Rapport annuel de l'ASN 2011

Des difficultés d’ordre méthodologique et organisationnel persistent pour les PCR, lesquelles n’ont pas toujours les moyens ni le positionnement leur permettant de remplir pleinement leurs missions. 5I 6 I 2 La radioprotection des patients en radiologie interventionnelle Comme pour la radioprotection des travailleurs, la situation en matière de radioprotection des patients apparaît meilleure dans les installations fixes que dans les blocs opératoires, notamment en ce qui concerne l’adaptation de l’appareil de radiologie aux gestes médicaux pratiqués. Globalement, les inspections révèlent l’application incomplète du principe d’optimisation des doses, principalement due à une insuffisance de formation des opérateurs, tant à la radioprotection des patients qu’à l’utilisation des appareils de radiologie, à un manque de PSRPM mais également de matériels adaptés. L’absence de protocoles radiologiques pour la majorité des actes réalisés au bloc opératoire et une connaissance imparfaite des doses émises au cours des procédures concourent à la non-application du principe d’optimisation et engendrent des situations potentiellement à risque. 5I 6 I 3 Synthèse L’ASN estime qu’il devient urgent de prendre des mesures pour améliorer la radioprotection des patients et des travailleurs en radiologie interventionnelle, en particulier pour les actes interventionnels radioguidés réalisés dans les blocs opératoires. Si, pour certains aspects (effectifs en radiophysiciens, formation des utilisateurs, assurance qualité, audit des pratiques professionnelles), les propositions rejoignent celles de l’imagerie médicale, des actions spécifiques aux pratiques interventionnelles sont nécessaires. Il convient d’augmenter la disponibilité des PCR et des moyens qui leur sont alloués pour combler les insuffisances constatées notamment dans les domaines de l’évaluation des risques, de l’analyse des postes de travail, du port des équipements de protection individuelle et des dosimètres, en particulier pour le suivi des doses aux extrémités ou aux cristallins de l’opérateur. L’ASN estime également nécessaire qu’une initiative soit prise en direction des responsables des établissements de soins, publics et privés, et notamment des directeurs de CHU et CHR, en soulignant les risques spécifiques liés aux procédures interventionnelles pour les patients et les professionnels et en leur rappelant leurs obligations réglementaires en tant qu’employeurs. Cette initiative devrait être accompagnée de recommandations concourant à une amélioration de la radioprotection dans ce domaine et, en particulier, d’une incitation forte pour doter les équipements existants de dispositifs permettant d’estimer la dose de rayonnements émise au cours des procédures radiologiques, lorsque ceux-ci en sont dépourvus. A cet effet, l’ASN, en concertation avec les directions concernées du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé, a adressé, en novembre 2011, un courrier aux directeurs généraux des ARS dressant un état des lieux de la radioprotection en milieu médical. Ce courrier souligne, à cette occasion, les améliorations qui semblent nécessaires concernant la radioprotection des patients et des personnels de santé, notamment sur le plan des ressources humaines. Par ailleurs, l’ASN a invité les sociétés savantes et les organisations professionnelles représentant les radiologues ainsi que les praticiens non radiologues (cardiologues interventionnels, chirurgiens vasculaires, neurochirurgiens, orthopédistes, etc.) qui réalisent des actes de radiologie interventionnelle, à intensifier leurs efforts en matière de formation et d’élaboration de guides de bonnes pratiques. Les actions identifiées par l’ASN ont été transmises aux différentes parties prenantes (autorités sanitaires, professionnels de la santé). Du fait des insuffisances constatées en radioprotection dans le domaine de la radiologie interventionnelle, l’ASN maintient le contrôle de la radiologie interventionnelle en priorité nationale dans son programme d’inspection 2012. 278 Conférence de presse à l’occasion de la parution du numéro 192 de Contrôle consacré à l’imagerie médicale

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