CHAPITRE LES CENTRALES ÉLECTRONUCLÉAIRES 12 (MDEP – Multinational Design Evaluation Programme, voir chapitre 7 point 2⏐4): – cinq réunions thématiques ont eu lieu en 2010 avec les pays membres du groupe du MDEP dédié à l’évaluation de la conception détaillée de l’EPR. L’IRSN y a participé également. Ces réunions ont concerné la radioprotection, les accidents graves, le contrôle-commande, les études probabilistes de sûreté, la modélisation des accidents et des transitoires. Le groupe plénier s’est également réuni deux fois, en mai et en novembre. Cette dernière réunion s’est tenue en Chine; – deux réunions ont eu lieu en 2010 du groupe du MDEP relatif aux codes techniques et standards; – deux réunions ont eu lieu en 2010 du groupe du MDEP relatif aux pratiques d’inspection des fournisseurs. L’ASN a également participé à une réunion fin septembre 2010 du groupe de travail de l’association WENRA relatif aux pratiques d’inspection et aux réunions de travail des 9 et 10 novembre 2010, à l’issue desquelles les membres de WENRA ont pris position sur les objectifs de sûreté des nouveaux réacteurs nucléaires (voir chapitre 7, point 2⏐1⏐5). Par ailleurs, au-delà de l’EPR, une base de données enregistrant les anomalies et écarts observés au cours des dernières constructions ou des constructions en cours a également été créée dans le cadre de l’AEN. Pour l’ASN, ces échanges internationaux sont un des moteurs de l’harmonisation des exigences de sûreté et des pratiques du contrôle. 2⎮ 5 Les réacteurs du futur: se préparer à prendre position sur la sûreté de la génération IV Le CEA mène depuis 2000, en partenariat avec EDF et AREVA, des réflexions sur les réacteurs de quatrième génération1 (« GEN IV ») notamment dans le cadre de coopérations internationales au sein du GIF « Generation IV International Forum». Ce forum est né en 2000 d’une initiative du Department of Energy des États-Unis et regroupe treize membres parmi lesquels sont représentés les organismes de recherche et les industriels des pays les plus nucléarisés du monde. Ce forum a pour objectif de mutualiser les efforts de R&D et de maintenir ouvert le choix des possibilités de développement industriel parmi les six filières sélectionnées suivantes: • RNR-Na ou SFR: réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium; • RNR-G ou GFR: réacteurs à neutrons rapides refroidis au gaz; • HTR/VHTR: réacteurs à neutrons thermiques, à haute (850°C) ou très haute (1000 °C) température, refroidis au gaz; • LFR: réacteurs à neutrons rapides refroidis au plomb; • MSR: réacteurs à neutrons thermiques à sels fondus; • SCWR: réacteurs à neutrons thermiques à eau supercritique. Pour ses promoteurs, le principal enjeu des réacteurs de quatrième génération est d’assurer un développement durable de l’énergie nucléaire en utilisant mieux les ressources, en minimisant les déchets (capacité d’incinérer du plutonium et d’en produire à partir de l’uranium 238, capacité à transmuter les actinides mineurs tels que l’américium et le curium) et en offrant une meilleure résistance face aux risques en matière de sécurité, de prolifération ou de terrorisme. Ces objectifs ont fait l’objet d’un large consensus au sein des membres du GIF. Le déploiement industriel des réacteurs de quatrième génération est envisagé en France à l’horizon 2040-2060. Il nécessite en préalable la réalisation d’un prototype dont l’échéance de mise en exploitation est fixée à 2020 par la loi du 28 juin 2006 relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs. Courant 2010, le CEA s’est engagé dans les études d’un prototype de réacteur à neutrons rapides à sodium (RNR-Na) – le projet ASTRID. Ce projet s’inscrit pour le CEA dans le cadre de la préparation des réacteurs de quatrième génération. Le CEA a également informé l’ASN qu’il maintenait des actions de recherche et développement sur la technologie réacteurs à neutrons rapides à gaz (RNR-G) avec en perspective le développement dans un contexte européen d’un réacteur expérimental de faible puissance (50-100 MWth) non électrogène (projet ALLEGRO). L’éventuelle mise en service de ce réacteur expérimental serait envisagée à l’horizon de 2025 – 2030. Participation de l’ASN au Consultancy Meeting de l’AIEA qui s’est tenu à Vienne (Autriche) du 29 juin au 2 juillet 2010 325 Schéma de principe d’un réacteur rapide à caloporteur sodium 1. On qualifie la « 4e génération » de réacteurs par opposition aux réacteurs immédiatement disponibles pour un renouvellement du parc dits de 3e génération (cette appellation faisant elle-même référence au fait que le parc installé constitue la seconde génération, par exemple en France les réacteurs à eau sous pression, ou REP, qui ont succédé aux réacteurs uranium naturel – graphite – gaz, ou UNGG, qui constituaient la première génération).
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