365 CHAPITRE LES CENTRALES ÉLECTRONUCLÉAIRES 12 Réacteurs en exploitation 6I 1 Évaluer les services centraux et les performances globales des centrales nucléaires L’appréciation générale qui suit résume de manière thématique l’évaluation par l’ASN des services centraux et des performances des centrales nucléaires du parc d’EDF en matière de sûreté, de radioprotection et d’environnement. Cette évaluation est elle-même construite sur les résultats des contrôles réalisés par l’ASN en 2011, en particulier à travers les inspections, le suivi des arrêts de réacteur et l’analyse du traitement des événements significatifs par EDF, ainsi que sur la connaissance par les inspecteurs des sites qu’ils contrôlent. En 2011, l’ASN a réalisé 493 inspections dans les centrales nucléaires en exploitation et dans les services centraux d’EDF. L’appréciation générale représente le point de vue de l’ASN sur l’année 2011 et contribue à orienter les actions de contrôle de l’ASN en 2012. 6I 1 I 1 Évaluer la sûreté nucléaire L’exploitation des réacteurs Les documents nécessaires à l’exploitation sont, dans leur ensemble, correctement gérés. Ils couvrent les différentes phases d’exploitation et représentent bien l’état réel de l’installation. Les écarts de déclinaison des règles d’essais périodiques sont moins nombreux que les années précédentes. La gestion des formations et habilitations du personnel d’exploitation est globalement satisfaisante. Toutefois, des améliorations, relatives à la formation des équipes de conduite, sont attendues. L’amélioration de la rigueur de l’exploitation reste une priorité forte pour EDF. Toutefois, l’ASN a noté une légère détérioration dans ce domaine en 2011. L’ASN considère que les efforts faits sur ce point depuis quelques années doivent être poursuivis. Des efforts ont été perpétués par EDF en 2011 sur l’identification, la gestion et la résorption des « dispositifs et moyens particuliers » et des modifications temporaires présents depuis plusieurs années sur les réacteurs. Ces efforts doivent être poursuivis. En revanche, cette année encore, la préparation des interventions d’exploitation reste un point faible. Même si l’ASN note les effets bénéfiques de la mise en œuvre des pratiques de fiabilisation, celles-ci restent encore insuffisamment utilisées, et l’encadrement des équipes de conduite ne dispose pas du temps nécessaire pour assurer correctement ses missions, notamment lors des arrêts de réacteur. De même qu’en 2010, la supervision des opérateurs en salle de commande doit être améliorée afin de pouvoir détecter dans les plus brefs délais tout dysfonctionnement. Les interfaces entre l’exploitation et les métiers de maintenance ou d’essai sont souvent à l’origine d’écarts, à la suite d’un défaut de communication ou d’une mauvaise compréhension. Des actions d’amélioration doivent être identifiées et mises en œuvre sur ce sujet. Tout comme en 2010, l’ASN a noté quelques progrès dans la gestion des consignations de matériel, mais de nombreux écarts subsistent en 2011 dans ce domaine, ainsi qu’en matière de lignage de circuits. La rigueur et le contrôle apportés à ces opérations ne sont pas suffisants. Enfin, l’application rigoureuse des référentiels d’exploitation et la gestion des consignes temporaires d’exploitation se dégradent et doivent donc faire l’objet d’améliorations. Les situations d’urgence et l’incendie L’ASN considère qu’EDF traite de manière satisfaisante la gestion des situations d’urgence. Les relations entre l’ASN et le niveau national d’EDF ont été renforcées ces dernières années, notamment par des réunions et des échanges sur le nouveau référentiel relatif aux plans d’urgence interne (PUI) d’EDF. Ces nouveaux PUI sont en cours de déploiement sur les sites avec pour objectif de les mettre en œuvre sur tous les sites le 15 novembre 2012. Au cours de l’année 2011, les inspections menées sur le thème de la gestion de crise ont montré que l’organisation mise en œuvre par les sites dans le cadre du PUI est satisfaisante. Toutefois, les sites doivent améliorer un certain nombre de points dont la gestion des locaux de repli et certaines conventions passées avec des organismes extérieurs. Même si quelques améliorations ont pu être constatées en 2011, l’ASN considère que l’organisation de crise en cas de relâchement d’ammoniac, mise en place sur les sites disposant d’une installation de traitement à la monochloramine, n’est toujours pas satisfaisante et n’est pas opérationnelle pour la plupart des sites concernés. Au travers des inspections de l’année 2011, l’ASN a noté globalement des progrès dans le domaine de la lutte contre l’incendie, même si des hétérogénéités subsistent d’un site à l’autre. En revanche, la situation ne s’est pas améliorée en ce qui concerne la gestion des charges calorifiques et la conformité de la sectorisation incendie. À ce titre, l’ASN considère que les anomalies affectant la disponibilité de certains clapets coupe-feu (dispositifs d’isolement participant au compartimentage des bâtiments en cas d’incendie) doivent être corrigées. Des efforts restent par ailleurs à poursuivre concernant l’élaboration et la mise en œuvre des permis de feu. Enfin, l’ASN reste attentive au déploiement sur les sites des actions correctives ou d’améliorations consécutives au retour d’expérience des feux de transformateurs de 2010 et 2011. Les activités de maintenance En matière de maintenance, l’ASN constate qu’EDF n’a, par le passé, pas suffisamment anticipé certaines problématiques ni pris suffisamment en compte le retour d’expérience 6 LES APPRÉCIATIONS
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