Rapport annuel de l'ASN 2011

340 2. Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration actinides mineurs tels que l’américium et le curium) et en offrant une meilleure résistance face aux risques en matière de sécurité, de prolifération ou de terrorisme. Ces objectifs ont fait l’objet d’un large consensus au sein des membres du GIF. Le déploiement industriel des réacteurs de quatrième génération est envisagé en France au plus tôt au milieu du siècle. Il nécessite en préalable la réalisation d’un prototype dont l’échéance de mise en exploitation est fixée à 2020 par la loi du 28 juin 2006 relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs. Dans cette perspective à la fois de moyen et de long terme, l’ASN souhaite suivre, à un stade très en amont de la procédure réglementaire, le développement de la quatrième génération de réacteurs par les industriels français et les perspectives de sûreté associées, à l’instar de ce qui a été réalisé pour le développement d’EPR, afin de se mettre en position de définir, le moment venu, les objectifs de sûreté à atteindre pour ces futurs réacteurs. L’ASN souligne l’importance qu’elle accorde à la justification du point de vue de la sûreté du choix d’une filière par rapport aux autres retenues par le GIF. Dans ce contexte et sur la base des documents transmis par le CEA, AREVA et EDF en 2009 et 2010 à sa demande, l’ASN a sollicité en 2011 le groupe permanent d’experts en charge des réacteurs nucléaires (GPR), ainsi que ceux en charge des usines (GPU) et des déchets (GPD), afin d’obtenir leur avis sur : – le panorama des différentes technologies de réacteurs envisagées pour la quatrième génération de réacteurs, notamment vis-à-vis des perspectives de renforcement de la protection des intérêts mentionnés au I de l’article 28 de la loi TSN, par rapport aux réacteurs de troisième génération de type EPR, et des possibilités de séparation et de transmutation des éléments radioactifs à vie longue mentionnées par la loi de programme relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs du 28 juin 2006. Cette étape vise à présenter les avantages et inconvénients de chacune technologie précitée compte tenu de leur état actuel de développement ; – le retour d’expérience des RNR-Na (notamment Phénix et Superphénix) et du cycle du combustible associé à cette filière, ainsi que les orientations des actions de R&D de cette filière si des réacteurs RNR-Na devaient à nouveau être exploités en France. En parallèle, le CEA s’est engagé en 2010 dans les études d’un prototype de réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium (RNR-Na) : le projet ASTRID2. Ce projet s’inscrit, pour le CEA, dans le cadre de la préparation des réacteurs de quatrième génération. Des réunions techniques entre l’ASN, l’IRSN et le CEA se sont tenues en 2011. Ces réunions interviennent en amont de l’envoi d’un dossier d’orientations de sûreté, qui devrait selon le CEA être transmis en 2012, et du dossier d’options de sûreté (DOS), qui sera selon le CEA rédigé en 2014 au moment de la pré-conception de l’installation, soit bien en amont du dépôt de la demande d’autorisation de création de l’INB. Elles ont notamment vocation à vérifier, dès le début du projet, que les enjeux de sûreté sont correctement pris en compte. 2I 6 S’appuyer sur la recherche en sûreté nucléaire et en radioprotection La recherche fondamentale et appliquée est l’une des clés du progrès de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, à plusieurs titres : – le développement et la validation de solutions techniques innovantes permettent l’émergence de produits ou de procédés nouveaux pour l’exploitation et la maintenance ; ces solutions remplacent des techniques ou des modes d’intervention offrant un degré de protection moindre ; – certains travaux de recherche visent à mieux connaître les risques, notamment pour ce qui concerne les accidents graves, ce qui permet de mieux orienter les mesures de protection, voire de mettre en lumière des risques jusque-là mal évalués : c’est par exemple le cas des expériences sur l’interaction corium-béton, les phénomènes d’explosion de vapeur ou d’hydrogène ou des études de comportements individuels ou collectifs dans des situations de stress, permettant de mieux apprécier le rôle des facteurs organisationnels et humains ; – la recherche permet de développer des compétences pointues dans le domaine de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, contribuant ainsi à la formation d’un vivier de spécialistes. La recherche en sûreté nucléaire et en radioprotection nécessite fréquemment le recours à la modélisation de systèmes complexes (les installations, les phénomènes physico-chimiques mis en jeu…) : le développement de codes de calculs de plus en plus perfectionnés et faisant appel à des ressources informatiques toujours croissantes et en constante évolution doit être maîtrisé, depuis l’expression des besoins jusqu’à la validation de l’outil. L’ASN est attentive à cette phase de validation, afin que les démonstrations de l’exploitant ou l’expertise des appuis techniques soient fondées sur des méthodes ou des résultats scientifiquement éprouvés. Schéma de principe d’un réacteur rapide à caloporteur sodium

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