366 international, ce qui a conduit EDF à revoir sa stratégie orientée désormais vers des actions préventives, par exemple sur les générateurs de vapeur avec les opérations de nettoyage chimique préventif et la politique de remplacement des générateurs de vapeur. Toutefois, l’ASN constate que cette anticipation n’est pas déployée sur l’ensemble des problématiques. L’ASN note en effet que les zones en alliage de type Inconel 600 sont sensibles à certains phénomènes de corrosion (voir point 3 4 2), ces dégradations étant observées depuis plusieurs années. Pourtant, EDF n’a pas réellement anticipé l’apparition de tels défauts sur les pénétrations de fond de cuve constituées du même matériau. À ce jour, EDF ne dispose donc toujours pas d’un procédé permettant la réparation ou le remplacement de ces pénétrations qui soit qualifié et accepté par l’ASN (voir point 5 7). En ce qui concerne la mise en œuvre de la politique de maintenance sur les sites, l’ASN considère qu’EDF doit veiller à disposer des moyens humains et matériels suffisants. En ce qui concerne la mise en œuvre des méthodes de maintenance par les sites, l’ASN considère que la situation d’EDF est perfectible, et des constats récurrents demeurent : – le référentiel de maintenance est en évolution permanente sous diverses formes. Cette complexité renforce les retards persistants d’intégration constatés sur l’ensemble du parc et tend à disperser les exigences ; – la qualité des analyses de risques dans la préparation des interventions de maintenance reste insatisfaisante. Elle doit être significativement améliorée par la quasi totalité des sites. La gestion des pièces de rechange doit également être améliorée ; – enfin, la qualité de réalisation des interventions de maintenance passe également par une meilleure appréhension du facteur humain lors de la préparation de ces interventions. L’état des matériels Les programmes de maintenance et de remplacement des matériels, la démarche de réexamen de sûreté ainsi que la correction des anomalies de conformité identifiées contribuent à maintenir les matériels des centrales nucléaires dans un état globalement satisfaisant. Cependant, l’ASN estime qu’EDF doit traiter la problématique d’obsolescence qui se pose sur certains matériels. De plus, EDF doit renforcer sa gestion du maintien de la qualification aux conditions accidentelles des matériels, que ce soit lors des opérations de maintenance préventive ou lors des remplacements de matériel. L’ASN note qu’EDF a lancé en 2011 un plan d’actions concernant la maîtrise des exigences de qualification aux conditions accidentelles des matériels et pièces de rechange ; l’ASN en suivra avec attention la mise en œuvre effective. Globalement, l’ASN considère qu’EDF doit poursuivre ses efforts dans le domaine de la qualification des matériels et de la gestion de l’obsolescence. La première barrière L’ASN considère qu’en 2011, la situation dans le domaine de la première barrière est globalement satisfaisante mais reste perfectible. Les actions de long terme engagées par EDF ne permettent toujours pas de retrouver un niveau optimal de l’état de la première barrière et l’ASN constate encore en 2011 des défauts d’étanchéité d’assemblage de combustible, des détériorations de grilles d’assemblages et la présence de nombreux corps étrangers dans le circuit primaire. Ainsi, en 2011, des défauts d’étanchéité affectant des assemblages de combustible RFA de certains réacteurs de 900 MWe ont été associés au phénomène d’usure vibratoire de ces assemblages de conception ancienne sans grille de maintien. Les modifications de conception apportées à ces assemblages permettent d’envisager une disparition progressive de cette source de perte d’étanchéité. Le nombre de ces assemblages présents dans les réacteurs sera plus faible en 2012 et sera insignifiant d’ici quelques années. L’ASN considère également qu’EDF doit renforcer ses efforts pour éviter la présence de corps étrangers dans les circuits. Les actions engagées depuis 2008 par EDF se sont poursuivies en 2011, mais leurs applications restent perfectibles. Enfin, EDF doit continuer de progresser dans l’application des programmes de maintenance des matériels de manutention du combustible, qui peuvent être à l’origine de dégradations d’assemblages de combustible. Les équipements sous pression et la deuxième barrière L’ASN considère que la situation du parc dans le domaine des équipements sous pression est en dégradation. Les principales causes de cette régression sont, d’une part, une appropriation insuffisante de la réglementation relative aux ESPN, applicable depuis janvier 2011, et notamment un manque d’anticipation dans l’établissement des programmes des opérations d’entretien et de surveillance (POES) des équipements. L’ASN a également noté que plusieurs événements survenus sur des équipements sous pression en 2011 traduisent un manque de rigueur dans la préparation et la réalisation des opérations de maintenance ainsi que dans les conditions d’exploitation : – présence de corps étrangers, introduits par accident lors des opérations de maintenance, dans les faisceaux tubulaires des générateurs de vapeur ; – endommagement de la bride et du couvercle de plusieurs cuves lors des opérations de repose du couvercle de cuve à la fin des arrêts de réacteurs ; – préparation insuffisamment rigoureuse de certains tests de résistance à la pression des équipements conduisant à l’observation de fuites parasites lors des phases préliminaires de l’épreuve ou lors de l’épreuve elle-même ; – occurrence de plusieurs transitoires dynamiques de type «coup de bélier », lors de remises en service de réacteurs, mettant en évidence des écarts matériels ou l’absence de respect de consignes d’exploitation : ces transitoires ont conduit à des sollicitations non prévues de certains équipements. Enfin, l’ASN a constaté l’apparition de signaux de relâchement de la qualité des actions menées par les services inspections reconnus (SIR), qui sont chargés de veiller à l’application, sur chaque site, des dispositions réglementaires concernant les équipements sous pression. L’ASN considère que dans certains cas, ces difficultés peuvent en partie être attribuées à un manque d’effectif du SIR eu égard aux missions dont il a la charge. Les difficultés observées pour certains SIR se sont traduites en mai 2011 par la décision du préfet de l’Isère, sur avis de l’ASN, de ne pas renouveler la reconnaissance du service d’inspection du site de Saint-Alban.
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