2⎮ 3 S’assurer de la prise en compte des phénomènes de vieillissement des centrales nucléaires Comme toutes les installations industrielles, les centrales nucléaires sont sujettes au vieillissement. L’ASN s’assure qu’EDF prend en compte, en cohérence avec sa stratégie générale d’exploitation et de maintenance, les phénomènes liés au vieillissement afin de maintenir un niveau de sûreté satisfaisant pendant toute la durée d’exploitation des installations. 2I 3 I 1 L’âge du parc électronucléaire français Les centrales nucléaires actuellement en exploitation en France ont été construites sur une période de temps assez courte: quarante-cinq réacteurs représentant 50000 MWe, soit les trois quarts du parc, ont été mis en service entre 1979 et 1990 et treize réacteurs, représentant 10000 MWe supplémentaires, entre 1990 et 2000. En décembre 2010, la moyenne d’âge des réacteurs, calculée à partir des dates de première divergence des réacteurs, se répartit comme suit: – 29 ans pour les trente-quatre réacteurs de 900 MWe; – 23 ans pour les vingt réacteurs de 1300 MWe; – 13 ans pour les quatre réacteurs de 1450 MWe. 2I 3 I 2 Les principaux facteurs de vieillissement Pour appréhender le vieillissement d’une centrale nucléaire, audelà du simple délai écoulé depuis sa mise en service, un certain nombre de facteurs doivent être mis en perspective. La durée de vie des matériels non remplaçables La conception de certains éléments des réacteurs a été établie sur la base d’une durée d’exploitation prédéfinie en raison des coûts de remplacement et plus encore de la radioprotection des travailleurs qui seraient amenés à intervenir. Ces matériels font l’objet d’une surveillance étroite permettant de s’assurer que leur vitesse de vieillissement est bien conforme à celle anticipée. C’est notamment le cas de la cuve, dimensionnée pour résister pendant au moins 40 ans (soit l’équivalent de 32 ans de fonctionnement continu à pleine puissance). Le principal mode de vieillissement de la cuve est l’irradiation, qui modifie les propriétés mécaniques de l’acier dont elle est constituée. L’exploitant doit donc mettre en place des mesures visant à prévoir l’évolution des propriétés de la cuve et à démontrer que, malgré ces évolutions, l’équipement est à même de résister à l’ensemble des situations de fonctionnement normal ou dégradé qu’il pourrait rencontrer, en prenant en compte les marges de sécurité fixées par la réglementation. La cuve fait ainsi l’objet d’une surveillance par « échantillons témoins » de métal prélevés et expertisés à intervalles réguliers (voir point 3⏐4⏐3). Les dégradations des matériels remplaçables Le vieillissement des matériels résulte de phénomènes tels que l’usure des pièces mécaniques, le durcissement et la fissuration des polymères, la corrosion des métaux… Les matériels doivent faire l’objet d’une attention particulière lors de leur conception et de leur fabrication (en particulier le choix des matériaux), d’un programme de surveillance et de maintenance préventive et de réparations ou de remplacement en cas de 320 Graphique 1: distribution par âge des réacteurs en exploitation dans le monde en 2009 (Source AIEA, mars 2009 et CEA, Elecnuc édition 2008)
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