388 1I 1 Les usines de conversion, de traitement et d’enrichissement de l’uranium du Tricastin Afin de permettre la fabrication de combustibles utilisables dans les réacteurs, le minerai d’uranium doit subir un certain nombre de transformations chimiques, de la préparation du «yellow cake » jusqu’à la conversion en hexafluorure d’uranium (UF6), forme sous laquelle il est enrichi. Ces opérations se déroulent principalement sur le site du Tricastin, également connu sous le nom de site de Pierrelatte. Toutes les INB du site ont fait l’objet d’une évaluation complémentaire de sûreté (ECS) en 2011 à la suite de la décision de l’ASN du 5 mai 2011 (voir point 5). A la suite de l’examen de ces ECS par le Groupe permanent d’experts pour les laboratoires et les usines, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et l’ASN, cette dernière prendra des prescriptions relatives à la création d’un noyau dur de structures, systèmes et composants qui devront être renforcés au-delà du dimensionnement actuel, à l’évolution du référentiel d’exploitation, à la gestion de crise, à la réduction de l’ampleur d’un accident chimique ainsi qu’à des compléments aux ECS remises. 1I 1 I 1 L’installation TU5 et l’usine W de AREVA NC AREVA NC exploite sur le site de Pierrelatte : – l’installation TU5 (INB) de conversion de nitrate d’uranyle UO2(NO3)2 issu du retraitement de combustibles usés en sesquioxyde d’uranium U3O8; – l’usine W (ICPE dans le périmètre de l’INB) de conversion d’hexafluorure d’uranium UF6 appauvri en U3O8, composé solide permettant de garantir des conditions d’entreposage plus sûres et de valoriser l’acide fluorhydrique. L’installation TU5 peut mettre en œuvre jusqu’à 2000 tonnes d’uranium par an. L’uranium de retraitement est, pour une part, entreposé sur le site AREVA NC de Pierrelatte, l’autre part étant expédiée à l’étranger pour enrichissement et réutilisation dans le cycle du combustible. L’unité de recyclage des matières radioactives sèches a été mise en service en juin 2011, ce qui améliore la sûreté des entreposages. 1I 1 I 2 L’usine d’enrichissement par diffusion gazeuse EURODIF La séparation isotopique mise en œuvre dans l’usine GEORGES BESSE I (GBI) d’EURODIF est fondée sur le procédé de diffusion gazeuse. L’usine comporte 1 400 modules d’enrichissement en cascade, répartis en 70 groupes de 20 modules regroupés dans des locaux étanches. Le principe de l’enrichissement par voie gazeuse consiste à faire diffuser un grand nombre de fois l’UF6 gazeux à travers des parois poreuses appelées « barrières ». Ces barrières laissent passer de façon préférentielle l’isotope 235 de l’uranium contenu dans le gaz, augmentant ainsi, à chaque passage, la proportion de cet isotope fissile dans l’UF6. L’UF6 est introduit au centre de la cascade, le produit enrichi est soutiré à une extrémité et le résidu appauvri à l’autre extrémité. L’exploitant prévoit l’arrêt du fonctionnement de l’usine mi 2012. Les opérations de mise à l’arrêt définitif et de démantèlement devraient s’étendre sur une dizaine d’années. L’usine EURODIF sera remplacée par l’usine GEORGES BESSE II (GBII), dont le procédé d’enrichissement est basé sur l’ultracentrifugation. L’ASN analyse régulièrement les études engagées par l’exploitant sur les modalités d’arrêt d’EURODIF et a pris position sur les enjeux de sûreté liés à l’arrêt de l’usine par lettre du 23 avril 2010 adressée au directeur général de l’énergie et du climat (DGEC). Les opérations de démantèlement doivent être anticipées (inventaires, caractéristiques) au vu des masses de matériaux à récupérer – 150 000 tonnes d’acier pour les diffuseurs par exemple – afin d’optimiser les traitements, les démontages, le transport et les filières d’élimination. L’exploitant a déposé au premier trimestre 2011, une demande de modification de son décret d’autorisation de création correspondant aux opérations PRISME (Projet de rinçage intensif suivi de la mise à l’air EURODIF) qui consisteront à effectuer des opérations de rinçages répétés des barrières avec du trifluorure de chlore (ClF3) afin de récupérer la quasi totalité de l’uranium déposé et de permettre le recyclage du métal dans des filières nucléaires. Ces opérations ont donné lieu à une enquête publique du 19 décembre 2011 au 20 janvier 2012. Afin d’étayer techniquement sa demande de rinçage des cascades et d’optimiser l’ensemble des opérations, l’exploitant a réalisé, au cours de l’année 2011, après accord de l’ASN, plusieurs essais de mise sous air de différents groupes de diffusion. Les rendements ont été améliorés. À la suite des opérations PRISME, l’exploitant déposera une demande d’autorisation de mise à l’arrêt définitif et de démantèlement (MAD-DEM) de l’installation, procédure s’accompagnant également d’une enquête publique. 1 LES PRINCIPALES INSTALLATIONS EN ACTIVITÉ L’installation TU5 sur le site du Tricastin
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