Rapport annuel de l'ASN 2010

5I 5 I 3 Synthèse La radiologie conventionnelle et la scanographie ne font pas partie des domaines prioritaires d’inspection de l’ASN, compte tenu des faibles risques d’exposition pour les travailleurs et des niveaux de doses délivrées aux patients beaucoup moins élevés en imagerie médicale en comparaison avec la radiothérapie. Cependant, la progression continue des doses moyennes pour les patients, observées en France et, d’une manière générale, au niveau international du fait de l’augmentation des actes par scanner, et une appropriation insuffisance du potentiel des nouveaux équipements en termes d’optimisation par les utilisateurs, a conduit l’ASN à renforcer ces actions dans ce domaine dès 2011. Au plan européen, l’ASN participe à l’initiative prise par HERCA en direction des constructeurs de scanner pour améliorer les outils d’optimisation sur les équipements. 5I 6 L’état de la radioprotection en radiologie interventionnelle Le contrôle de la radioprotection en radiologie interventionnelle est devenu depuis 2009 le second sujet de préoccupation de l’ASN. Saisi de cette question, le Groupe d’experts en radioprotection dans le domaine médical (GPMED) a remis son avis à l’ASN, établi sur la base du rapport du groupe de travail créé à cet effet. Ces travaux seront publiés début 2011, accompagnés de la position de l’ASN en cours de préparation ainsi que du bilan des inspections menées en 2009. 5I 6 I 1 La radioprotection du personnel de radiologie interventionnelle Le bilan des inspections réalisées en 2009 (publié en 2011) est issu des résultats de plus d’une centaine d’inspections portant sur environ 250 services pratiquant des procédures interventionnelles radioguidées. Il montre que la prise en compte de la radioprotection des travailleurs, notamment en matière d’exposition professionnelle, est meilleure dans les installations fixes de radiologie que dans les blocs opératoires où sont utilisés des appareils mobiles. Globalement, les inspections révèlent l’application incomplète de l’optimisation des doses par manque de formation et/ou de matériels adaptés, le port des équipements de protection individuelle et des dosimètres aléatoires, l’absence de surveillance médicale des praticiens, l’absence de suivi par dosimétrie « extrémités » et une connaissance imparfaite des obligations de déclaration à l’ASN des événements significatifs de radioprotection. Ce bilan met également en évidence des difficultés méthodologiques et organisationnelles des PCR dans l’accomplissement de leurs missions. 5I 6 I 2 La radioprotection des patients en radiologie conventionnelle Comme pour la radioprotection des travailleurs, la situation en matière de radioprotection des patients apparaît meilleure dans les installations fixes que dans les blocs opératoires, notamment en ce qui concerne l’adaptation de l’appareil de radiologie aux gestes médicaux pratiqués. Globalement, les inspections révèlent l’application incomplète de l’optimisation des doses par manque de formation et/ou de matériels adaptés, le manque de PSRPM pour la mise en place de l’optimisation des doses, l’absence de protocoles radiologiques pour la majorité des actes réalisés au bloc opératoire et une connaissance imparfaite des doses émises au cours des procédures. 5I 6 I 3 Synthèse Les travaux d’expertise réalisés par le GPMED en 2010 et le bilan des inspections réalisées en 2009 montrent qu’il existe une marge de progression importante pour améliorer la radioprotection des travailleurs et des patients dans le domaine de la radiologie interventionnelle, et notamment aux blocs opératoires où sont pratiqués de nombreux actes interventionnels radioguidés. La question des ressources humaines et des compétences associées, et notamment pour la réalisation des missions confiées aux PCR et aux PSRPM, est déterminante pour la mise en œuvre effective des procédures d’optimisation, d’autant que les nouveaux équipements disposent d’un potentiel important en termes de réduction des doses sans compromettre la précision du geste médical. La sensibilisation et la formation des utilisateurs constituent également un axe de progrès de première importance. Dosimètre du personnel médical du service de médecine nucléaire du Centre cardiologique du Nord de Saint-Denis 266

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