LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT 4 – La surveillance des expositions aux rayonnements ionisants Du fait de la difficulté d’attribuer un cancer au seul facteur de risque rayonnements ionisants, pour prévenir les cancers dans la population, une « surveillance du risque » est réalisée par la mesure d’indicateurs de la radioactivité ambiante (mesure des débits de dose par exemple), de la contamination interne ou, à défaut, par la mesure de grandeurs (activités dans les rejets d’effluents radioactifs) qui peuvent permettre ensuite de procéder, par la modélisation et le calcul, à une estimation des doses reçues par les populations exposées. La totalité de la population française est exposée à des rayonnements ionisants d’origine naturelle ou ayant pour origine des activités humaines, mais de façon inégale sur le territoire. L’exposition moyenne de la population française est estimée à 6,5 mSv par personne et par an, mais cette exposition présente une grande variabilité individuelle (facteur de 1 à 20), notamment selon le lieu d’habitation (potentiel radon de la commune, niveau de rayonnements telluriques), le nombre d’examens radiologiques réalisés, les habitudes de consommation (tabac, denrées alimentaires) et de vie (voyages en avion). Le graphique 7 représente une estimation des contributions respectives à la dose moyenne totale des différentes sources d’exposition aux rayonnements ionisants pour la population française. 4.1 Les doses reçues par les travailleurs 4.1.1 – La surveillance des expositions professionnelles aux rayonnements ionisants Le système de surveillance des expositions des personnes susceptibles d’être exposées aux rayonnements ionisants, travaillant notamment dans les INB ou dans les installations relevant du nucléaire de proximité, est en place depuis plusieurs décennies. Fondé principalement sur le port obligatoire du dosimètre à lecture différée pour les travailleurs susceptibles d’être exposés, il permet de vérifier le respect des limites réglementaires applicables aux travailleurs. Ces limites visent l’exposition totale (depuis 2003, la limite annuelle, exprimée en matière de dose efficace, est de 20 mSv sur douze mois consécutifs), obtenue en ajoutant la dose due à l’exposition externe et celle résultant d’une éventuelle contamination interne ; d’autres limites, appelées « limites de dose équivalente », sont définies pour l’exposition externe de certaines parties du corps telles que les mains, la peau et le cristallin (voir rubrique « Réglementer » sur asnr.fr). 3,5 Radon 0,01 Autres (rejets des installations, retombées des essais atmosphériques) 0,6 Rayonnements telluriques 1,5 Médical TOTAL 6,5 mSv/an 0,6 Eaux et aliments 0,3 Rayonnements cosmiques Source : IRSN, 2021. GRAPHIQUE 7 Exposition moyenne de la population française Nombre de personnes surveillées Dose collective (homme.Sv(*)) Dose individuelle > 20 mSv Réacteurs et production d’énergie (EDF) 24 079 6,78 0 « Cycle du combustible » ; démantèlement 13 653 4,57 0 Transport 386 0,05 0 Logistique et maintenance (prestataires) 34 688 35,50 0 Effluents, déchets 736 0,11 0 Autres 16 175 2,75 0 Total nucléaire civil 89 717 49,76 0 * Homme.Sv : unité de grandeur de dose collective. Pour mémoire, la dose collective est la somme des doses individuelles reçues par un groupe de personnes donné. (Source : La radioprotection des travailleurs : exposition professionnelle aux rayonnements ionisants en France, bilan 2024 – ASNR) TABLEAU 7 Surveillance de l’exposition externe des travailleurs dans le domaine nucléaire civil (année 2024) Nombre de personnes surveillées Dose collective (homme.Sv(*)) Dose individuelle > 20 mSv Médical 101 559 5,80 1(1) Dentaire 4 867 0,16 0 Vétérinaire 8 009 0,12 0 Industrie 9 137 2,89 1(2) Recherche et enseignement 6 432 0,18 0 Naturel(**) 24 112 27,11 8(3) Total nucléaire de proximité 154 116 36,26 10 (1) Ce cas a été retenu par défaut en l’absence de retour du médecin du travail sur les conclusions de l’enquête. (2) Ce cas a été retenu par défaut en l’absence du retour du médecin du travail. (3) Cinq de ces huit cas ont été retenus par défaut en l’absence du retour du médecin du travail. * Homme.Sv : unité de grandeur de dose collective. ** Le naturel recouvre le personnel navigant civil ainsi que les travailleurs exposés aux radionucléides naturels des chaînes de l’uranium et du thorium. (Source : La radioprotection des travailleurs : exposition professionnelle aux rayonnements ionisants en France, bilan 2024 – ASNR) TABLEAU 8 Surveillance de l’exposition externe des travailleurs dans les activités nucléaires de proximité (année 2024) Effectif suivi Dose collective (homme.Sv(*)) Dose individuelle > 20 mSv 2017 384 198 100,58 1,03 2018 390 363 104,14 1,12 2019 395 040 112,31 1,20 2020 387 452 72,43 0,78 2021 392 180 82,71 0,85 2022 386 080 88,43 0,90 2023 360 743 84,23 0,95 2024 248 814(*) 87,36 0,35(**) * L’effectif total suivi en 2024 concerne uniquement les travailleurs classés catégorie A, B et/ou ceux de la catégorie « Autres expositions », regroupant les expositions au radon, aux rayonnements cosmiques et les travailleurs en situation d’urgence radiologique. ** Tous les travailleurs classés étant considérés comme exposés au sens de la réglementation, la dose moyenne est désormais calculée sur l’effectif total suivi et non pas sur l’effectif ayant reçu une dose supérieure au seuil d’enregistrement des dosimètres, fixé à 0,1 mSv, comme cela se faisait dans les précédents rapports. (Source : La radioprotection des travailleurs : exposition professionnelle aux rayonnements ionisants en France, bilan 2024 – ASNR) TABLEAU 9 Évolution des effectifs suivis et de la dose collective et individuelle moyenne sur l’effectif exposé de 2017 à 2024(*) tous domaines confondus Source : IRSN, 2021. 160 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025
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