335 CHAPITRE LES CENTRALES ÉLECTRONUCLÉAIRES 12 Graphique 1 : distribution par âge des réacteurs en exploitation dans le monde en 2009 (Source AIEA, mars 2009 et CEA, Elecnuc édition 2008) Les dégradations des matériels remplaçables Le vieillissement des matériels résulte de phénomènes tels que l’usure des pièces mécaniques, le durcissement et la fissuration des polymères, la corrosion des métaux… Les matériels doivent faire l’objet d’une attention particulière lors de leur conception et de leur fabrication (en particulier le choix des matériaux), d’un programme de surveillance et de maintenance préventive et de réparations ou de remplacement en cas de besoin. Il faut également démontrer la faisabilité de leur remplacement éventuel. L’obsolescence des matériels ou de leurs composants Certains équipements, avant d’être installés dans les centrales nucléaires, ont fait l’objet d’une « qualification » ; il s’agit d’un processus visant à s’assurer que les matériels sont aptes à remplir leurs fonctions dans toutes les situations pendant lesquelles ils sont requis, notamment en conditions accidentelles. La disponibilité des pièces de rechange de ces équipements est fortement conditionnée par l’évolution du tissu industriel des fournisseurs. En effet, l’arrêt de la fabrication de certains composants ou la disparition de leur constructeur génère des difficultés d’approvisionnement en pièces d’origine pour certains systèmes. De nouvelles pièces de rechange doivent alors faire l’objet d’une justification de leur niveau de sûreté en préalable à leur montage. Cette justification vise à démontrer que l’équipement reste « qualifié » avec la nouvelle pièce de rechange. Compte tenu de la durée de cette procédure, une forte anticipation est requise des exploitants. La capacité de l’installation à suivre les évolutions des exigences de sûreté L’amélioration des connaissances et des techniques, ainsi que les évolutions du niveau d’acceptabilité du risque dans nos sociétés, sont des facteurs pouvant conduire à juger qu’une installation industrielle nécessite de lourds travaux de rénovation ou, si ceux-ci ne sont pas réalisables à un coût acceptable, une fermeture de l’installation à plus ou moins brève échéance. 2I 3 I 3 La prise en compte par EDF du vieillissement des matériels Cette stratégie, de type « défense en profondeur », s’appuie sur trois lignes de défense. 1) Prévenir le vieillissement à la conception : à la conception et lors de la fabrication des composants, le choix des matériaux et les dispositions d’installation doivent être adaptés aux conditions d’exploitation prévues et tenir compte des cinétiques de dégradation connues ou supposées. 2) Surveiller et anticiper les phénomènes de vieillissement : au cours de l’exploitation, d’autres phénomènes de dégradation que ceux prévus à la conception peuvent être mis en évidence. Les programmes de surveillance périodique et de maintenance préventive, les examens de conformité (voir point 2 2 1) ou encore l’examen du retour d’expérience (voir point 2 2 2) visent à détecter ces phénomènes.
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