Rapport annuel de l'ASN 2010

393 CHAPITRE LES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES DE RECHERCHE ET LES AUTRES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES 14 médical, opérateurs industriels, etc.) et des décisions avaient été prises par les autorités de sûreté visant un meilleur partage de l’information, y compris du retour d’expérience des installations existantes ou en projet. L’ASN continue à prendre une part active aux initiatives internationales relatives à la production de radioéléments à usage médical et au vieillissement des réacteurs d’irradiation. • Le projet RJH (Réacteur Jules Horowitz) (Cadarache) Le CEA, soutenu par plusieurs partenaires étrangers, a jugé nécessaire la construction d’un nouveau réacteur en raison du vieillissement des réacteurs européens d’irradiation actuellement en service et de leur mise à l’arrêt à court ou moyen terme. Le RJH permettra notamment de réaliser des activités similaires à celles aujourd’hui réalisées grâce au réacteur OSIRIS. Il présentera toutefois des évolutions significatives, sur le plan des expérimentations comme sur celui de la sûreté. À la suite du résultat favorable de l’enquête publique réalisée en 2006 et de l’analyse du rapport préliminaire de sûreté du projet d’installation, le décret d’autorisation de création a été signé le 12 octobre 2009 (paru au Journal officiel du 14 octobre 2009). Après les premiers travaux de terrassement, de préparation, de coulage des premiers bétons en 2009, les opérations de génie civil se sont poursuivies en 2010 avec le scellement des appuis parasismiques, le ferraillage puis le bétonnage du radier de la crypte en mai, le ferraillage puis le coulage du radier supérieur du bâtiment des annexes en juin, enfin le ferraillage puis le coulage du radier supérieur du bâtiment réacteur prévu début 2011. Ce chantier a fait en 2010 l’objet de quatre inspections sur le thème du génie civil. Aucun constat d’écart majeur n’a été relevé. En outre, l’ASN poursuit une démarche d’échanges réguliers avec le CEA afin de faciliter le suivi des actions demandées à la suite de l’analyse du rapport préliminaire de sûreté et en préparation de l’examen de la demande future d’autorisation de mise en service actuellement prévue en 2013. En complément des demandes et engagements formulés à la suite de l’examen du rapport préliminaire de sûreté du projet d’installation, l’ASN a rédigé en 2010 un projet de prescriptions techniques sur lequel l’exploitant a été consulté conformément aux dispositions du décret n° 2007-1557 du 2 novembre 2007. Ces prescriptions visent à fixer les exigences à respecter en phase de conception détaillée et construction, elles viennent donc préciser les dispositions du décret d’autorisation de création de l’installation. En octobre 2010, les opérations du coulage du radier supérieur du bâtiment réacteur ont été momentanément suspendues à l’initiative du CEA, en attente d’éléments complémentaires relatifs au dimensionnement et aux dispositions constructive dans la zone de jonction piscine-radier. Les opérations de coulage de ce radier ont finalement été réalisées le 14 décembre 2010. c) Les réacteurs sources de neutrons • Le réacteur ORPHÉE (Saclay) Le réacteur ORPHÉE, d’une puissance autorisée de 14MWth, est un réacteur de recherche de type piscine. Il est équipé de neuf canaux horizontaux, tangentiels au cœur, permettant l’usage de 20 faisceaux de neutrons. Ces faisceaux sont utilisés comme « sonde de la matière » pour réaliser des expériences dans des domaines tels que la physique, la biologie ou la physico-chimie. Le réacteur dispose également de neuf canaux verticaux permettant l’introduction d’échantillons à irradier pour la fabrication de radio-isotopes, la production de matériaux spéciaux ou l’analyse par activation. L’installation de neutronographie est quant à elle destinée à la réalisation de contrôles non destructifs de certains composants. La première divergence du réacteur ORPHÉE date de 1980. L’exploitant a déposé, en avril 2009, le dossier correspondant à son deuxième réexamen de sûreté. Celui-ci a fait l’objet d’une instruction en 2009 et 2010. L’ASN se prononcera prochainement sur la poursuite de l’exploitation du réacteur, à la suite de la réunion du Groupe permanent d’experts en charge des réacteurs nucléaires qui s’est tenue en septembre 2010. d) Les réacteurs d’essai • Le réacteur CABRI (Cadarache) Le réacteur CABRI est principalement utilisé pour la réalisation de programmes d’expérimentations permettant une meilleure compréhension du comportement du combustible nucléaire en cas d’accident de réactivité. Le réacteur est exploité par le CEA pour réaliser des essais conçus par l’IRSN dans lesquels divers partenaires français ou étrangers sont parties prenantes (exploitants nucléaires, appuis techniques d’autorité de sûreté, etc.). Pour les besoins de nouveaux programmes de recherche, la boucle au sodium du réacteur a été remplacée par une boucle à eau. La vocation du réacteur CABRI sera en effet la réalisation d’essais destinés à déterminer le comportement de combustibles à taux de combustion élevés2 en situations accidentelles repréMise en place du ferraillage du radier supérieur du réacteur Jules Horowitz à Cadarache – Octobre 2010 2. L’usure du combustible est évaluée par son taux de combustion ou burnup. Le combustible est d’autant mieux utilisé que le taux de combustion est élevé. Toutefois, de hauts taux de combustion détériorent la gaine et modifient les caractéristiques neutroniques du cœur.

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