Rapport annuel de l'ASN 2010

2⎮ 1 Les hommes, les organisations, la sûreté et la compétitivité La contribution de l’homme et des organisations à la maîtrise de la sûreté est déterminante, dans les installations en exploitation, mais aussi lors de la conception, de la construction et du démantèlement des installations. Veiller à ce que cette contribution aille toujours dans le sens de l’amélioration de la sûreté est d’autant plus important que la sûreté est toujours confrontée à d’autres considérations, telles que celles relatives à la compétitivité. 2I 1 I 1 Les travailleurs Entre 800 et 2000 hommes et femmes œuvrent chaque jour au fonctionnement d’une centrale nucléaire (le nombre variant en fonction du nombre de réacteurs de la centrale). Cet effectif est composé de personnels d’EDF et de prestataires permanents, qui se répartissent entre différentes catégories de travailleurs: – conduite: 50%; – maintenance: 20%; – administratifs et supports: 30%. À ceux-ci se rajoute un nombre important de prestataires et de sous-traitants qui participent à la maintenance et aux opérations spécifiques prévues lors des arrêts. Le nombre d’intervenants supplémentaires lors d’un arrêt peut aller de 300 à 2700 selon le type d’arrêt. Ces travailleurs sont exposés aux risques « classiques » communs à toutes les industries (travaux en hauteur, plain-pied, etc.) ainsi qu’aux risques liés à l’utilisation des rayonnements ionisants. Dans un réacteur électronucléaire, l’exposition aux rayonnements ionisants provient majoritairement des produits d’activation et dans de moindres proportions des produits de fission présents dans le combustible. Tous les types de rayonnements sont présents (neutrons, α, β et γ) et le risque d’exposition peut être externe et interne. Dans la pratique, plus de 90% des doses proviennent des expositions externes aux rayonnements β et γ. Les phénomènes d’érosion et de corrosion sont à l’origine de ces expositions, par la libération de matériaux ou espèces chimiques activées ou susceptibles de s’activer sous flux neutronique et véhiculées dans le circuit primaire. Ces mécanismes expliquent notamment la présence dans le circuit primaire de radio-isotopes du cobalt (Co) comme le 58Co et le 60Co responsables de 80% des doses reçues par exposition externe. Enfin, les doses reçues par les travailleurs sont, pour 80%, liées aux opérations de maintenance effectuées lors des arrêts de réacteurs. En 2010, ces doses sont réparties sur un effectif d’environ 45000 intervenants, comprenant les agents EDF, les prestataires ainsi que les sous-traitants, selon une distribution illustrée plus loin dans les graphiques 4, 5 et 6 (voir point 6⏐1⏐2). Le contrôle de l’application du droit du travail dans les centrales nucléaires est abordé au point 3⏐8. 2I 1 I 2 Contrôler les facteurs organisationnels et humains Pour l’ASN, l’ensemble des éléments de la situation de travail et de l’organisation qui ont une influence sur l’activité des personnes travaillant dans une installation telle qu’une centrale nucléaire constituent ce qu’on appelle les facteurs organisationnels et humains (FOH). Ces éléments concernent en particulier tout ce qui relève de l’organisation du travail, des acteurs (effectifs, compétences, motivation…), des procédures, des dispositifs techniques et de l’environnement de travail. Quel que soit le degré de prescription des activités à réaliser, les situations que ces personnes rencontrent sur le terrain varient sans cesse (un matériel qui ne réagit pas comme prévu, une activité de nuit, un collègue inexpérimenté, un degré d’urgence Inspection par l’ASN de la salle de commande lors de la visite décennale de la centrale nucléaire du Tricastin – Mai 2009 Mise en pratique de l’autocontrôle lors d’une séance d’entraînement sur un chantier école 314 2 LES GRANDS ENJEUX DE LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE ET DE LA RADIOPROTECTION

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