304 On estime à environ 11 000 le nombre annuel de transports nécessaires au cycle du combustible, pour 141 000 colis. Parmi ceux-ci, on dénombre environ : – un millier de transports en provenance ou à destination de l’étranger ou transitant par la France, pour environ 50 000 colis transportés ; – 300 transports de combustible neuf à base d’uranium et une trentaine de transports de combustible neuf « MOX » à base d’uranium et de plutonium ; – 200 transports sont organisés pour envoyer les combustibles irradiés des centrales électronucléaires exploitées par EDF vers l’usine de retraitement de La Hague, exploitée par AREVA ; – une soixantaine de transports de plutonium sous forme d’oxyde entre l’usine de retraitement de La Hague vers l’usine de production de combustible de MÉLOX, situé dans le Gard ; – 250 transports d’hexafluorure d’uranium nécessaires au cycle de fabrication de combustible. Le domaine de la recherche réalisée par l’industrie nucléaire, essentiellement par le CEA, occasionne un peu moins de 3 000 transports par an pour environ 8 000 colis transportés. 1I 2 Les risques associés aux transports de substances radioactives Le contenu des colis varie beaucoup : leur radioactivité varie sur plus de douze ordres de grandeur, soit de quelques milliers de becquerels pour des colis pharmaceutiques de faible activité à des millions de milliards de becquerels pour des combustibles irradiés. Leur masse varie également de quelques kilogrammes à une centaine de tonnes. Les risques majeurs des transports de substances radioactives sont les suivants : – le risque d’irradiation externe de personnes dans le cas de la détérioration de la « protection biologique des colis », matériau technique qui permet de réduire le rayonnement au contact du colis ; – le risque d’inhalation ou d’ingestion de particules radioactives dans le cas de relâchement de substances radioactives ; – la contamination de l’environnement dans le cas de relâchement de substances radioactives ; – le démarrage d’une réaction nucléaire en chaîne non contrôlée (risque de « sûreté-criticité ») pouvant occasionner une irradiation grave des personnes, dans le cas de la présence d’eau et de la non-maîtrise de la sûreté de substances radioactives fissiles. Les substances radioactives peuvent par ailleurs être également toxiques et corrosives. C’est le cas, par exemple, pour les transports d’uranium naturel, faiblement radioactif et dont le risque prépondérant pour l’homme est le risque chimique en cas d’ingestion. De même, l’hexafluorure d’uranium (UF6), utilisé dans le cadre de la fabrication des combustibles pour les centrales électronucléaires, peut conduire en cas de relâchement et de contact avec de l’eau à la formation d’acide fluorhydrique, qui est un puissant agent corrosif et décalcifiant. La prise en compte de ces risques conduit à devoir maîtriser le comportement des colis pour éviter tout relâchement de matière et détérioration des protections du colis dans le cas : – d’un incendie ; – d’un impact mécanique consécutif à un accident de transport ; – d’une entrée d’eau dans l’emballage, l’eau facilitant les réactions nucléaires en chaîne en présence de substances fissiles ; – d’une interaction chimique entre différents constituants du colis ; – d’un dégagement thermique important des substances transportées, pour éviter la détérioration éventuelle avec la chaleur des matériaux constitutifs du colis. Cette approche conduit à définir des principes de sûreté pour les transports de substances radioactives : – la sûreté repose avant tout sur le colis : des épreuves réglementaires et des démonstrations de sûreté sont requises par la réglementation pour démontrer la résistance des colis à des accidents de référence ; – le niveau d’exigence, notamment concernant la définition des accidents de référence auxquels doivent résister les colis, dépend du niveau de risque présenté par le contenu du colis. Ordre de grandeur du nombre Fer Mer Mer Route Route Route Route Total (ordre de colis et de transports et Fer et Avion et Fer et Mer de grandeur) Nombre de colis 20 50 90 000 150 130 1 000 90 000 Nombre de transports 20 415 58 000 70 110 20 60 000 Nombre de colis 3 900 20 21 300 760 000 45 000 1 400 14 200 850 000 Nombre de transports 30 20 100 542 000 14 000 460 280 560 000 Ordre de grandeur du nombre de colis 3 920 20 21 350 850 000 45 150 1 530 15 200 900 000 Ordre de grandeur du nombre de transports 50 20 515 600 000 14 070 570 300 600000 Tableau 1: répartition des transports par mode Colis agréés par l’ASN Colis non soumis à agrément de l’ASN
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