné que les capsules, situées près du cœur, reçoivent davantage de neutrons que le métal de la cuve; – des contrôles périodiques permettent de vérifier l’absence de défaut ou, dans le cas des cuves affectées de défauts de fabrication, de vérifier que ces derniers n’évoluent pas. Contrôle des tuyauteries par l’inspecteur de l’ASN lors de l’épreuve hydraulique du circuit primaire à Cattenom Les assemblages de combustible en alliage M5 Les réacteurs utilisant actuellement du combustible avec des gaines en alliage M5 sont les quatre réacteurs de 1 450 MWe, les réacteurs de 900 MWe exploités en gestion de combustible Parité MOX (uniquement pour les assemblages de combustible MOX) et trois réacteurs de 1 300 MWe. L’acquisition du retour d’expérience et la caractérisation des défauts d’étanchéité apparus sur certains de ces assemblages ont conduit EDF à mettre en œuvre, pour les assemblages chargés à partir de 2007, des mesures d’amélioration du procédé de soudage des crayons combustibles constituant ces assemblages afin de réduire l’apparition de défauts d’étanchéité des gaines. Les assemblages chargés depuis n’ont pas présenté de défaut d’étanchéité à l’endroit des soudures faites avec ces améliorations. Cependant, d’autres pertes d’étanchéité en partie courante des gaines ont été attribuées à la présence de petits copeaux de M5 anormalement engendrés sous les ressorts des grilles des assemblages. Les premières mesures correctives concernant la fabrication des assemblages ont été prises pour limiter la création de ces copeaux. D’autres actions sont en cours de définition ou de mise en œuvre. Des défauts d’étanchéité ont à nouveau été détectés en 2009 et en 2010 dans certains réacteurs contenant des assemblages avec des gaines en matériau M5. L’ASN a demandé à EDF de ne pas poursuivre le déploiement des assemblages avec des gaines en alliage M5 sur le parc. À NOTER EN 2010
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