Rapport annuel de l'ASN 2011

368 sur quelques sites. Le relatif équilibre qui a pu être observé jusqu’à présent risque toutefois d’être bouleversé alors que s’engagent simultanément une relève importante des générations et des travaux considérables à la suite des ECS. De manière générale, les programmes de formation sont mis en œuvre de façon satisfaisante, et le déploiement des académies de métiers est souligné comme un point fort pour la formation des nouveaux arrivants sur sites. Toutefois des écarts sont encore relevés lors d’inspections ou à la suite d’événements significatifs, en particulier dans les domaines du transport de marchandises radioactives, de la radioprotection et de la protection de l’environnement. Enfin, l’ASN note une bonne qualité du remplissage des carnets de professionnalisation des agents et relève peu de défauts d’habilitation des personnels d’exploitation. La prise en compte des FOH dans les modifications des réacteurs en exploitation Dans les centres d’ingénierie, l’organisation définie et mise en œuvre pour la prise en compte des FOH semble satisfaisante. Ainsi, dans un des centres inspectés, les inspecteurs ont constaté un plan d’actions structuré et documenté et une organisation mise en place, notamment à travers la constitution d’un comité SOH et la nomination d’un référent SOH. Évaluer les dispositions concernant les prestataires dans les activités d’exploitation Concernant les modalités de choix des entreprises prestataires pour l’attribution des marchés, que ce soit en termes de politique d’achat (par ex., utilisation possible de critères non liés aux prix, augmentation de la durée moyenne des marchés de maintenance sur site, etc.) ou du système de qualification, les inspections n’ont mis en exergue aucun dysfonctionnement notable. Pour autant, l’ASN estime nécessaire qu’EDF entame une réflexion sur sa politique industrielle en matière de maintenance et de recours aux entreprises prestataires, en particulier sur l’adéquation du tissu industriel pour répondre à ses besoins industriels nécessaires pour assurer la sûreté des installations, ainsi que sur le maintien de compétences internes pour les activités majoritairement sous-traitées. Pour ce qui concerne la surveillance des activités sous-traitées, l’ASN estime qu’EDF ne progresse plus dans le domaine de la surveillance des entreprises prestataires depuis 2009. En effet, des écarts importants et répétés sont constatés, d’une part dans la surveillance d’EDF envers les prestataires (rang 1) et d’autre part dans la surveillance des prestataires envers les sous-traitants (rang supérieur ou égal à 2). Ainsi, il a été remarqué lors des inspections, que la surveillance d’EDF envers les prestataires était parfois absente, en particulier lors des pics de charge. De même, les inspections ont permis d’observer que la vérification, de la part d’EDF, de la surveillance des prestataires envers les sous-traitants, était en générale lacunaire ou parfois inexistante. Par ailleurs, la qualité des programmes de surveillance, qui permettent d’assurer la traçabilité des actions de surveillance (points d’arrêts et autres actions), est inégale en fonction des sites. Enfin, EDF doit vérifier l’adéquation des ressources allouées à la surveillance, en quantité et en qualité, au regard des activités sous-traitées. L’ASN considère donc que la surveillance des activités réalisées par les entreprises prestataires et les sous-traitantes doit être rapidement améliorée et renforcée, compte tenu des enjeux de ces activités pour la sûreté, la radioprotection et la protection de l’environnement. L’organisation du travail et les conditions d’interventions des entreprises prestataires sont, quant à elles, toujours perfectibles. En particulier, l’ASN a constaté, comme les années précédentes, que les ressources matérielles mises à dispositions des prestataires sont fréquemment insuffisantes ou inadaptées, ce qui a pu, dans certains cas, conduire à la détérioration de la qualité des interventions et à la dégradation des conditions de travail, en matière de sécurité et de radioprotection. De plus, la vie des intervenants prestataires sur les sites n’est pas toujours facilitée du fait, par exemple, de conditions d’accueil insatisfaisantes sur certains sites (par ex., des vestiaires sans douche fonctionnelle, une absence de chauffage dans certains locaux, etc.). Les réunions de levée des préalables, qui doivent être systématiques et permettre de s’assurer, avant de lancer toute intervention, de l’adéquation des moyens mis en œuvre pour la réalisation des interventions aux exigences spécifiées, sont parfois insuffisantes dans leur efficacité. Enfin, le délai minimum de 4 mois pour la passation des commandes n’est pas toujours respecté, même si certains sites mettent en œuvre des dispositions pour tenir informées les entreprises prestataires, au moins oralement, du volume d’activité envisagé. 6I 1 I 3 Évaluer et analyser la radioprotection En 2011, l’ASN a mené vingt-neuf inspections spécifiques à la thématique radioprotection, dont cinq dans le cadre d’une inspection de revue qui portait sur la prise en compte de la radioprotection par les quatre centrales nucléaires situées en bord de Loire et sur l’interface entre ces centrales nucléaires et les services centraux d’EDF (voir graphiques 2, 3 et 4). Au vu des différents constats effectués par l’ASN lors de ces inspections et des analyses des événements significatifs concernant la radioprotection, l’ASN considère que les résultats du parc dans le domaine de la radioprotection se sont améliorés mais restent perfectibles. De manière générale, l’ASN considère que l’organisation définie et mise en œuvre sur les centrales nucléaires en matière de radioprotection est globalement satisfaisante. En particulier l’ASN constate d’une part que les opérations de radiographie industrielle sont bien préparées, et d’autre part que les efforts entrepris par EDF depuis 2010 pour relancer la démarche ALARA sur les sites ont été maintenus. Cependant, l’ASN note que la dosimétrie collective par réacteur a augmenté en 2011 à cause du nombre important de visites décennales de réacteurs. Or le volume d’activités de maintenance va rester important, voire augmenter ces prochaines années. Par conséquent, l’ASN considère qu’EDF doit accentuer, lors des futures campagnes d’arrêts de réacteurs, ses efforts pour poursuivre l’optimisation des dosimétries collectives et individuelles. Par ailleurs, l’ASN constate que le processus d’accès en zone rouge n’est pas encore parfaitement maîtrisé : des accès involontaires ou des défauts de condamnation de zones rouge sont encore observés. Enfin, l’ASN rappelle qu’EDF doit améliorer la qualité et la prise en compte des analyses de risques, la maîtrise de la

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