343 CHAPITRE LES CENTRALES ÉLECTRONUCLÉAIRES 12 – le génie civil dont les activités relatives à la mise en place de la peau métallique de revêtement de l’enceinte interne du bâtiment réacteur; – les activités de montage mécanique; – les activités de montage des systèmes électriques; – les contrôles non destructifs et la radioprotection; – l’organisation et le management de la sûreté au sein du chantier; – l’impact du chantier sur la sûreté des réacteurs de Flamanville 1 et 2; – l’impact environnemental du chantier de construction. De manière plus précise, l’ASN a porté en 2010 une attention particulière sur les sujets suivants: – mise en place du système de précontrainte de l’enceinte interne du bâtiment réacteur. À la demande de l’ASN, EDF a apporté les justificatifs démontrant l’absence d’impact sur la sûreté du réacteur d’un non-respect du positionnement de gaines de précontrainte survenu fin 2009. En juin 2010, EDF a informé l’ASN de la présence, dans le béton coulé, d’une gaine de précontrainte présentant une déformation, qui rend impossible le passage des câbles de précontrainte tels que conçus: une réparation est nécessaire; – mise en place de la peau métallique (liner) de l’enceinte interne du bâtiment réacteur. Depuis la fin de l’année 2008, l’ASN suit avec vigilance la qualité de réalisation de cette partie d’ouvrage. Ainsi, au début de l’année 2009, l’ASN avait demandé à EDF de mettre en place un plan d’actions afin d’améliorer la qualité de réalisation de ces soudures et, dans l’attente, de mettre en place un contrôle radiographique à 100% des soudures. L’année 2010 a vu à deux reprises la qualité des soudures se dégrader temporairement, le temps qu’EDF mette en place des mesures correctives et préventives. L’ASN a procédé à une inspection en juillet 2010 sur ce thème et a demandé à EDF de renforcer la prise en compte des enseignements tirés des anomalies détectées en 2009 pour l’ensemble des activités de soudage du chantier; – méthode de traitement des reprises de bétonnage pour respecter le référentiel de la construction des ouvrages de génie civil. L’ASN a constaté, au cours de plusieurs inspections en 2009, que des reprises de bétonnage étaient d’une qualité insatisfaisante et que les méthodes de traitement utilisées pour effectuer ces reprises de bétonnage n’étaient pas celles prévues par le référentiel applicable pour la construction. L’ASN a demandé à EDF de justifier l’utilisation de méthodes différentes de celles inscrites dans ce référentiel. EDF a alors réalisé des essais afin de justifier le comportement des reprises de bétonnage réalisées selon ces méthodes alternatives. Les résultats ont été présentés fin 2010 à l’ASN et à l’IRSN; l’ASN prendra position courant 2011 sur ces éléments; – événement significatif pour la sûreté du réacteur de Flamanville 2 en lien avec les activités de construction de Flamanville 3. En juin 2010, un ouvrier travaillant sur le chantier de construction de Flamanville 3 a procédé au percement partiel d’un bloc en béton contenant l’un des câbles électriques 400 kV alimentant le réacteur de Flamanville 2: la surveillance opérée par EDF a joué son rôle dans la mesure où le percement a été stoppé avant de porter atteinte au câble. Cet événement rappelle l’importance de la maîtrise des risques engendrés par le chantier de Flamanville 3 sur les réacteurs en exploitation. L’ASN réalise périodiquement des inspections sur le chantier de Flamanville 3 et la centrale nucléaire de Flamanville en exploitation pour vérifier que les dispositions mises en place par EDF concernant ces risques respectent les prescriptions de l’ASN. L’inspection du travail sur le chantier de la construction du réacteur Flamanville 3 L’inspection du travail est assurée par l’ASN depuis la signature du DAC. Les actions menées en 2010 ont consisté en: – la participation à des réunions du collège interentreprises de sécurité, de santé et des conditions de travail (CIESSCT) et du comité de lutte contre le travail illégal (COLTI); – la réalisation de contrôles de sécurité sur le chantier; – la réalisation d’enquêtes sur les accidents survenus sur le chantier; – la réponse à des sollicitations directes de la part de salariés; – la réponse à des demandes concernant les plans de coordination de la prévention des risques sur les chantiers nécessitant de nombreux intervenants. En 2010, les inspecteurs du travail de l’ASN ont en particulier contrôlé le respect des dispositions du code du travail, par les entreprises intervenant sur le chantier, relatives aux déclarations À NOTER EN 2010 Inspection conjointe de l’ASN et de l’Autorité finlandaise STUK d’AREVA NP L’ASN a mené, les 29 et 30 mars 2010, avec l’Autorité finlandaise STUK, une inspection conjointe du fabricant AREVA NP chez l’un de ses fournisseurs, la société FIVES NORDON à Nancy. La lettre de suite de cette inspection est publiée sur le site Internet de l’ASN. Cette inspection avait pour objet d’examiner les actions mises en place à la suite d’écarts non documentés détectés lors de la fabrication de tuyauteries primaires destinées au réacteur EPR de Olkiluoto 3 (EPR OL3). Les inspecteurs ont formulé à AREVA NP des demandes d’actions correctives relatives à la qualité de l’analyse des risques de ce fournisseur, à la mise en œuvre d’un système d’inspection interne, à la formalisation des gestes concourant à la qualité et à la déclinaison opérationnelle des exigences relatives au système qualité et au référentiel de fabrication. Une réponse adéquate à ces demandes ayant été apportée par AREVA NP, l’ASN a autorisé la reprise des fabrications d’équipements destinés au réacteur EPR Flamanville 3 chez ce fournisseur, sous condition de la mise en œuvre temporaire d’une surveillance renforcée par AREVA NP et EDF. L’ASN a en outre demandé à AREVA NP et EDF de tirer toutes les leçons des défaillances constatées et d’accroître l’efficacité de leurs systèmes de surveillance des fournisseurs en prenant des mesures permettant de détecter les signes avant coureurs d’une baisse de la qualité des productions.
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