Rapport annuel de l'ASN 2010

336 nucléaires. À ce titre, elle a pris position sur ces propositions en 2010. Par ailleurs, l’ASN participe également à un groupe de travail constitué par la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) et réunissant l’IRSN et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). L’objectif de ce groupe de travail est de réaliser une comparaison des aléas pris en compte et du dimensionnement des constructions entre les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) et les INB. 3I 7 I 2 Élaborer les règles de prévention des inondations À la suite de l’inondation du site du Blayais en décembre 1999, EDF avait engagé une démarche de réévaluation du risque d’inondation externe et de protection de ses centrales nucléaires contre ce risque. Cette réévaluation porte principalement sur la révision de la cote majorée de sécurité (CMS: niveau d’eau maximal pris en compte pour dimensionner les ouvrages de protection de la centrale). La CMS révisée prend en compte des causes d’inondation supplémentaires, comme les pluies de forte intensité, la rupture de capacités de stockage d’eau et la remontée de la nappe phréatique. La conduite à appliquer aux réacteurs en cas de montée des eaux est également réévaluée. Un dossier a été établi pour chaque site et les travaux d’amélioration de la protection des sites ont été déterminés. EDF a achevé en octobre 2007 les travaux rendus nécessaires par la réévaluation du risque d’inondation pour ce qui concerne les risques d’entrée d’eau. Dans le but de statuer sur la démarche globale de prise en compte du risque d’inondation externe pour les réacteurs d’EDF, mais aussi pour les autres installations nucléaires, l’ASN a demandé l’avis du GPR et du GPU. L’ASN a suivi les recommandations du GPR et GPU et a formulé six demandes particulières concernant les risques de rupture de barrage, de circuit ou d’équipement, les risques de crue, les protections contre les pluies et la protection du site du Tricastin. À cette occasion, une difficulté a été soulevée: la sûreté de certaines installations visà-vis de l’inondation externe dépend largement du comportement d’ouvrages extérieurs qui n’appartiennent pas à EDF, notamment pour les centrales nucléaires de Cruas-Meysse et du Tricastin. L’évaluation de la robustesse, de la surveillance et de l’entretien de ces ouvrages nécessite de lancer des actions selon un processus de décision entre les concessionnaires des ouvrages, les autorités publiques et EDF. Dans ce contexte, l’ASN a rappelé à EDF ses responsabilités d’exploitant et lui a demandé de poursuivre les échanges entrepris avec les concessionnaires des ouvrages considérés et de la tenir informée de l’avancement de son action. L’ASN considère que l’avancement des études et des travaux est conforme aux attentes. Pour le cas particulier de la centrale nucléaire du Tricastin, EDF a réalisé des compléments d’étude relatifs au risque de rupture de barrage, sur lesquels l’ASN a sollicité l’avis de l’IRSN. Parallèlement, un groupe de travail rassemblant des experts de l’IRSN, des représentants des exploitants et de l’ASN, a lancé la révision de la RFS I.2.e relative à la prise en compte du risque d’inondation. Le nouveau guide relatif à la protection des INB contre le risque d’inondation portera sur le choix des aléas susceptibles de conduire à une inondation du site et sur les méthodes de caractérisation de l’ensemble de ces aléas. Ce projet de guide élaboré par le groupe de travail a fait l’objet d’une consultation en 2010. Le GPR et le GPU se réuniront en 2011. L’ASN devrait diffuser ce nouveau guide en 2012. En outre, l’ASN participe à la mise à jour du guide de l’AIEA concernant le risque d’inondation externe pour les sites nucléaires. L’objectif est multiple: – inclure le retour d’expérience; – inclure les études sur les changements climatiques; – avoir un seul guide remplaçant les différents guides AIEA sur le sujet; – prendre en compte de nouveaux phénomènes; – prendre en compte l’ensemble des installations nucléaires. L’année 2010 a également été marquée par le déclenchement d’un plan d’urgence inondations (PUI) par la centrale nucléaire du Blayais en prévision de vents violents le 28 janvier. Le centre de crise de l’ASN a été activé pour cet événement. Le PUI a été levé quelques heures plus tard sur la base d’évolutions Vue aérienne d’ensemble de la centrale nucléaire du Blayais, sur l’estuaire de la Gironde

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