Rapport annuel de l'ASN 2011

345 CHAPITRE LES CENTRALES ÉLECTRONUCLÉAIRES 12 le signe d’une perte d’étanchéité des assemblages. Si cette activité devient trop élevée, l’application des RGE conduit à l’arrêt du réacteur avant la fin de son cycle normal. Lors de l’arrêt, EDF a l’obligation de rechercher et d’identifier les assemblages contenant des crayons inétanches, dont le rechargement n’est pas permis. Ces assemblages doivent faire l’objet d’une réparation par remplacement des crayons inétanches avant de pouvoir éventuellement être réutilisés. L’ASN s’assure qu’EDF analyse les causes des pertes d’étanchéité observées et met notamment en œuvre des moyens d’examen des crayons inétanches afin de déterminer l’origine des défaillances et d’y remédier au plus tôt. Les défaillances peuvent provenir soit d’inadéquation entre la conception ou la fabrication des assemblages et les sollicitations subies, soit de la présence dans le circuit primaire de corps étrangers pouvant causer des dommages aux gaines. Les actions préventives et correctives peuvent donc concerner la conception des assemblages, leur fabrication ou les conditions d’exploitation en réacteur. Par ailleurs, les conditions de manutention des assemblages, de chargement et de déchargement du cœur, la prévention de la présence de corps étrangers dans les circuits et les piscines, font également l’objet de dispositions d’exploitation dont certaines participent à la démonstration de sûreté et dont le respect par EDF est vérifié par l’ASN. L’ASN effectue en outre des inspections afin de s’assurer qu’EDF assure une surveillance adéquate sur ses fournisseurs d’assemblages combustible pour garantir que leur conception et leur fabrication sont réalisées dans le respect des règles fixées. Enfin, l’ASN sollicite périodiquement le GPR sur les enseignements tirés du retour d’expérience d’exploitation du combustible. 3I 4 Exercer un contrôle approfondi sur les circuits primaire et secondaires Les circuits primaire et secondaires principaux (CPP et CSP) des réacteurs, regroupés sous le terme de « chaudière » et présentés au point 1 1 3, sont des appareils fondamentaux d’un réacteur. Fonctionnant à haute température et haute pression et contribuant à toutes les fonctions fondamentales de sûreté – confinement, refroidissement, contrôle de la réactivité – ils font l’objet d’une surveillance et d’une maintenance poussées de la part d’EDF ainsi que d’un contrôle approfondi de la part de l’ASN. La surveillance de l’exploitation de ces circuits est réglementée par l’arrêté du 10 novembre 1999, cité au point 3 6 du chapitre 3. 3I 4 I 1 S’assurer de la surveillance et du contrôle des circuits L’ASN s’assure que l’exploitant exerce une surveillance et un entretien appropriés des circuits primaire et secondaire principaux. Pour cela, l’exploitant établit des programmes de surveillance qui sont soumis à l’ASN. À la suite de l’examen de ces documents, des demandes peuvent être formulées par l’ASN. L’exploitant est tenu de les prendre en compte. En complément de ces examens documentaires, l’ASN réalise des inspections thématiques sur la maintenance des équipements, notamment à l’occasion des arrêts de réacteur. L’ASN examine également les résultats des contrôles transmis à la fin de chaque arrêt. En complément de la surveillance exercée lors de chaque arrêt par l’exploitant sur ses circuits, l’ASN contrôle tous les dix ans, lors des requalifications périodiques, le bon état de ces appareils. La requalification périodique comporte trois phases distinctes : la visite de l’appareil avec de nombreux examens non destructifs, l’épreuve hydraulique sous pression et la vérification du bon état et du bon fonctionnement des accessoires de protection contre les surpressions. La requalification du circuit primaire a lieu lors des visites décennales. Au cours de l’année 2011, neuf circuits primaires principaux ont fait l’objet d’une requalification périodique. Il s’agit des réacteurs de Cattenom 3, Bugey 4 et 5, Dampierre 1, Penly 1, Civaux 1, Tricastin 2, Gravelines 1 et Fessenheim 2. 3I 4 I 2 Surveiller les zones en alliages à base de nickel Plusieurs parties des réacteurs à eau sous pression sont fabriquées en alliage à base de nickel : tubes, cloison et revêtement côté primaire de la plaque tubulaire pour les GV, adaptateurs de couvercle, pénétrations de fond de cuve, soudures des supports inférieurs de guidage des internes de cuve, drains GV 1300 et zones réparées des tubulures pour la cuve. La résistance de ce type d’alliage à la corrosion généralisée ou par piqûres justifie son emploi. Cependant, dans les conditions de fonctionnement des réacteurs, l’un des alliages retenus, l’Inconel 600, s’est révélé sensible au phénomène de corrosion sous contrainte. Ce phénomène particulier se produit en présence de sollicitations mécaniques importantes. Il peut conduire Piscine du bâtiment combustible de la centrale nucléaire du Bugey Vue sur la PMC (Piscine Manutention Combustible) de la tranche 2 de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire lors de la visite décennale – Juin 2009

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