Rapport annuel de l'ASN 2010

349 CHAPITRE LES CENTRALES ÉLECTRONUCLÉAIRES 12 Réacteurs en exploitation 6⎮ 1 Évaluer les services centraux et les performances globales des centrales L’appréciation générale qui suit résume de manière thématique l’évaluation par l’ASN des services centraux et des performances des centrales nucléaires du parc d’EDF en matière de sûreté, de radioprotection et d’environnement. Cette évaluation est elle-même construite sur les résultats des contrôles réalisés par l’ASN en 2010, en particulier à travers les inspections, le suivi des arrêts de réacteur et l’analyse du traitement des événements significatifs par EDF, ainsi que sur la connaissance par les inspecteurs des sites qu’ils contrôlent. En 2010, l’ASN a réalisé 491 inspections dans les centrales nucléaires en exploitation et dans les services centraux d’EDF. L’appréciation générale représente le point de vue de l’ASN sur l’année 2010 et contribue à orienter les actions de contrôle de l’ASN en 2011. 6I 1 I 1 Évaluer la sûreté nucléaire L’exploitation des réacteurs Les documents nécessaires à l’exploitation sont, dans leur ensemble, correctement gérés, couvrent les différentes phases d’exploitation et représentent bien l’état réel de l’installation. Les écarts de déclinaison des règles d’essais périodiques sont moins nombreux que les années précédentes. La gestion des formations et habilitations du personnel d’exploitation est satisfaisante. L’amélioration de la rigueur de l’exploitation reste une priorité forte pour les sites et les services centraux. L’ASN estime que les efforts faits sur ce sujet depuis quelques années doivent être poursuivis. Des efforts ont été faits en 2010 sur l’identification, la gestion et la résorption des dispositifs et moyens particuliers et des modifications temporaires présents depuis plusieurs années sur les réacteurs. Ces efforts doivent être poursuivis. En revanche, cette année encore, la préparation des interventions d’exploitation reste un point faible. Même si l’ASN note les effets bénéfiques de la mise en œuvre des pratiques de fiabilisation, elles restent encore insuffisamment utilisées, et l’encadrement des équipes de conduite ne dispose pas du temps nécessaire pour assurer correctement ses missions, notamment lors des arrêts de réacteur. De même, la surveillance de la salle de commande doit être améliorée afin de pouvoir détecter dans les plus brefs délais tout dysfonctionnement. Les interfaces entre l’exploitation et les métiers de maintenance ou d’essai sont souvent à l’origine d’écarts, à la suite d’un défaut de communication ou d’une mauvaise compréhension. Des actions d’amélioration doivent être identifiées et mises en œuvre sur ce sujet. Même si l’ASN a noté quelques progrès dans la gestion des consignations de matériel, de nombreux écarts ont encore été observés en 2010 dans ce domaine, ainsi qu’en matière de lignage de circuit. La rigueur et le contrôle apportés à ces opérations ne sont pas suffisants. Enfin, l’application rigoureuse des référentiels d’exploitation et la gestion des consignes temporaires d’exploitation doivent encore être améliorées. Les situations d’urgence L’ASN considère qu’EDF traite de manière très satisfaisante la gestion des situations d’urgence. Les relations entre l’ASN et le niveau national d’EDF ont été renforcées ces dernières années notamment par des réunions sur le nouveau référentiel relatif aux plans d’urgence interne (PUI) d’EDF. Toutefois, l’ASN doit être mieux informée des documents, comme le référentiel des moyens de télécommunication de crise (RMTC), mis en place sur les sites par les services centraux d’EDF. Au cours de l’année 2010, EDF a envoyé le nouveau référentiel PUI aux sites afin de recueillir leurs commentaires. Ces commentaires ont été pris en compte par le niveau national d’EDF. L’ASN a également fait parvenir aux services centraux d’EDF ses remarques qui sont en cours d’intégration par EDF. L’organisation de crise en cas de relâchement d’ammoniac, mise en place sur les sites disposant d’une installation de traitement à la monochloramine, n’est toujours pas jugée satisfaisante par l’ASN et n’est pas opérationnelle pour la plupart des sites concernés. Ce risque devrait être intégré dans les PUI « Toxique » prévus par le nouveau référentiel. Au travers des inspections de l’année 2010, l’ASN a noté des progrès dans le domaine de la lutte contre l’incendie qui reste toutefois encore perfectible, en particulier en ce qui concerne l’accomplissement des missions et des actions des équipes d’intervention. Les sites se sont appliqués à mettre en œuvre une organisation conforme aux exigences de l’arrêté du 31 décembre 1999, relatives à l’organisation mise en place en matière de lutte contre l’incendie. Des efforts restent à poursuivre vis-à-vis de la gestion de la sectorisation et de la prévention, notamment pour ce qui concerne les permis de feu et les charges calorifiques. Les activités de maintenance En matière de maintenance, l’ASN constate qu’EDF n’a, par le passé, pas suffisamment anticipé certaines problématiques ni le retour d’expérience internationale, ce qui la conduit aujourd’hui à devoir réaliser des opérations de maintenance correctives délicates et de grande ampleur notamment sur les générateurs de vapeur afin d’en assurer la sûreté. Le manque d’anticipation des programmes de maintenance et de remplacement des matériels, notamment sur les générateurs de vapeur, 6 LES APPRÉCIATIONS

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