Rapport annuel de l'ASN 2011

333 CHAPITRE LES CENTRALES ÉLECTRONUCLÉAIRES 12 En juillet 2009, l’ASN a pris position sur les aspects génériques de la poursuite de l’exploitation des réacteurs de 900 MWe jusqu’à 40 ans après leur première divergence. L’ASN n’a pas identifié d’éléments mettant en cause la capacité d’EDF à maîtriser la sûreté des réacteurs de 900 MWe dans cette période. L’ASN considère que le nouveau référentiel de sûreté présenté dans le rapport de sûreté générique des réacteurs de 900 MWe et les modifications de l’installation envisagées par EDF sont de nature à maintenir et à améliorer le niveau de sûreté global de ces réacteurs. Toutefois, cette appréciation générique ne tient pas compte d’éventuelles spécificités de réacteurs. Aussi, l’ASN se prononce sur l’aptitude individuelle de chaque réacteur à la poursuite d’exploitation, en s’appuyant notamment sur les résultats des contrôles réalisés dans le cadre de l’examen de conformité du réacteur lors de la troisième visite décennale et sur l’évaluation du rapport de réexamen de sûreté du réacteur (voir point 5 6 pour les prises de position de l’ASN en 2011). Le réexamen de sûreté associé aux deuxièmes visites décennales des réacteurs de 1 300 MWe L’ASN s’est prononcée favorablement en 2006 concernant la poursuite de l’exploitation des réacteurs de 1 300 MWe jusqu’à leur troisième visite décennale, sous réserve de la réalisation effective des modifications décidées dans le cadre de ce réexamen. Les améliorations découlant de ce réexamen de sûreté seront intégrées d’ici 2014 à l’occasion des deuxièmes visites décennales (voir point 5 6). Le réexamen de sûreté associé aux troisièmes visites décennales des réacteurs de 1300 MWe L’ASN a défini en 2010 les orientations du réexamen de sûreté associé aux troisièmes visites décennales des réacteurs de 1300 MWe. Le réacteur 2 de Paluel sera le premier à effectuer sa troisième visite décennale, en 2015. L’ASN veille à ce que ce Evénement significatif pour la sûreté générique déclaré le 16 février 2011 concernant les groupes électrogènes de secours à moteur diesel du palier 900MWe Le 22 octobre 2010, un essai périodique effectué à la centrale du Blayais a fait apparaître la défaillance d’un groupe électrogène de secours. L’analyse engagée par EDF et son fournisseur, et communiquée à l’ASN, a mis en évidence une dégradation plus rapide que prévue des coussinets de bielles, composants mécaniques destinés à limiter les frictions entre les pièces mobiles des moteurs diesel. Sur les centrales nucléaires françaises, 27 groupes électrogènes sont équipés de coussinets du même type, susceptibles de présenter le même défaut. Les groupes électrogènes de secours à moteur diesel permettent d’alimenter les systèmes de sûreté du réacteur en cas de perte de l’alimentation électrique par le réseau national. Chaque réacteur nucléaire est équipé de deux groupes électrogènes de secours. En outre, un groupe électrogène supplémentaire est disponible pour l’ensemble des réacteurs d’un même site. Chacun de ces groupes suffit à alimenter les systèmes nécessaires pour assurer la sûreté du réacteur à l’arrêt. Le plan d’actions correctives présenté par EDF comporte l’installation de coussinets neufs, la mise en œuvre d’une nouvelle procédure d’exploitation des groupes électrogènes concernés et la mise en place d’une surveillance et d’une maintenance renforcées. En se fondant sur l’analyse effectuée par son appui technique, l’ASN a notamment demandé à EDF de : • procéder à des essais et des contrôles complémentaires ; • maintenir une surveillance renforcée des groupes électrogènes de secours ; • justifier certains choix retenus pour le traitement immédiat de cette défaillance ; • vérifier l’état de coussinets de bielles prélevés sur des groupes électrogènes de secours. L’ASN a également demandé à EDF de poursuivre la recherche des causes profondes de cette anomalie, en prenant en compte le retour d’expérience issu de l’expertise réalisée sur les groupes électrogènes de secours des sites de Bugey, de Tricastin et de SaintAlban. Enfin, l’ASN a demandé des compléments de justification concernant le renforcement de la fiabilité des alimentations électriques engagé par EDF. A plus long terme, EDF doit apporter une solution pérenne à cette anomalie, et engager dans ce cadre la conception de coussinets de bielles ne présentant plus de tels défauts et dont la qualification devra être établie. Sur tous les sites d’EDF, autres que celui du Tricastin, où sont présents des coussinets de ce type (Blayais, Bugey, Chinon, Cruas, Dampierre, Gravelines et Saint-Laurent), chaque réacteur dispose d’au moins un groupe électrogène, en propre ou sur le site, équipé de coussinets d’une autre marque, ne présentant pas ce défaut. L’anomalie a donc été classée par l’ASN sur ces sites au niveau 1 de l’échelle INES. En revanche, l’anomalie a été classée par l’ASN comme incident de niveau 2 de l’échelle INES sur les réacteurs 3 et 4 du site du Tricastin, car les deux groupes électrogènes, ainsi que le groupe électrogène supplémentaire commun à l’ensemble des réacteurs du site, sont équipés de coussinets sensibles. À NOTER EN 2011

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