Rapport annuel de l'ASN 2011

274 sont intéressantes car elles témoignent de signes précurseurs à un événement susceptible de conséquence plus importante. A noter que certains événements déclarés relèvent de critères multiples de déclaration : il s’agit d’exposition de patient associée à une perte de contrôle de la source de traitement ou bien d’exposition ou de contamination d’un travailleur associée à la dispersion de radionucléides. Un événement relatif à la perte de contrôle d’une source et à l’exposition d’un patient a fait l’objet d’un avis d’incident classé au niveau 1 de l’échelle INES et, provisoirement, au niveau 2 de l’échelle ASN-SFRO (voir encadré). En synthèse : Depuis 2008, le signalement des événements significatifs en radioprotection dans le domaine médical est en progression pour atteindre, fin 2011, 470 déclarations annuelles (soit en moyenne 39 déclarations par mois). La démarche de la déclaration des ESR en radiothérapie est la plus significative et représente plus de la moitié des déclarations. Le nombre de centres n’ayant jamais fait de déclaration est en baisse et le nombre de déclarations est stationnaire depuis 2010. La déclaration des ESR est en nette progression dans le domaine de la médecine nucléaire et les déclarations relatives à l’identitovigilance ont doublé en deux ans. Le nombre de déclarations d’exposition au fœtus est croissant, il a doublé dans le domaine de la radiologie utilisant le scanner. Les événements significatifs en radioprotection concernant la radiologie interventionnelle sont peu nombreux, eu égard aux actes de radiologie particulièrement dosants pour le patient et pour l’opérateur. 5I 3 L’état de la radioprotection en radiothérapie La radiothérapie Depuis 2007, la sécurité des soins en radiothérapie constitue un domaine prioritaire de contrôle de l’ASN donnant lieu chaque année à une inspection de chaque centre. De plus, l’ASN participe activement aux travaux du comité national de suivi des actions en radiothérapie piloté par l’INCa. Dans ce cadre, ont été présentées en 2011 les actions complémentaires à insérer dans la feuille de route de radiothérapie résultant des conclusions de la Conférence internationale sur la radioprotection des patients, organisée par l’ASN à Versailles en décembre 2009. Plus particulièrement, l’ASN souhaite que, dans le cadre de la recherche, soit défini un test de radiosensibilité (voir chapitre 1) pour les patients - cette demande a également été portée devant la Commission européenne – et qu’il soit procédé à une évaluation bénéfice/risque des nouvelles pratiques de radiothérapie, en associant les utilisateurs. La radiothérapie en conditions stéréotaxiques Après l’accident de radiothérapie survenu au centre hospitalier de Rangueil (Toulouse) entre avril 2006 et avril 2007, en complément de l’avis émis en 2009 sur la mesure de la dose Événement déclaré par l’Institut Claudius Regaud (Toulouse, septembre 2011) En septembre 2011, l’ASN a été informée de la découverte d’un fragment de fil d’iridium 192 dans des déchets d’origine médicale, après le déclenchement d’un portique de détection à l’entrée d’un centre de traitement de déchets. L’analyse de l’événement montre que des causes organisationnelles et humaines ont conduit à la perte de contrôle du fragment d’un fil d’iridium qui est demeuré en place, plusieurs mois, chez un patient, après le retrait des fils utilisés au cours d’un traitement par curiethérapie interstitielle. Après consultation du patient dans une clinique de la région, le fragment de fil a été retiré par un chirurgien qui ignorait sa nature radioactive. Le déchet a été évacué vers une filière de déchets d’activités de soins à risques infectieux. Le patient a reçu une dose significative supérieure à celle prescrite, ce qui a conduit à classer provisoirement l’événement au niveau 2 de l’échelle ASN-SFRO. Par ailleurs, la perte de contrôle de la source classe également l’événement au niveau 1 de l’échelle INES. L’ASN a réalisé une inspection après cet événement et a demandé à l’Institut Claudius Regaud de faire procéder au retrait des fils d’iridium en présence d’un médecin radiothérapeute, de respecter les procédures de contrôles du nombre et de la longueur des fils utilisés lors des traitements et de contrôler avec un instrument de mesure l’absence de source radioactive sur le patient, avant sa sortie du service de soins. L’ASN et l’Agence régionale de santé (ARS) mènent des investigations sur le défaut de transmission de l’information relative au patient au chirurgien qui a pratiqué la biopsie. Une expertise sur l’évaluation de la dose reçue par le patient et les conséquences attendues a été demandée à l’IRSN dont les résultats pourront valider ou faire évoluer le critère de classement. À NOTER EN 2011

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