Rapport annuel de l'ASN 2010

337 CHAPITRE LES CENTRALES ÉLECTRONUCLÉAIRES 12 favorables d’une part du niveau d’eau dans la Gironde et d’autre part des vitesses de vent. Le site du Blayais n’a pas été inondé. 3I 7 I 3 Prévenir les risques liés à la canicule et à la sécheresse La canicule observée durant l’été 2003 a eu des conséquences notables sur l’environnement des centrales nucléaires: certains cours d’eau ont connu une réduction de leur débit et un échauffement significatif. Or, cette eau constitue la source froide de certaines centrales nucléaires. Par ailleurs, la canicule a également entraîné des températures élevées dans l’air, provoquant une augmentation de température des locaux des centrales nucléaires. Au cours de cet épisode de canicule et de sécheresse, certaines limites physiques jusqu’alors retenues pour le dimensionnement des centrales nucléaires ou imposées par leurs RGE ont été atteintes. EDF a donc proposé un référentiel « grands chauds » qui examine et réévalue le fonctionnement des installations dans des conditions plus sévères que celles retenues à la conception, en prenant des hypothèses de température d’eau et d’air plus élevées. EDF a proposé une déclinaison de ce référentiel pour les réacteurs de 900 MWe, une autre pour les réacteurs de 1450 MWe. Le référentiel des réacteurs de 1300 MWe sera transmis en vue du réexamen de sûreté associé aux troisièmes visites décennales de ces réacteurs. L’ASN a pris position en 2009 sur les référentiels pour les réacteurs de 900 MWe et de 1450 MWe. En parallèle, EDF a mis en place certaines modifications qui améliorent la capacité de refroidissement ou qui renforcent la tenue des matériels sensibles aux températures élevées. En même temps, EDF a engagé en interne une veille climatique relative à la canicule afin d’anticiper les évolutions du climat qui pourraient remettre en cause les hypothèses retenues dans les référentiels « grands chauds ». Dans le réexamen de sûreté associé aux troisièmes visites décennales des réacteurs de 1300 MWe, l’ASN se prononcera sur le caractère suffisant de l’organisation mise en place par EDF pour observer les tendances climatiques et s’assurer de la validité des hypothèses retenues dans ses référentiels. L’ASN participe au processus national de veille relatif à la canicule. Sur cette question, l’ASN a mis en place un processus de décision en cas de canicule. 3I 7 I 4 Prendre en compte le risque d’incendie La prise en compte du risque d’incendie dans les centrales nucléaires d’EDF repose sur le principe de défense en profondeur, fondé sur les trois niveaux que sont la conception des installations, la prévention et l’action de lutte contre l’incendie. Les règles de conception des installations doivent empêcher l’extension d’un incendie éventuel et en limiter les conséquences; elles reposent principalement sur: – le principe de découpage de l’installation en secteurs conçus pour circonscrire le feu dans un périmètre donné, chaque secteur étant délimité par des éléments de sectorisation (portes, murs coupe-feu, clapets coupe-feu…) qui présentent une durée de résistance au feu spécifiée à la conception; – la protection des matériels qui participent de façon redondante à une fonction fondamentale de sûreté. La prévention consiste principalement à: – veiller à ce que la nature et la quantité de matières combustibles dans les locaux - que ce soient les matières présentes en permanence ou de façon provisoire - restent en deçà des hypothèses retenues pour la conception des éléments de sectorisation ; – identifier et analyser les risques d’incendie. En particulier, pour tous les travaux susceptibles d’initier un incendie, un permis de feu doit être établi et des dispositions de protection doivent être mises en œuvre. La lutte contre un incendie doit permettre l’attaque d’un feu et sa maîtrise en vue de son extinction dans des délais compatibles avec la durée de résistance au feu des éléments de sectorisation. 3I 7 I 5 Contrôler la prise en compte du risque d’explosion Parmi les accidents susceptibles de se produire dans une installation nucléaire, l’explosion représente un risque important. En effet, l’explosion peut endommager des éléments essentiels au maintien de la sûreté ou conduire à une rupture du confinement et à la dispersion de matières radioactives dans l’installation, voire dans l’environnement. Des dispositions doivent donc être mises en œuvre par les exploitants pour protéger les parties sensibles de l’INB contre l’explosion. En 2005, l’ASN a demandé à EDF de mieux prendre en compte le risque d’explosion d’origine interne. L’ASN a par la suite demandé à EDF de réexaminer les dispositifs de protection associés pour les réacteurs de 900 MWe, ainsi que pour les réacteurs de 1300 MWe et de 1450 MWe. L’ASN s’intéresse également aux mesures de prévention et de surveillance mises en œuvre par rapport au risque d’explosion. Elle veille ainsi à ce que: – EDF prenne en compte dans son référentiel ce risque pour tous les gaz (et pas seulement pour l’hydrogène), pour tous les bâtiments des sites (et pas seulement ceux qui abritent le réacteur) et pour les phases d’exploitation et de maintenance; – la déclinaison de ce référentiel soit effective au plus tôt sur tous les sites. Enfin, l’ASN s’assure du respect de la réglementation « atmosphères explosives » (ATEX), et a ainsi demandé à EDF de mettre en place une organisation lui permettant d’identifier les Prise en compte du risque incendie ou explosion

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