284 1I 1 I 3 Le contrôle de paramètres physiques Le principe de fonctionnement des appareils de contrôle de paramètres physiques est l’atténuation du signal émis : la différence entre le signal émis et le signal reçu permet d’évaluer l’information recherchée. Les radioéléments les plus couramment employés sont le krypton 85, le césium 137, l’américium 241, le cobalt 60 et le prométhéum 147. Les activités des sources sont comprises entre quelques kilo becquerels (kBq) et quelques giga becquerels (GBq). Les sources sont utilisées à des fins de : – mesure d’empoussièrement de l’atmosphère : l’air est filtré en permanence sur un ruban défilant à vitesse contrôlée, interposé entre la source et le détecteur. L’intensité du rayonnement reçu par le détecteur est fonction du taux d’empoussièrement du filtre, ce qui permet de déterminer ce taux. Les sources utilisées le plus fréquemment sont du carbone 14 (activité 3,5 MBq) ou du prométhéum 147 (activité 9 MBq). Ces mesures sont réalisées pour assurer une surveillance de la qualité de l’air par le contrôle de la teneur en poussières des rejets d’usines ; – mesure de grammage de papier: un faisceau de rayonnement bêta traverse le papier et est reçu sur un détecteur situé en vis-àvis. L’atténuation du signal sur ce détecteur permet de connaître la densité du papier et donc le grammage. Les sources utilisées sont, en général, du krypton 85, du prométhéum 147 et de l’américium 241 avec des activités ne dépassant pas 3 GBq ; – mesure de niveau de liquide : un faisceau de rayonnement gamma traverse le conteneur rempli d’un liquide. Il est reçu sur un détecteur situé en vis-à-vis. L’atténuation du signal sur ce détecteur permet de connaître le niveau de remplissage du conteneur et de déclencher automatiquement certaines opérations (arrêt/poursuite du remplissage, alarme, etc.). Les radionucléides utilisés dépendent des caractéristiques du contenant et du contenu. On utilise en général, selon le cas, de l’américium 241 (activité 1,7 GBq), du césium 137 – baryum 137m (activité 37 MBq) ; – mesure de densité et de pesage : le principe est le même que pour les deux précédentes mesures. Les sources utilisées sont, en général, de l’américium 241 (activité 2 GBq), du césium 137 – baryum 137m (activité 100 MBq) ou du cobalt 60 (30 GBq); – mesure de densité et d’humidité des sols (gammadensimétrie), en particulier dans l’agriculture et les travaux publics. Ces appareils fonctionnent avec un couple de sources d’américium-béryllium et une source de césium 137 ; – diagraphie permettant d’étudier les propriétés géologiques des sous-sols par introduction d’une sonde de mesure comportant une source de cobalt 60, de césium 137, d’américium 241, ou de californium 252. 1I 1 I 4 L’activation neutronique L’activation neutronique consiste à irradier un échantillon par un flux de neutrons pour en activer les atomes. Le nombre et l’énergie des photons gamma émis par l’échantillon en réponse aux neutrons reçus sont analysés. Les informations recueillies permettent de déduire la concentration des atomes de la matière analysée. Certaines sociétés cimentières utilisent en France et à l’étranger des analyseurs neutroniques pour réaliser l’analyse en ligne des caractéristiques chimiques des matériaux entrant dans la composition du ciment. Il existe en France une trentaine de cimenteries, trois utilisent cette technologie. Cette technologie activant la matière analysée nécessite l’obtention d’une dérogation telle que prévue par l’article R.1333-4 du code de la santé publique. L’ASN a été saisie par le Gouvernement pour, d’une part, instruire une demande de dérogation visant l’utilisation d’un appareil d’analyse neutronique dans une cimenterie (avis ASN 2011-AV-0105 du 11/01/2011) et, d’autre part, donner un avis sur un projet d’arrêté accordant cette dérogation (avis ASN 2011-AV0124 du 07/07/2011). La dérogation à l’interdiction d’addition de radionucléides pour l’utilisation de l’analyse neutronique dans le cadre de la fabrication du ciment a été accordée par arrêté du 18 novembre 2011 des ministres chargés de la santé et de la construction (JO du 3 décembre 2011). Rappel : l’article R. 1333-3 du code de la santé publique “[interdit] l’utilisation, pour la fabrication des biens de consommation et des produits de construction, des matériaux et des déchets provenant d'une activité nucléaire, lorsque ceux-ci sont contaminés ou susceptibles de l'être par des radionucléides, y compris par activation, du fait de cette activité.” L’article R. 1333-4 du même code prévoit que “des dérogations [à ces interdictions] peuvent, si elles sont justifiées par les avantages qu’elles procurent au regard des risques sanitaires qu'elles peuvent présenter, être accordées par arrêté du ministre chargé de la santé et, selon le cas, du ministre chargé de la consommation ou du ministre chargé de la construction après avis de l’Autorité de sûreté nucléaire et du Haut Conseil de la santé publique.» 1I 1 I 5 Les autres applications courantes Des sources scellées peuvent être également mises en œuvre pour: – l’élimination de l’électricité statique ; – l’étalonnage d’appareils de mesure de la radioactivité (métrologie des rayonnements) ; – l’enseignement lors de travaux pratiques sur les phénomènes de radioactivité ; – la détection par capture d’électrons utilisant des sources de nickel 63 dans des chromatographes en phase gazeuse. Cette technique permet la détection et le dosage de différents éléments chimiques; – la spectrométrie de mobilité ionique utilisée dans des appareils, souvent portatifs, permettant la détection d’explosifs, de drogues ou de produits toxiques ; – la détection par fluorescence X. Cette technique trouve son utilisation, en particulier, dans la détection du plomb dans les peintures. Les appareils portatifs aujourd’hui utilisés contiennent des sources de cadmium 109 (période 464 jours) ou de cobalt 57 (période 270 jours). L’activité de ces sources peut aller de 400 MBq à 1500 MBq. Cette technique, qui utilise un nombre important de sources radioactives sur le territoire national (près de 4000 sources), découle d’un dispositif législatif de prévention du saturnisme infantile, qui impose un contrôle de la concentration en plomb dans les peintures lors de toute vente d’immeuble à usage d’habitation construit avant le 1er janvier 1949 et lors des travaux affectant substantiellement les revêtements dans des parties communes d’immeubles à usage d’habitation construits avant le 1er janvier 1949.
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