Rapport annuel de l'ASN 2010

368 1⎮ 1 Les usines de conversion, de traitement et d’enrichissement de l’uranium du Tricastin Afin de permettre la fabrication de combustibles utilisables dans les réacteurs, le minerai d’uranium doit subir un certain nombre de transformations chimiques, de la préparation du « yellow cake » jusqu’à la conversion en hexafluorure d’uranium (UF6), forme sous laquelle il est enrichi. Ces opérations se déroulent principalement sur le site du Tricastin, également connu sous le nom de site de Pierrelatte. 1I 1 I 1 L’installation TU5 et l’usine W de AREVA NC AREVA NC exploite sur le site de Pierrelatte: – l’installation TU5 (INB) de conversion de nitrate d’uranyle UO2(NO3)2 issu du retraitement de combustibles usés en sesquioxyde d’uranium U3O8; – l’usine W (ICPE dans le périmètre de l’INB) de conversion d’hexafluorure d’uranium UF6 appauvri en U3O8, composé solide permettant de garantir des conditions d’entreposage plus sûres et de valoriser l’acide fluorhydrique. L’installation TU5 peut mettre en œuvre jusqu’à 2000 tonnes d’uranium par an. L’uranium de retraitement est, pour une part, entreposé sur le site AREVA NC de Pierrelatte, l’autre part étant expédiée à l’étranger pour enrichissement et réutilisation dans le cycle du combustible. 1I 1 I 2 L’usine de séparation des isotopes de l’uranium par diffusion gazeuse EURODIF La séparation isotopique mise en œuvre dans l’usine GEORGES BESSE I (GBI) d’EURODIF est fondée sur le procédé de diffusion gazeuse. L’usine comporte 1400 modules d’enrichissement en cascade, répartis en 70 groupes de 20 modules regroupés dans des locaux étanches. Le principe de l’enrichissement par voie gazeuse consiste à faire diffuser un grand nombre de fois l’UF6 gazeux à travers des parois poreuses appelées « barrières ». Ces barrières laissent passer de façon préférentielle l’isotope 235 de l’uranium contenu dans le gaz, augmentant ainsi, à chaque passage, la proportion de cet isotope fissile dans l’UF6. L’UF6 est introduit au centre de la cascade, le produit enrichi est soutiré à une extrémité et le résidu appauvri à l’autre extrémité. L’exploitant a annoncé l’arrêt du fonctionnement de l’usine fin 2012. Les opérations de mise à l’arrêt définitif et de démantèlement devraient s’étendre sur une dizaine d’années. L’usine EURODIF sera remplacée par l’usine GEORGES BESSE II (GBII), dont le procédé d’enrichissement est basé sur l’ultracentrifugation. L’ASN suit régulièrement les études engagées par l’exploitant sur les modalités d’arrêt d’EURODIF et a pris position sur les enjeux de sûreté liés à l’arrêt de l’usine par lettre du 23 avril 2010 adressée au directeur de la DGEC. Il importe en effet, compte tenu des masses considérées – 150000 tonnes d’acier pour les diffuseurs par exemple – d’anticiper les inventaires et les caractéristiques des matériels afin d’optimiser les traitements, les démontages, le transport et les filières d’élimination. L’exploitant devrait ainsi présenter prochainement une demande de modification de son décret d’autorisation de création correspondant aux opérations PRISME (Projet de rinçage intensif suivi de la mise à l’air EURODIF) qui consisteront à effectuer des opérations de rinçages répétés des barrières avec du trifluorure de chlore (ClF3) afin de récupérer la quasi totalité de l’uranium déposé et de permettre le recyclage du métal dans des filières nucléaires. Ces opérations donneront lieu à une enquête publique. À la suite des opérations PRISME, l’exploitant déposera une demande de décret de mise à l’arrêt définitif et de démantèlement (MAD-DEM) de l’installation, procédure s’accompagnant également d’une enquête publique. Par ailleurs, l’exploitant avait déposé, fin octobre 2008, une demande de modification du décret d’autorisation de création de l’usine EURODIF. Cette demande portait sur l’augmentation de la quantité maximale d’UF6 présente sur l’installation et la réalisation d’opérations pour le compte d’exploitants du site relatives à la réception, à l’expédition et au contrôle de l’UF6. Cette demande portait également sur des opérations de tri et de conditionnement de déchets banals. À cette occasion, le périmètre de l’installation devait être modifié pour y inclure l’installation de stockage de trifluorure de chlore (ClF3) classée pour la protection de l’environnement (ICPE). L’exploitant a retiré sa demande fin 2009 afin d’y inclure les opérations PRISME; l’exploitant a indiqué également à l’ASN que la quantité d’UF6 présente sur l’installation resterait dans les prochaines années inférieure à la limite autorisée (50000 tonnes) et que sa demande d’augmentation ne serait pas maintenue. Les autres demandes seront identiques. 1 LES PRINCIPALES INSTALLATIONS EN ACTIVITÉ Opération d’entreposage d’uranium appauvri sur le site du Tricastin

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