Rapport annuel de l'ASN 2011

267 CHAPITRE LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS 9 protections radiologiques adaptées à l’activité maximale des sources radioactives implantées (chambres radioprotégées) où le patient demeure durant son traitement (sauf pour la curiethérapie de la prostate par grains d’iode 125 et la curiethérapie ophtalmique). Les techniques de curiethérapie endocavitaire (à l’intérieur de cavités naturelles) utilisent soit des fils d’iridium 192 soit des sources de césium 137. Dans les deux cas, les sources restent en place sur le patient durant toute la durée de son hospitalisation. Pour le traitement des cancers de la prostate, des sources d’iode 125 sont utilisées. Ces sources, de 4,5 mm de long et 0,8 mm de diamètre, sont mises en place de façon permanente dans la prostate du patient. Elles ont une activité unitaire comprise entre 10 et 30 MBq et un traitement nécessite environ une centaine de grains représentant une activité totale de 1 à 2 GBq. La curiethérapie à bas débit de dose nécessite de disposer aussi des locaux suivants : – une salle d’application, le plus souvent un bloc opératoire où les tubes vecteurs (non radioactifs) des sources sont mis en place dans le patient et leur bon positionnement contrôlé par des clichés radiologiques ou acquisitions scanographiques ; – un local de stockage et de préparation des sources radioactives. La curiethérapie de bas débit de dose au moyen de sources d’192Ir et de sources de 137Cs est en voie de disparition. La technique utilisant les sources d’125I (curiethérapie prostatique et ophtalmique) est en plein développement. • La curiethérapie à débit de dose pulsé (ou Pulsed DoseRate, PDR) : – délivre des débits de dose compris entre 2 et 12 Gy/h ; – au moyen de sources d’192Ir sous forme d’une source de 3,5 mm de long, de 1 mm de diamètre et d’activité maximale de 18,5 GBq, mise en œuvre avec un projecteur de source spécifique. Cette technique nécessite l’hospitalisation du patient durant plusieurs jours, dans des chambres ayant des protections radiologiques adaptées à l’activité maximale de la source radioactive utilisée. Cette technique repose sur l’utilisation d’une seule source radioactive, qui délivre plusieurs « pulses » : la source se déplace pas à pas dans chaque vecteur de l’application, s’arrête dans des positions prédéterminées pendant des temps prédéterminés (les différents paramètres étant ajustés lors de la planification de traitement). Les doses délivrées sont identiques à celles de la curiethérapie bas débit mais délivrées par séquence de 5 à 20 minutes, voire 50 minutes, toutes les heures pendant la durée du traitement prévu, d’où la dénomination de curiethérapie pulsée. La curiethérapie pulsée présente des avantages en termes de radioprotection : – pas de manipulation des sources ; – pas d’irradiation continue permettant ainsi la réalisation des soins aux patients sans irradiation du personnel ou interruption du traitement. Par contre, il est nécessaire de prévoir les situations accidentelles liées au fonctionnement du projecteur de source et au débit de dose élevé délivré par les sources utilisées. • La curiethérapie à haut débit de dose (ou High Dose-Rate, HDR) : – délivre des débits de dose supérieurs à 12 Gy/h; – au moyen de sources d’192Ir sous forme d’une source de 3,5 mm de long, de 1 mm de diamètre et d’activité maximale de 370 GBq, mise en œuvre avec un projecteur de source spécifique. Cette technique ne nécessite pas d’hospitalisation du patient dans une chambre radioprotégée et est réalisée en ambulatoire dans un local dont la configuration s’apparente à une salle de radiothérapie externe. Réalisés à l’aide d’un projecteur contenant la source d’192Ir, les traitements sont délivrés en une ou plusieurs séances de quelques minutes, réparties sur plusieurs semaines. La curiethérapie à haut débit de dose est utilisée principalement pour le traitement des cancers gynécologiques mais aussi de l’œsophage et des bronches. Cette technique se développe pour le traitement des cancers de la prostate, le plus souvent en association avec un traitement par radiothérapie externe. 3I 1 I 3 Les nouvelles techniques de radiothérapie En complément des méthodes conventionnelles d’irradiation des tumeurs, de nouvelles techniques appelées tomothérapie et radiothérapie « robotisée » sont mises en œuvre en France depuis le début de l’année 2007. La tomothérapie permet de réaliser des irradiations en combinant la rotation continue d’un accélérateur d’électrons au déplacement longitudinal du patient en cours d’irradiation. La technique utilisée se rapproche du principe des acquisitions hélicoïdales réalisées en scanographie. Un faisceau de photons de 6 MV à 8 Gy/min, mis en forme par un collimateur multilames permettant de réaliser une modulation de l’intensité du rayonnement, va permettre de réaliser des irradiations aussi Accélérateur linéaire pour IMRT et traitements spécialisés

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