La radiographie industrielle Dans ce secteur à fort enjeu en termes de radioprotection et où une mauvaise utilisation des appareils est susceptible de conduire très rapidement à des conséquences sanitaires et économiques importantes, notamment dans le cas de la gammagraphie, les actions de contrôle sont jugées prioritaires par l’ASN. L’ASN juge la situation contrastée suivant les entreprises dans la prise en compte du risque d’exposition aux rayonnements ionisants des travailleurs et estime que des améliorations peuvent encore être apportées. Si la réglementation est globalement respectée en matière de formation des intervenants et de contrôle externe périodique des sources et appareils, des progrès doivent encore être réalisés dans les préparations des interventions notamment sur chantier (évaluations prévisionnelles de dose, mise en place du balisage relatif au zonage…) et dans la coordination entre donneurs d’ordre et prestataires pour renforcer la préparation des interventions et permettre la mise en œuvre de mesures de prévention efficaces. Des démarches régionales visant à établir des chartes de bonnes pratiques en radiographie industrielle sont mises en œuvre, entre autres en ProvenceAlpes-Côte d’Azur, Haute-Normandie, Rhône-Alpes et plus récemment Nord-Pas-de-Calais et Bretagne/Pays-de-Loire. Ces démarches, qu’elles soient nouvelles ou anciennes, doivent être poursuivies afin de permettre des échanges réguliers entre les différents acteurs. Plus largement, dans le domaine de la justification et de l’optimisation, seule une réelle implication des entreprises donneuses d’ordre permettra de poursuivre les réflexions engagées par les professionnels du contrôle non destructif et de mettre en œuvre les guides élaborés. Parmi ceux-ci, le projet associatif ALTER’X, débuté en 2006, piloté par l’Institut de soudure et regroupant EDF, GRTgaz, TECHNIP et TOTAL a publié fin 2009 un guide permettant d’apporter des éléments de réponse aux industriels souhaitant trouver une alternative au seul contrôle par gammagraphie à l’iridium 192 des soudures de fabrication des tuyauteries. Ce guide, élaboré dans la perspective d’une diminution de la dosimétrie des opérateurs et de l’exposition du public, regroupe à la fois des considérations d’optimisation (sélénium 75, rayons X) et de justification (techniques de substitution sans rayonnements). Plus récemment, le COFREND et diverses parties prenantes ont entrepris des travaux sur la justification de la gammagraphie et finalisé une étude ayant pour but d’expliciter le principe de justification de la gammagraphie dans le domaine du contrôle non destructif. Ce document, qui comprendra des outils fonctionnels tels qu’un logigramme d’identification des conditions de remplacement de la gammagraphie ou des grilles de description du contrôle et de ses objectifs, a pour but de promouvoir l’utilisation de méthodes de substitution. La recherche Le contrôle des établissements et laboratoires utilisant des sources dans le domaine de la recherche réalisé par l’ASN depuis 2002 fait apparaître une nette amélioration de la radioprotection dans ce secteur. Les actions engagées depuis quelques années ont produit des résultats appréciables, notamment au niveau de l’implication de la Personne compétente en radioprotection (PCR), des formations des travailleurs exposés et des contrôles techniques de radioprotection. L’ASN note une prise de conscience globale des enjeux de radioprotection. Néanmoins, le manque d’implication de certains acteurs et l’héritage d’un passif lourd pour la mise en conformité des installations avec la radioprotection et l’élimination de très anciennes sources radioactives « oubliées » restent des obstacles parfois importants. Vétérinaires La profession vétérinaire utilise des générateurs de rayons X à des fins de radiodiagnostic dans le cadre usuel de radiographies. 85% des 6500 structures sont équipées d’au moins un appareil. Ces installations comprennent également une quinzaine de scanners, trois centres de scintigraphie et un centre de curiethérapie. La profession compte environ 15500 praticiens et 14000 employés non vétérinaires. Les activités de radiodiagnostic vétérinaire portent essentiellement sur les animaux de compagnie. Les inspections réalisées en 2010 ont montré que la situation administrative des structures vétérinaires n’était pas encore satisfaisante (absence d’autorisation ou de déclaration). Les contrôles techniques de radioprotection, les études de poste et 4 APPRÉCIATION SUR LA RADIOPROTECTION DANS LE DOMAINE NON MÉDICAL 286 Scanner rayons X agroalimentaire
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