415 CHAPITRE LES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES DE RECHERCHE ET LES AUTRES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES 14 1I 2 I 3 Les laboratoires Les laboratoires d’expertise de matériaux ou de combustibles irradiés Ces laboratoires, appelés également « laboratoires chauds », constituent des outils majeurs d’expertise pour les grands exploitants nucléaires. Autrefois très nombreux, ils ont été recentrés sur deux pôles : l’un consacré aux matériaux irradiés à Saclay et l’autre au combustible à Cadarache. Du point de vue de la sûreté, ces installations doivent répondre aux normes et règles des grandes installations nucléaires du cycle du combustible, mais l’approche de sûreté doit également être proportionnée aux risques spécifiques. • Le Laboratoire d’examen des combustibles actifs (LECA) (Cadarache) Mis en service en 1964, le LECA est un laboratoire d’examens, destructifs et non destructifs, de combustibles irradiés issus des différentes filières de réacteurs électronucléaires ou expérimentaux, et de structures ou appareillages irradiés de ces filières. À la suite du réexamen de sûreté mené en 2001, un important programme de remise à niveau a été réalisé. Il comprend notamment des travaux visant à améliorer la tenue au séisme du génie civil. Ils s’achèveront avec la déconstruction du bâtiment dénommé « U02 » initialement programmée en 2008 et reportée en 2012, réduisant ainsi les interactions entre bâtiments en cas de séisme. Par ailleurs, le CEA a indiqué son intention de prolonger la durée d’exploitation du LECA, dont l’arrêt était envisagé jusqu’à présent en 2015. Pour cela, il devra notamment démontrer la tenue des bâtiments dans le cas d’un séisme de référence, dit « séisme majoré de sécurité » (SMS), lors du prochain réexamen de sûreté prévu en 2013. • La Station de traitement, d’assainissement et de reconditionnement (STAR) du LECA (Cadarache) L’installation STAR est un laboratoire de haute activité constitué par des cellules blindées. Elle a été conçue pour la stabilisation et le reconditionnement des combustibles irradiés sans emploi, en vue de leur entreposage dans l’installation CASCAD. Elle réalise également des examens destructifs et non destructifs sur les combustibles irradiés issus de différentes filières (REP, RNR, expérimentale). Sa création a été autorisée par le décret du 4 septembre 1989 et sa mise en service définitive a été prononcée en 1999. A l’issue de l’analyse du dossier de réexamen de sûreté, en juin 2009, l’ASN a indiqué qu’elle n’avait pas d’objection à la poursuite de l’exploitation de l’installation et a autorisé l’extension de son domaine de fonctionnement, permettant ainsi au CEA de reconditionner de nouveaux types de combustibles. L’ASN veille périodiquement au respect des engagements pris par l’exploitant dans le cadre du réexamen de sûreté et a notamment réalisé deux points d’avancement en 2011. Par ailleurs, au sein de l’installation STAR, l’ASN a autorisé, en 2011, la mise en exploitation du laboratoire VERDON. Celui-ci vise à étudier les relâchements et dépôts précoces de produits de fission des nouveaux combustibles. Afin de réduire les risques de chute liés aux opérations de manutention, un nouveau « sas camion » est en cours de construction. L’exploitant s’est engagé à le mettre en service en 2014. • Le Laboratoire d’étude et de fabrication de combustibles avancés (LEFCA) (Cadarache) Le LEFCA est un laboratoire en charge de la réalisation d’études de base sur le plutonium, l’uranium, les actinides et leurs composés sous toutes leurs formes (alliages, céramiques ou composites) en vue de leurs applications aux réacteurs nucléaires, de la réalisation d’études hors pile nécessaires à l’interprétation et à la compréhension du comportement des combustibles en réacteur et dans les différentes étapes du cycle, ainsi que de la fabrication de capsules ou d’assemblages expérimentaux destinés aux essais d’irradiation. Ce laboratoire a été mis en service en 1983. En 2003, dans le cadre du dernier réexamen de sûreté, le CEA s’est engagé à réaliser des travaux de renforcement au séisme du bâtiment. Ceux-ci ont été achevés en 2010. Toutefois, concernant le risque de liquéfaction1 des sols au droit de l’installation en cas de séisme, l’ASN a pris une décision portant prescription technique et imposant la mise en œuvre d’un dispositif de prévention de ce risque avant le 29 juin 2012 (décision n° 2010DC-0186 du 29 juin 2010). Les travaux de réalisation ont commencé au début de l’année 2011. Travaux d’assainissement du « bâtiment UO2 » avant déconstruction 1. La liquéfaction est un phénomène se produisant sous sollicitation sismique : le passage de l’onde sismique provoque la perte de résistance d’un matériau sableux gorgé en eau et peut conduire à l’instabilité des bâtiments.
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