297 CHAPITRE LES UTILISATIONS NON MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS 10 3I 1 Les contrôles réalisés par l’ASN Les contrôles appliqués aux sources de rayonnements sont adaptés à la nature de ces sources et à leur utilisation. Ils sont présentés dans le chapitre 4. 3I 2 Les principaux incidents survenus en 2011 Le bilan complet des événements de radioprotection dans le domaine hors INB est présenté dans le chapitre 4. Les deux événements suivants ont donné lieu à un retour d’expérience approfondi en 2011. Incident de niveau 2 survenu lors de l’utilisation d’un appareil de gammagraphie au sein de l’entreprise STIC à Rambervillers (Vosges) L’incident est survenu le 22 septembre 2011 et a impliqué un gammagraphe (appareil utilisé pour des contrôles radiographiques dans l’industrie), utilisé au sein de l’entreprise STIC à Rambervillers (88) au cours d’un contrôle de soudure réalisé par le Laboratoire d’Essais de Montereau (LEM). La chute d’une pièce métallique sur la gaine d’éjection a engendré une déformation de celle-ci empêchant le retour de la source radioactive (source d’iridium 192 de 500 GBq) dans sa position de sécurité à l’intérieur de l’appareil. Les opérateurs ont alors établi un périmètre de sécurité permettant d’éviter tout risque d’exposition pour le public. Les services de secours et deux inspecteurs de l’ASN se sont rendus sur place afin de contrôler la bonne mise en place de ce périmètre de sécurité et de s’assurer des conditions de surveillance de la zone. Le vendredi 23 septembre 2011, l’installation de couvertures plombées autour de la source a permis de réduire le périmètre de sécurité à une portion du bâtiment. L’ASN a demandé à la société LEM de veiller à la surveillance de la zone et de définir, en concertation avec des entreprises spécialisées, les mesures nécessaires à la récupération de la source. A la demande du LEM, l’entreprise Cegelec, qui fournit les gammagraphes de ce type en France, a réalisé une endoscopie de la gaine d’éjection pour identifier les causes précises du blocage et définir un protocole d’intervention. Les observations recueillies l’ont conduit à concevoir et développer un outil spécifique pouvant permettre de redresser la gaine d’éjection et libérer la source. L’intervention, qui a fait l’objet d’un examen technique et d’une autorisation par l’ASN préalablement à sa réalisation, a été menée sur site avec succès par les techniciens de Cegelec le 24 novembre 2011 Les doses reçues par les opérateurs lors de l’intervention (0,007 mSv au maximum), se sont avérées inférieures aux prévisionnels dosimétriques préalablement établis (0,05 mSv) et largement inférieures à la limite annuelle fixée par la réglementation pour les travailleurs (20 mSv). Cet événement n’a engendré aucune exposition pour le public. L’analyse de l’incident a montré qu’une intervention manuelle d’un opérateur de la société LEM sur l’appareil endommagé pour tenter de débloquer la source a été réalisée le 22 septembre. L’intervention a consisté à intervenir manuellement sur la gaine de part et d’autre de la position supposée de la source. En raison de la durée très courte de l’opération, l’exposition de l’opérateur, évaluée à 1,5 millisievert (mSv), est inférieure à la limite annuelle d’exposition fixée par la réglementation (20mSv). L’exposition au niveau des mains a fait l’objet d’une évaluation complémentaire à la demande de l’ASN par son appui technique l’IRSN. Celle-ci ne met pas en évidence un risque d’apparition d’effets irréversibles pour l’opérateur. Même si l’intervention a été de très courte durée, cette manipulation manuelle à proximité immédiate d’une source de haute activité est contraire aux règles de radioprotection. Cette analyse a conduit l’ASN à classer cet événement au niveau 2 de l’échelle INES, qui compte 8 niveaux, de 0 à 7. Suites données à l’incident de Feursmetal à Feurs (Loire) Le 26 mai 2010, six personnes des sociétés Feursmetal, Cegelec et de l’IRSN, ainsi que des locaux et des outillages de la fonderie Feursmetal avaient été contaminées lors d’une tentative de récupération d’une source radioactive de cobalt 60 de haute activité (1,25 TBq) coincée dans la gaine d’éjection d’un gammagraphe. L’appareil et la source étaient bloqués depuis le 7 mai 2010 dans un bunker de l’entreprise Feursmetal où le gammagraphe était régulièrement employé pour contrôler des pièces de fonderie. Si les conséquences humaines s’étaient avérées limitées (impact dosimétrique sur les intervenants évalué entre 0,2 mSv et 0,6 mSv suivant les personnes), les conséquences matérielles étaient importantes puisqu’une contamination significative avait été relevée dans le bunker, les locaux adjacents et dans certaines zones périphériques internes à l’entreprise, touchant ainsi les moules de fonderie nécessaires à la fabrication des pièces. Commencée en 2010, la première phase de décontamination visant les moules et les zones périphériques du bunker s’est poursuivie en 2011, dans le respect de l’arrêté préfectoral du 22 juin 2010 qui encadre réglementairement ce chantier de dépollution. Ainsi tous les moules utiles à la production ont été assainis. Par ailleurs, l’ASN et la DREAL Rhône-Alpes ont déclassé la partie de la voirie interne à l’entreprise qui avait été touchée par la contamination, au regard des rapports de contrôle effectués à la suite des travaux de décontamination. Enfin, des études ont été engagées en vue de lancer en 2012 les travaux concernant les zones les plus touchées, à savoir le bunker de gammagraphie et les locaux attenants. L’ASN a classé cet événement au niveau 2 de l’échelle des événements radiologiques INES. 3 CONTRÔLER LES ACTIVITÉS NON MÉDICALES
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