La prise en compte des FOH dans les activités d’exploitation L’ASN relève encore des insuffisances dans l’organisation et les moyens mis en place par les sites pour prendre en compte les facteurs humains: notes d’organisation obsolètes, consultants facteurs humains sans lettres de mission, absence de réseau local de correspondants dans les services métiers... L’ASN a constaté que des correspondants facteurs humains n’avaient reçu aucune des formations de base. Enfin, la coexistence sur un même site d’un réseau local facteurs humains avec d’autres réseaux locaux tels que la performance humaine, la démarche signaux faibles ou la conduite du changement peut induire de la confusion et nécessite un pilotage renforcé par les sites ou l’échelon national. L’ASN note les efforts importants engagés par EDF pour développer la mise en œuvre des pratiques de fiabilisation des interventions dans le cadre du projet national « performance humaine ». Des séances d’entraînement sont effectuées sur simulateur et sur chantier-école dans le cadre de la formation et du recyclage, dont certaines sur chantier-école sont ouvertes aux prestataires. Toutefois l’ASN constate encore des insuffisances dans l’utilisation de ces bonnes pratiques. L’ASN estime que les efforts engagés par EDF doivent être poursuivis. De manière générale, les managers renforcent leur présence sur le terrain. Mais les visites de terrain sont parfois plutôt réalisées dans la perspective de contrôler l’état des installations dans le cadre du projet « obtenir un état exemplaire des installations (OEEI) », que pour effectuer des observations de situations de travail dans le cadre du projet « performance humaine ». L’ASN a noté avec intérêt que certains sites associent ou prévoient d’associer des prestataires aux visites de terrain effectuées lors des arrêts de réacteur. L’ASN a noté sur un site que la démarche de détection de signaux faibles est ouverte à tous les agents. Mais globalement, les prestataires sont encore peu associés à l’émission et à la caractérisation des constats issus du terrain. Par ailleurs, l’organisation de la démarche signaux faibles repose beaucoup sur les chefs de service, qui ne disposent pas toujours du temps nécessaire pour développer cette démarche. Enfin, l’ASN constate que les constats effectués par les managers sur le terrain sont parfois insuffisamment critiques, l’exploitant doit veiller à maintenir une proportion des constats positifs et négatifs plus équilibrée. L’ergonomie – Les moyens et conditions de travail L’ASN note que des études d’ergonomie ont été effectuées en 2010 sur sites avec pour objectifs, soit de proposer des solutions d’amélioration à la suite d’événements, soit de contribuer à la conception et la mise en place de nouveaux matériels ou de nouveaux locaux comme par exemple l’aménagement de la salle du comité de pilotage des arrêts de tranche (COPAT). L’ASN relève encore en 2010 de nombreuses insuffisances liées à des défauts d’ergonomie qui concernent les documents opérationnels, mais aussi les matériels, les locaux, les interfaces hommes-machines: des matériels mal adaptés aux tâches à effectuer, des locaux exigus, des documents inappropriés, incomplets ou peu accessibles, des défauts de repérage, des indications difficiles à lire, ce qui conduit parfois à des événements significatifs. Ainsi, une erreur de lignage a conduit à la déclaration d’un événement significatif à la suite du recouvrement sous une couche de peinture de l’indication du sens de rotation d’une vanne à fonctionnement inversé par rapport aux autres vannes. Par ailleurs, si le projet OEEI contribue à une amélioration globale de l’étiquetage et de l’identification des materiels, l’ASN a constaté en 2010 que les travaux engagés dans le cadre de ce projet ont parfois conduit à la suppression d’étiquetages et d’indications qui n’ont pas été remis en place. L’ASN souligne que les défauts liés à l’ergonomie fragilisent d’autant plus l’activité des intervenants que ceux-ci sont soumis à des conditions de travail et de sérénité rendues difficiles par des contraintes liées à l’organisation du travail, à des modifications de planning et des problèmes de coordination des chantiers qui engendrent des retards ou des reports d’activités. L’analyse des causes FOH dans le retour d’expérience des réacteurs en exploitation Les consultants facteurs humains sont globalement intégrés au processus d’analyse du retour d’expérience, mais de façon variable selon les sites. Ils interviennent parfois en appui auprès des métiers, le plus souvent à leur demande, pour aider à analyser sous l’angle facteurs humains un événement. Il serait souhaitable que les consultants facteurs humains soient plus systématiquement consultés par la direction des sites. Lorsqu’ils existent, les réseaux de correspondants facteurs humains dans les services métier sont impliqués dans l’analyse des événements, mais leur professionnalisation mérite parfois d’être suivie avec plus de rigueur. Les compétences et habilitations L’organisation en place sur les sites pour gérer les compétences et les habilitations paraît satisfaisante, les processus de gestion sont bien documentés et cohérents. Des insuffisances sont relevées par l’ASN lors des inspections: des entretiens annuels non effectués, des managers qui ne font pas systématiquement l’observation en situation de travail nécessaire à l’évaluation des compétences et au renouvellement des habilitations, une application informatique qui permet de tracer le suivi des « gestes rares » mais qui n’est pas à jour et est peu exploitée. Les gestions prévisionnelles des emplois et des compétences (GPEC) permettent d’anticiper le renouvellement des compétences de façon globalement satisfaisante. Toutefois, l’ASN a relevé un cas de défaut d’anticipation du départ massif de préparateurs à la retraite dans le service maintenance d’un site. De manière générale, les programmes de formation sont mis en œuvre de façon satisfaisante, et le déploiement des académies de métiers est souligné comme un point fort pour la formation des nouveaux arrivants sur sites. Toutefois des écarts sont encore fréquemment relevés lors d’inspections ou à la suite d’événements significatifs, en particulier dans les domaines de la radioprotection et de la protection de l’environnement: prestataires peu ou pas sensibilisés à la protection de l’environnement, manques et lacunes de formation des chargés de surveillance des prestataires. L’ASN a relevé des non-qualité de maintenance ayant pour origine des défauts de compétence. L’ASN relève en 2010 sur certains sites des effectifs insuffisants d’instructeurs sur simulateur. L’ASN estime que la proportion d’instructeurs 354
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