329 CHAPITRE LES CENTRALES ÉLECTRONUCLÉAIRES 12 Les éléments considérés relèvent de l’individu et de l’organisation du travail dans laquelle il s’inscrit, des dispositifs techniques, et plus largement de l’environnement de travail (par ex., l’ambiance thermique, sonore ou lumineuse du poste de travail, les collectifs de travail), avec lesquels l’individu interagit. La variabilité des caractéristiques des travailleurs (par ex., la vigilance qui diffère en fonction du moment de la journée, le niveau d’expertise qui varie selon l’ancienneté au poste) et des situations rencontrées (par ex., une panne imprévue, des tensions sociales) explique qu’ils aient perpétuellement à adapter leurs modes opératoires pour la réalisation de leur travail de manière performante. Cette performance doit être atteinte à un coût acceptable pour les opérateurs (par ex., en termes de fatigue, de stress) et leur apporter des bénéfices (par ex., le sentiment du travail bien fait, la reconnaissance par les pairs et la hiérarchie, le développement de nouvelles compétences). En effet, la performance ne reflète pas le coût humain et une situation d’exploitation obtenue au prix d’un coût très élevé pour les opérateurs est un gisement de risques : une petite variation du contexte de travail, du collectif ou de l’organisation du travail, peut suffire à diminuer la performance. Les domaines d’intégration des FOH L’ASN attend une intégration des FOH adaptée aux enjeux de sûreté identifiés par l’exploitant, dans les domaines d’activités suivants : – les activités d’ingénierie, lors de la conception d’une nouvelle installation ou de la modification d’une installation existante ; – les activités effectuées pour l’exploitation des centrales existantes, pendant toute la durée de leur exploitation ; – les activités de constitution du retour d’expérience de la conception, de la construction et de l’exploitation des réacteurs, en particulier l’analyse des causes FOH des événements significatifs pour la sûreté, la radioprotection ou la protection de l’environnement et les enseignements à en tirer. Les exigences de l’ASN L’arrêté du 10 août 1984 (voir point 3 2 1 du chapitre 3) prévoit les dispositions à mettre en œuvre par l’exploitant pour définir, obtenir et maintenir la qualité de son installation et des conditions de son exploitation. Ces dispositions concernent, en particulier, l’organisation que l’exploitant doit mettre en place pour assurer la maîtrise des activités concernées par la qualité. L’ASN demande à l’exploitant de mettre en place un système de management de la sûreté qui permette le maintien et l’amélioration continue de la sûreté, à travers, notamment, le développement d’une culture de sûreté. L’ASN considère que le management de la sûreté doit s’intégrer dans le système de management général de l’entreprise, afin de garantir la priorité donnée à la sûreté ainsi qu’aux autres intérêts protégés par la loi TSN, tels que la radioprotection et la protection de l’environnement. En outre, la maîtrise de la sûreté repose sur la capacité de l’exploitant à s’assurer que des compétences appropriées et des ressources suffisantes sont disponibles. L’article 7 de l’arrêté du 10 août 1984 prescrit notamment que : « seules des personnes possédant la compétence requise peuvent être affectées à une activité concernée par la qualité ». L’habilitation, délivrée par l’exploitant, garantit la capacité d’un individu à exercer des activités données. L’ASN considère que l’habilitation doit reposer sur la justification des compétences à mettre en œuvre dans l’exercice du métier, à travers la formation et l’expérience professionnelle. Le contrôle de l’ASN Le contrôle de l’ASN en matière de FOH s’appuie principalement sur les inspections qui portent sur les actions entreprises par l’exploitant pour améliorer l’intégration des FOH dans toutes les phases du cycle de vie d’une centrale nucléaire. Les inspections effectuées par l’ASN s’intéressent à l’activité de travail des opérateurs, mais aussi aux conditions d’exercice et aux moyens mis à leur disposition pour l’effectuer. Plus précisément, la qualité et la mise en œuvre du système de gestion des emplois, des compétences, de la formation et des habilitations d’EDF sont contrôlées. Il en est de même pour les moyens, compétences et la méthodologie engagés pour la mise en œuvre de la démarche FOH. Enfin, l’ASN contrôle le système de management de la sûreté d’EDF, qui doit apporter un cadre et un support aux décisions et actions qui concernent, directement ou par effet induit, des enjeux de sûreté. En plus des inspections, le contrôle de l’ASN s’appuie sur les évaluations faites à sa demande par l’IRSN et le Groupe permanent d’experts pour les réacteurs nucléaires (GPR). Par exemple, l’avis du GPR sera sollicité sur la thématique du management de la sureté et de la radioprotection lors des arrêts de réacteur. Manipulation au centre de formation et d’exercices pour les opérateurs sur centrales nucléaires (CETIC) à Chalon-sur-Saône
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