380 L’examen par l’ASN de ces événements et leur gestion par les exploitants permettent notamment d’identifier: – les événements récurrents sur une même installation; – les événements nécessitant un retour d’expérience vers d’autres installations pour confirmer ou infirmer leur caractère générique, c’est-à-dire affectant ou susceptible d’affecter plusieurs installations d’un ou plusieurs exploitants. Après deux années de forte hausse du nombre d’événements significatifs déclarés, on note une baisse en particulier dans les installations amont du cycle, les laboratoires de recherche et les installations en démantèlement. Ces évolutions feront l’objet d’une analyse approfondie de l’ASN en 2011. L’année 2010 a été marquée par le reclassement au niveau 2 de l’échelle INES d’un incident de contamination de personne survenu fin 2009 dans l’atelier MAU (moyenne activité uranium) de l’installation UP2 400 du site de La Hague. L’année 2010 a été également marquée par les suites de l’événement significatif survenu à Cadarache au sein de l’ATPu (Atelier de Technologie du Plutonium), et déclaré le 6 octobre 2009 (voir chapitre 3⏐4⏐4). Cet événement a conduit l’ASN à émettre des demandes génériques auprès des exploitants, dont l’objectif principal était qu’ils vérifient les quantités de matières fissiles2 réellement présentes dans leurs installations. Les résultats de ces premières vérifications ont été présentés au Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sûreté nucléaire fin avril 2010. Ces vérifications n’étant pas complètes, l’ASN a demandé des compléments aux exploitants en mai 2010, portant principalement sur des vérifications à faire dans des circuits peu accessibles, comme les conduits de ventilation ou les réseaux d’effluents liquides. Les résultats de ces nouvelles vérifications sont en cours de transmission. S’agissant des inspections menées au cours de l’année 2010 dans les installations du groupe AREVA, elles ont montré que les événements détectés, quand ils le sont, continuent à ne pas être suffisamment exploités. L’ASN a observé que si les situations anormales sont correctement détectées, l’analyse qui en est faite ne conduit pas toujours les exploitants du groupe AREVA à avoir une vision partagée des problématiques de sûreté qui se posent dans les différentes installations et à en Graphique 1: évolution du nombre d’événements significatifs dans les installations du cycle du combustible depuis 2001 Contamination interne d’un salarié d’une entreprise sous-traitante Le 19 novembre 2009, un salarié d’une entreprise sous-traitante avait été contaminé notamment par du plutonium lors d’une opération de dépoussiérage d’une cellule dans l’atelier MAU. Alors qu’il était en train d’intervenir équipé d’une tenue étanche ventilée, sa main droite a heurté un fil métallique servant à maintenir une étiquette d’identification d’une tuyauterie présente dans la cellule. Le fil métallique a percé les gants de protection du salarié et l’a piqué, ce qui a entraîné sa contamination interne. L’exploitant a mené une analyse détaillée de l’incident qui a été examinée par l’ASN. L’exploitant a suspendu temporairement ce type d’opération d’assainissement dans l’atelier pour redéfinir les conditions de travail et améliorer les conditions d’utilisation des équipements de protection individuelle. Les résultats des examens complémentaires périodiques pratiqués sur le salarié contaminé ont conduit à évaluer la dose engagée sur 50 ans entre 20 mSv et 100 mSv. Le calcul de cette dose a été réalisé par les médecins du travail et a été confirmé par l’IRSN. Aucune pathologie n’a, à ce jour, été observée pour ce niveau d’exposition. À NOTER 2.Les matières fissiles sont les matières qui permettent d’obtenir une réaction nucléaire, comme celle qui est utilisée dans les réacteurs nucléaires pour produire de l’électricité.
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