263 CHAPITRE LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS 9 S’agissant d’images numérisées, une quantification des processus physiologiques peut être réalisée ainsi qu’une reconstruction tridimensionnelle des organes (tomographie d’émission monophotonique ou TEMP), selon le même principe que pour le scanner à rayons X. Le fluor 18, radionucléide émetteur de positons, est aujourd’hui couramment utilisé, sous la forme d’un sucre, le fluorodésoxyglucose (FDG), pour des examens de cancérologie. Son utilisation nécessite la mise en œuvre d’une caméra à scintillation adaptée à la détection des émetteurs de positons (TEP). La médecine nucléaire permet de réaliser de l’imagerie fonctionnelle. Elle est donc complémentaire de l’imagerie purement morphologique obtenue par les autres techniques d’imagerie : radiologie conventionnelle, scanner à rayons X, échographie ou imagerie par résonance magnétique (IRM). Afin de faciliter la fusion des images fonctionnelles et morphologiques, des appareils hybrides ont été développés : les tomographes à émission de positons (TEP) sont désormais systématiquement couplés à un scanner (TEP-TDM) et de plus en plus de services de médecine nucléaire s’équipent de gamma-caméras couplées à un scanner (TEMP-TDM). 2I 1 I 2 Le diagnostic in vitro Il s’agit d’une technique d’analyse de biologie médicale sans administration de radionucléides au patient, permettant de doser certains composés contenus dans les fluides biologiques préalablement prélevés sur le patient : hormones, médicaments, marqueurs tumoraux, etc. Cette technique met en œuvre des méthodes de dosage fondées sur les réactions immunologiques (réactions anticorps – antigènes marqués à l’iode 125), d’où le nom de radio-immunologie ou RIA (RadioImmunology Assay). Les activités présentes dans les kits d’analyse prévus pour une série de dosages ne dépassent pas quelques kBq. La radioimmunologie est actuellement fortement concurrencée par des techniques ne faisant pas appel à la radioactivité telles que l’immunoenzymologie. 2I 1 I 3 La radiothérapie interne vectorisée La radiothérapie interne vectorisée vise à administrer un radiopharmaceutique dont les rayonnements ionisants délivrent une dose importante à un organe cible dans un but curatif ou palliatif. Certaines thérapies nécessitent l’hospitalisation des patients pendant plusieurs jours dans des chambres spécialement aménagées du service de médecine nucléaire jusqu’à élimination par voie urinaire de la plus grande partie du radionucléide administré. La protection radiologique de ces chambres est adaptée à la nature des rayonnements émis par les radionucléides. C’est en particulier le cas du traitement de certains cancers thyroïdiens après intervention chirurgicale. Ils sont réalisés par l’administration d’environ 4 000 MBq d’iode 131. D’autres traitements peuvent être réalisés en ambulatoire. Ils consistent par exemple à traiter une hyperthyroïdie par administration d’iode 131, les douleurs des métastases osseuses d’un cancer par le strontium 89 ou le samarium 153, la polyglobulie par le phosphore 32. On peut aussi réaliser des traitements des articulations grâce à des colloïdes marqués à l’yttrium 90 ou au rhénium 186. Enfin, la radio-immunothérapie, permet de traiter certains lymphomes au moyen d’anticorps marqués à l’yttrium 90. Le traitement des hépatocarcinomes par des sphères marquées à l’yttrium 90 est aussi en cours de développement. 2I 1 I 4 Les nouveaux traceurs en médecine nucléaire Depuis quelques années, des recherches visant à la mise au point de nouveaux traceurs radioactifs se développent en France et dans le monde. Elles concernent principalement la tomographie par émission de positons (TEP) et la radiothérapie interne vectorisée. En 2009, les essais cliniques relatifs à l’utilisation de divers traceurs au fluor 18 en TEP et d’anticorps marqués par l’yttrium 90 en radiothérapie interne vectorisée se sont poursuivis. De nouveaux traceurs sont proposés en recherche utilisant notamment des émetteurs alpha. L’utilisation de nouveaux radiopharmaceutiques nécessite d’intégrer le plus en amont possible les exigences de radioprotection associées à leur utilisation. En effet, compte tenu des activités mises en jeu, des caractéristiques des radionucléides et des protocoles connus de préparation et d’administration, l’exposition des opérateurs, en particulier au niveau de leurs mains, pourrait atteindre ou dépasser les limites de doses fixées par la réglementation. L’ASN a rappelé aux opérateurs les exigences réglementaires et a engagé des actions de sensibilisation, notamment en incitant au développement de systèmes automatisés de préparation et/ou d’injection de ces radionucléides. 2I 2 Règles d’aménagement et de fonctionnement d’un service de médecine nucléaire Compte tenu des contraintes de radioprotection liées à la mise en œuvre de radionucléides en sources non scellées, les services de médecine nucléaire sont conçus et organisés pour recevoir, stocker, préparer puis administrer aux patients des sources radioactives non scellées ou les manipuler en laboratoire (cas de la radio-immunologie). Des dispositions sont également prévues pour la collecte, l’entreposage et l’élimination des déchets et effluents radioactifs produits dans l’installation, notamment pour les radionucléides contenus dans les urines des patients. Sur le plan radiologique, le personnel est soumis à un risque d’exposition externe, en particulier au niveau des doigts, du fait de la manipulation de solutions parfois très actives (cas du fluor 18, de l’iode 131 ou de l’yttrium 90), ainsi qu’à un risque d’exposition interne par incorporation accidentelle de substances radioactives. Dans ces conditions, les services de médecine nucléaire doivent répondre à des règles d’aménagement spécifiques dont les dispositions essentielles sont décrites ci-dessous. Implantation et distribution des locaux Les locaux d’une unité de médecine nucléaire sont situés à l’écart des circulations générales, clairement séparés des locaux à usage ordinaire, regroupés afin de former un ensemble d’un seul tenant permettant la délimitation aisée de zones réglementées et hiérarchisés par activités radioactives décroissantes.
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