Rapport annuel de l'ASN 2010

CHAPITRE LES UTILISATIONS NON MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS 10 3I 2 Les principaux incidents survenus en 2010 L’ASN contrôle également le traitement des incidents qui lui sont déclarés. Ceux-ci concernent notamment des pertes ou des vols de sources radioactives ou d’appareils portatifs en contenant (détection de plomb…), une utilisation inappropriée ou la destruction accidentelle totale ou partielle d’une source de radionucléides mais également des irradiations accidentelles de personnes. En 2010, 75 événements de radioprotection ont été déclarés à l’ASN dans le domaine non médical et non INB. Certains sont récurrents. Un incident a été classé au niveau 2 de l’échelle INES (voir encadré sur l’incident de Feursmétal). Pour les autres, 23 ont été classés au niveau 1 (anomalie) et 51 au niveau 0 (écart). Les catégories principales d’événements sont, d’une part, les expositions de personnes et, d’autre part, les découvertes, pertes ou vols de sources. Les pertes concernent le plus souvent des sources d’étalonnage, notamment celles utilisées pour le calibrage ou le contrôle d’appareils de mesures. Les vols concernent principalement les appareils de détection du plomb dans les peintures qui sont contenus dans des attachés-cases ou dans des coffres-forts. Ces derniers sont parfois retrouvés peu de temps après le vol. Les découvertes correspondent à des objets hétéroclites majoritairement découverts grâce aux portiques de détection en sortie d’INB ou de sites de déchetteries ou de ferrailleurs. Ces sources peuvent provenir de particuliers, avoir été retrouvées dans des établissements qui en avaient oublié l’existence ou avoir été déposées sur la voie publique par exemple devant un commissariat. Les événements concernant les métaux contaminés sont également classés parmi les découvertes de sources (voir encadré). Les expositions de personnes sont principalement dues à des irradiations. Cette année encore, la pratique de la gammagraphie industrielle est à incriminer dans la plupart des cas. Un type d’événement générique est l’irradiation involontaire de personnes par scanner lors de contrôles des autorités à des fins de détection de matières illicites dans des conteneurs ou camions. 3I 3 La dosimétrie dans le secteur non médical Selon les données les plus récentes centralisées par l’IRSN relatives au bilan des expositions professionnelles externes de 2009, plus de 83000 personnes ne relevant pas des INB et du secteur médical font l’objet d’une surveillance de l’exposition. Parmi ces travailleurs, 92% ont reçu sur un an une dose efficace inférieure à 1mSv, 6,4% ont reçu une dose efficace comprise entre 1 et 6mSv, 1,5% comprise entre 6 et 20mSv et 0,01% une dose supérieure à 20 mSv. Cette répartition est issue de la nouvelle nomenclature des secteurs d’activité mise en place par l’IRSN cette année. La dose moyenne reçue par ces travailleurs est de 360 µSv. Importations de matériels contaminés au cobalt 60 – Détection de la radioactivité Comme les années précédentes, des cas de contamination ont été détectés lors l’importation de pièces industrielles contaminées par du cobalt 60 radioactif. Plusieurs événements de ce type ont continué à être déclarés à travers le monde. En particulier: - un accident survenu en avril 2010 dans un chantier de recyclage de métal indien et classé au niveau 4 de l’échelle internationale INES des événements radiologiques; - plus récemment, en Italie, en juillet 2010, dans le port de Gênes Voltri, la découverte d’un conteneur présentant un débit de dose de plus de 600 mSv/h au contact et provenant d’Arabie Saoudite. Si l’ASN a constaté une amélioration dans la gestion de ce type d’incident par les entreprises, elle note aussi la multiplication de ce type d’incident. Ces derniers événements démontrent que, lorsque les substances radioactives ne sont pas étiquetées comme telles, elles peuvent être acheminées en France ou dans d’autres pays sans contrôles spécifiques systématiques aux frontières. En effet, il n’existe pas à ce jour de contrôles spécifiques dédiés à la recherche de substances radioactives prévus par la réglementation française dans les flux de marchandises aux frontières françaises. Dans ce contexte, l’ASN a appelé à plusieurs reprises l’attention des ministères concernés sur l’augmentation préoccupante du nombre de certains événements dont les conséquences sanitaires et économiques peuvent être importantes et proposé d’organiser une réflexion nationale sur la mise en œuvre de dispositifs de détection de la radioactivité sur le territoire aux endroits stratégiques (ports, centres routiers, aéroports). À NOTER EN 2010 285

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