Rapport annuel de l'ASN 2010

CHAPITRE LES INSTALLATIONS DU CYCLE DU COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE 13 En dernier lieu et afin de se prononcer sur la poursuite de l’exploitation de GBI sur une durée limitée, l’ASN instruit le rapport transmis par l’exploitant sur le retour d’expérience de trenteans d’exploitation de l’usine; elle examine également les aspects organisationnels, de management et d’intégration du facteur humain actuels qui permettront d’anticiper la mise à l’arrêt de l’usine. En 2009, une inspection de l’ASN sur la gestion des déchets avait conduit à la déclaration d’un incident classé au niveau 1 de l’échelle INES. Cet événement concernait des défauts significatifs dans le domaine de la maîtrise de la prévention du risque de criticité lors de l’entreposage de matières fissiles sur des aires de déchets non prévues à cet effet. Sur le sujet de la criticité, des actions de remise à niveau ont été rapidement engagées par l’exploitant et se sont révélées satisfaisantes. Toutefois, l’ASN a mené en 2010 une inspection sur la surveillance du prestataire, qui a mis en évidence des insuffisances. Un plan d’actions a été engagé par l’exploitant. Pour ce qui concerne le plan d’actions engagé à la suite du retour d’expérience de l’incident de SOCATRI de juillet 2008, bien que des actions importantes de remise en conformité des rétentions aient été engagées, l’ASN a constaté des défauts de revêtements de sols sous les tuyauteries aériennes de solvant chlorés. L’ASN a demandé à l’exploitant de rapidement mettre en place un programme de contrôle périodique des rétentions. 1I 1 I 3 Le projet d’usine d’enrichissement par ultracentrifugation GEORGES BESSE II Le procédé d’ultracentrifugation devrait remplacer à terme la diffusion gazeuse. Ce procédé, qui sera exploité par la société d’enrichissement du Tricastin (SET), consiste à mettre en rotation à très haute vitesse un bol cylindrique contenant de l’hexafluorure d’uranium (UF6). Sous l’effet de la force centrifuge, les molécules les plus lourdes (contenant l’uranium 238) se concentrent à la périphérie, tandis que les plus légères (contenant l’uranium 235) sont récupérées au centre. Ce procédé présente deux avantages importants par rapport au procédé de diffusion gazeuse utilisé actuellement par EURODIF: il est nettement moins consommateur d’énergie (75 MW contre 3000 MW à production équivalente) et plus sûr. En effet, la masse de matière nucléaire présente dans les cascades et centrifugeuses est réduite et mise en œuvre sous forme gazeuse et en dépression par rapport à la pression atmosphérique. La création de l’usine GEORGES BESSE II (GBII), qui comprend deux unités d’enrichissement distinctes (unités Sud et Nord) et des unités support, a été autorisée par voie de décret, le 27 avril 2007. De l’examen mené par l’ASN et ses appuis techniques, l’IRSN et le Groupe permanent d’experts pour les laboratoires et usines, il est ressorti que le faible encours d’UF6 dans les modules d’enrichissement ainsi que les conditions de fonctionnement du procédé de centrifugation contribuent à une bonne maîtrise des risques de dissémination des matières radioactives et chimiques. Par ailleurs, l’ASN estime que l’exploitant a retenu des dispositions satisfaisantes pour maîtriser les risques associés à la concomitance d’activités de chantier et d’activités d’exploitation liées à la conception modulaire de l’usine. Considérant que les dispositions présentées par l’exploitant pour la mise en service de l’unité Sud sont satisfaisantes du point de vue de la sûreté et de la radioprotection, l’ASN a autorisé, début 2009, la mise en service de l’installation. Cette mise en service est accompagnée de prescriptions techniques qui explicitent les conditions de démarrage et d’exploitation de l’usine de centrifugation. En mars 2010, l’ASN a complété ce cadre par une décision dans laquelle elle prescrit un ensemble de modalités relatives aux essais intéressant la sûreté, préalable à la première introduction d’UF6 dans l’usine. Cette introduction d’UF6 a été réalisée fin 2010 et l’usine commencera à fonctionner en 2011. Par ailleurs, la SET a déposé en janvier 2008 une demande de modification du décret de création de l’installation nucléaire de base (INB) GBII (168), notamment pour permettre la mise en œuvre d’uranium de retraitement (URT) dans l’atelier support REC II. L’enquête publique sur ce dossier s’est déroulée du 22 décembre 2008 au 30 janvier 2009 et a donné lieu à un avis favorable du préfet coordonnateur. Le décret modificatif est en cours d’élaboration. 1⎮ 2 Les usines de fabrication de combustibles nucléaires à Romans-sur-Isère et Marcoule À l’issue du processus d’enrichissement de l’uranium, le combustible nucléaire est fabriqué dans différentes installations en fonction du type de réacteurs auxquels il est destiné. La fabrication Vue aérienne d’EURODIF, usine de séparation des isotopes de l’uranium par diffusion gazeuse sur le site du Tricastin Visite des commissaires de l’ASN à l’usine GEORGES BESSE II – Juillet 2010 369

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