357 CHAPITRE LES CENTRALES ÉLECTRONUCLÉAIRES 12 6⎮ 2 Évaluer chaque site Belleville-sur-Loire L’ASN considère que les performances en matière de sûreté nucléaire, de radioprotection et de protection de l’environnement du site de Belleville-sur-Loire rejoignent globalement l’appréciation générale des performances que l’ASN porte sur EDF. L’ASN relève une amélioration sensible du site dans le domaine de la maintenance. Les écarts techniques et documentaires détectés sont maintenant correctement traités et le site tire profite, à chaque arrêt, de son retour d’expérience afin de progresser dans l’entretien de ses installations. Cependant, les écarts de lignage des circuits relevés et les événements significatifs qui surviennent encore lors des redémarrages confirment la nécessité de poursuivre les efforts en termes de rigueur d’exploitation. Dans le domaine de la protection de l’environnement, les progrès organisationnels enregistrés sont obérés par les nombreux écarts encore relevés. L’ASN note cependant que les actions engagées permettent d’en limiter sensiblement l’importance et l’impact sur l’environnement. Blayais L’ASN considère que les performances en matière de sûreté nucléaire, de radioprotection et de protection de l’environnement du site du Blayais rejoignent globalement l’appréciation générale des performances que l’ASN porte sur EDF. L’ASN a constaté des progrès sensibles dans la réalisation des opérations de maintenance et d’exploitation. Toutefois, le nombre d’écarts d’application des spécifications techniques d’exploitation restant important, l’ASN estime que le site doit encore améliorer la rigueur dans le lignage des circuits et dans la préparation des interventions, notamment en ce qui concerne la qualité et l’exhaustivité des analyses de risques. Enfin, l’ASN estime que le site doit rester vigilant dans le domaine de la radioprotection et renforcer l’accompagnement et la surveillance sur le terrain, afin de renouer avec les bons résultats de 2009, en particulier en ce qui concerne la maîtrise des zones orange et la propreté radiologique. Bugey L’ASN considère que les performances en matière de sûreté nucléaire du site du Bugey se distinguent de manière positive par rapport à l’appréciation générale des performances que l’ASN porte sur EDF. En particulier, la centrale nucléaire du Bugey dispose d’une filière indépendante de sûreté forte et correctement positionnée au sein de l’organisation du site. La qualité d’exploitation a cependant montré en 2010 des signes de faiblesse en matière de lignage des circuits, de consignation et de respect des spécifications techniques d’exploitation. L’ASN a noté en 2010 une dégradation des conditions de sécurité au travail. L’ASN attend des actions concrètes dans ce domaine en 2011, année caractérisée par un volume important d’activités de maintenance. En matière de radioprotection et de protection de l’environnement, l’ASN considère que les performances du site rejoignent À NOTER EN 2010 Événement significatif pour la radioprotection survenu le 23 avril 2010 dans le bâtiment combustible du réacteur 4 de la centrale nucléaire de Chinon Le 23 avril 2010, vers 11h00, un agent d’une entreprise prestataire d’EDF réalise une visite de propreté au fond de la piscine de transfert du bâtiment combustible du réacteur 4. Cette visite est un préalable à la mise en eau de la piscine de transfert avant toute manutention du combustible. Elle permet de s’assurer qu’aucun corps étranger n’est susceptible d’être entraîné lors du rechargement, vers le cœur du réacteur. Cette personne est équipée d’une tenue étanche et porte des gants en vinyle. Elle est accompagnée au fond de la piscine d’un agent effectuant le contrôle technique de l’activité (qui porte les mêmes équipements de protection individuels). Lors de la visite, un objet métallique est découvert au fond de la piscine. L’agent qui effectue la vérification de propreté le prend avec une main, puis avec l’autre pour l’observer. Alerté par le déclenchement de l’alarme sonore de son dosimètre opérationnel, il jette l’objet dans un seau utilisé pour descendre les outils depuis le haut de la piscine. A noter que le dosimètre de l’agent qui réalise le contrôle technique ne se déclenche pas. Ce seau est remonté au bord de la piscine par une troisième personne dont le dosimètre s’active à son tour. Le chantier est alors évacué et les intervenants sortent de la zone contrôlée. L’agent qui a touché l’objet avec les mains a été pris en charge par le médecin du travail du site et présente à l’heure actuelle un bilan clinique normal. L’ASN a réalisé le 3 mai 2010 une inspection réactive dans la centrale et a mis en évidence les difficultés du site de Chinon à établir un relevé des faits précis ainsi qu’un manque de pilotage de l’analyse post-accidentelle. Plusieurs dysfonctionnements organisationnels ont été relevés et trois constats d’écart notables ont été notifiés à l’exploitant. L’ASN a confirmé le classement de cet événement au niveau 2 de l’échelle internationale de gravité (INES), qui en compte 7, car un travailleur a été irradié à la main, la dose reçue étant supérieure à la limite règlementaire annuelle associée.
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