Rapport annuel de l'ASN 2011

351 CHAPITRE LES CENTRALES ÉLECTRONUCLÉAIRES 12 compte du risque d’inondation. Le nouveau guide relatif à la protection des INB contre le risque d’inondation portera sur le choix des aléas susceptibles de conduire à une inondation du site, sur les méthodes de caractérisation de l’ensemble de ces aléas, et sur les principes de conception et de protection vis-àvis du risque d’inondation. Ce projet de guide élaboré par le groupe de travail a fait l’objet d’une consultation en 2010. Les remarques reçues ont fait l’objet de réunions d’instruction en 2011 en vue d’une réunion des GPR et GPU en 2012. L’ASN devrait diffuser ce nouveau guide en 2012. 3I 7 I 3 Prévenir les risques liés à la canicule et à la sécheresse La canicule observée durant l’été 2003 a eu des conséquences notables sur l’environnement des centrales nucléaires : certains cours d’eau ont connu une réduction de leur débit et un échauffement significatif. Or, cette eau constitue la source froide de certaines centrales nucléaires, nécessaire à leur bon refroidissement. Par ailleurs, la canicule a également entraîné des températures élevées dans l’air, provoquant une augmentation de température des locaux des centrales nucléaires. L’augmentation de la température de l’air pose la question du bon fonctionnement à court ou moyen terme de certains équipements sensibles à la chaleur. Au cours de cet épisode de canicule et de sécheresse, certaines limites physiques jusqu’alors retenues pour le dimensionnement des centrales nucléaires ou imposées par leurs RGE ont été atteintes. EDF a donc proposé d’établir un référentiel « grands chauds » qui examine et réévalue le fonctionnement des installations dans des conditions plus sévères que celles retenues à la conception, en prenant des hypothèses de température d’eau et d’air plus élevées. EDF a proposé une déclinaison de ce référentiel pour les réacteurs de 900 MWe, et une autre pour les réacteurs de 1450 MWe. Le référentiel des réacteurs de 1 300 MWe sera pour sa part transmis dans le cadre du réexamen de sûreté associé aux troisièmes visites décennales de ces réacteurs. L’ASN a pris une première position en 2009 concernant le référentiel pour les réacteurs de 900 MWe. L’ASN instruit actuellement avec l’aide de son appui technique les réponses d’EDF aux remarques et demandes de compléments émises en 2009, ainsi que les modifications matérielles qui renforcent de manière pérenne la robustesse des réacteurs aux grands chauds. L’ASN se prononcera sur ces nouveaux éléments d’ici début 2012. En parallèle, le déploiement de certaines améliorations et la mise en œuvre de pratiques d’exploitation qui optimisent la capacité de refroidissement des équipements et augmentent la tenue des matériels sensibles aux températures élevées ont commencé dès 2004 sur les sites les plus sensibles et se généralisent selon un calendrier optimisé. L’ASN participe au processus national de veille relatif à la canicule et EDF a engagé en interne un suivi climatique afin d’anticiper les évolutions du climat qui pourraient remettre en cause les hypothèses retenues dans les référentiels « grands chauds ». Lors du réexamen de sûreté associé aux troisièmes visites décennales des réacteurs de 1300 MWe, l’ASN se prononcera sur le caractère suffisant de l’organisation mise en place par EDF pour observer les tendances climatiques et s’assurer de la validité des hypothèses retenues dans ses référentiels. 3I 7 I 4 Prendre en compte le risque d’incendie La prise en compte du risque d’incendie dans les centrales nucléaires repose sur le principe de défense en profondeur, fondé sur les trois niveaux que sont la conception des installations, la prévention et l’action de lutte contre l’incendie. Les règles de conception des installations doivent empêcher l’extension d’un incendie éventuel et en limiter les conséquences ; elles reposent principalement sur : – le principe de découpage de l’installation en secteurs conçus pour circonscrire le feu dans un périmètre donné, chaque secteur étant délimité par des éléments de sectorisation (portes, murs coupe-feu, clapets coupe-feu…) qui présentent une durée de résistance au feu spécifiée à la conception ; – la protection des matériels qui participent de façon redondante à une fonction fondamentale de sûreté. La prévention consiste principalement à : – veiller à ce que la nature et la quantité de matières combustibles dans les locaux - que ce soient les matières présentes en permanence ou de façon provisoire - restent en deçà des hypothèses retenues pour la conception des éléments de sectorisation ; – identifier et analyser les risques d’incendie. En particulier, pour tous les travaux susceptibles d’initier un incendie, un permis de feu doit être établi et des dispositions de protection doivent être mises en œuvre. La lutte contre un incendie doit permettre l’attaque d’un feu et sa maîtrise en vue de son extinction dans des délais compatibles avec la durée de résistance au feu des éléments de sectorisation. L’ASN contrôle la prise en compte du risque incendie dans les centrales nucléaires en se fondant notamment sur l’analyse des référentiels de sûreté de l’exploitant, le suivi des événements significatifs déclarés par l’exploitant et les inspections réalisées sur les sites. En 2011, l’ASN et son appui technique l’IRSN ont ainsi conclu l’examen du référentiel des exigences de sûreté de protection Vue aérienne de la centrale nucléaire du Blayais, en rive droite de l'estuaire de la Gironde

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