s’est également traduit au cours des dernières années par des programmes de contrôle et d’expertise très importants. L’ASN note cependant qu’EDF intègre désormais les enseignements de ces constats en prévoyant par exemple dès à présent un programme de remplacement de ces équipements sur les réacteurs de 1300MWe. En ce qui concerne la mise en œuvre de la politique de maintenance sur les sites, l’ASN considère qu’EDF doit veiller à disposer des moyens humains et matériels suffisants. En ce qui concerne la mise en œuvre des méthodes de maintenance par les sites, l’ASN considère que la situation d’EDF est perfectible, et des constats récurrents demeurent: – le référentiel de maintenance est en évolution permanente sous diverses formes. Cette complexité renforce les retards persistants d’intégration constatés sur l’ensemble du parc et tend à disperser les exigences; – la qualité des analyses de risques dans la préparation des interventions de maintenance reste non satisfaisante. Elle doit être significativement améliorée par la quasi totalité des sites. La gestion des pièces de rechange doit également être améliorée; – enfin, la qualité de réalisation des interventions de maintenance passe également par une meilleure appréhension du facteur humain lors de la préparation de ces interventions. La gestion de la sous-traitance La plupart des activités de maintenance sur les sites sont confiées à des entreprises prestataires, sélectionnées sur la base d’un système de qualification et d’évaluation mis en place par EDF. L’ASN estime qu’EDF ne progresse plus dans le domaine de la surveillance des entreprises prestataires depuis 2009. En particulier, l’ASN ne constate pas d’amélioration de la surveillance sur le terrain des activités réalisées par des entreprises prestataires et considère que celle-ci doit être rapidement améliorée et renforcée. L’ASN remarque que la surveillance de la sous-traitance en cascade est inexistante ou pas assez approfondie. Dans ce sens, EDF doit vérifier l’adéquation des ressources allouées à la surveillance, en quantité et en qualité, au regard des activités sous-traitées et compte tenu des enjeux de ces activités pour la sûreté, la radioprotection et la protection de l’environnement. Par ailleurs, l’ASN constate comme les années précédentes que les ressources matérielles mises à dispositions des prestataires sont fréquemment insuffisantes ou inadaptées, ce qui a pu dans certains cas conduire à des conditions de travail dégradées en matière de sécurité et de radioprotection. L’ASN estime nécessaire de demander à EDF d’évaluer sa politique industrielle en matière de maintenance et de recours aux entreprises prestataires pour la réaliser. L’état des matériels Les programmes de maintenance et de remplacement des matériels, la démarche de réexamen de sûreté ainsi que la correction des anomalies de conformité identifiées contribuent à maintenir les matériels des centrales nucléaires dans un état globalement satisfaisant. Cependant, l’ASN estime qu’EDF doit traiter la problématique d’obsolescence qui se pose sur certains matériels. De plus, EDF doit renforcer sa gestion du maintien de qualification aux conditions accidentelles des matériels, que ce soit lors des opérations de maintenance préventive ou lors des remplacements de matériel. Les équipements sous pression L’ASN estime qu’EDF a progressé dans la gestion des équipements sous pression. Tous les services d’inspection du parc sont aujourd’hui reconnus. L’ASN note que de plus en plus de sites sont dans une situation jugée satisfaisante ou en progrès. L’ASN constate également que les services d’inspection reconnus (SIR) ont acquis une certaine maturité. L’ASN considère qu’EDF doit poursuivre ses efforts pour créer ces services afin qu’ils remplissent au mieux leur mission sur la base de plans d’inspections exhaustifs. La première barrière L’ASN considère qu’en 2010, la situation dans le domaine de la première barrière est globalement satisfaisante mais reste perfectible sur une minorité de points, notamment en ce qui concerne la prévention de sa dégradation en exploitation. Les actions de long terme engagées par EDF ne permettent pas encore de retrouver un niveau optimal de l’état de la première barrière et l’ASN constate encore en 2010 des défauts d’étanchéité d’assemblages de combustible, des détériorations de grilles d’assemblages et la présence de nombreux corps étrangers dans le circuit primaire. Concernant les détériorations de grilles et les accrochages d’assemblages de combustible lors de leur manutention, l’ASN note la généralisation du déploiement, sur les réacteurs de 1300 MWe et 1450 MWe, des assemblages de combustible « à grilles améliorées », dont le retour d’expérience en 2009 et 2010 est favorable. L’ASN juge positivement les actions menées pour prévenir les incidents d’accrochage d’assemblages de combustible survenus en 2008 et 2009 sur les sites de Tricastin et de Gravelines. Les dispositions retenues ont permis la fiabilisation des opérations de manutention des structures internes supérieures de la cuve et l’amélioration de la détection des corps étrangers dans les circuits et les assemblages de combustible. En 2010, des défauts d’étanchéité affectant des assemblages de combustible RFA de certains réacteurs de 900MWe, ont été associés au phénomène de fretting3 de ces assemblages RFA 900 de conception ancienne sans grille de maintien. Les modifications de conception entreprises sur ces assemblages permettent d’envisager une disparition progressive de cette source de perte d’étanchéité dans un délai acceptable. En revanche, l’ASN considère qu’EDF doit poursuivre les différentes actions engagées relatives à l’étanchéité des assemblages de combustible M5. De plus, l’ASN estime qu’EDF doit progresser dans l’exclusion et le traitement des corps étrangers dans les circuits. Les actions engagées depuis 2008 par EDF sont jugées satisfaisantes, mais leur déclinaison apparaît encore partielle et ces actions doivent faire l’objet d’une meilleure appropriation par les sites. Enfin, EDF doit encore progresser dans l’application des programmes de maintenance des matériels de manutention du 350 3. Fretting : phénomène vibratoire de faible amplitude entre deux surfaces pouvant être la cause d’une réduction de la résistance à la fatigue des structures affectées.
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