LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT Plusieurs projets de petits réacteurs modulaires (PRM ou Small Modular Reactors – SMR) sont en cours de développement dans le monde. Selon les critères retenus par l’AIEA, il s’agit de réacteurs d’une puissance inférieure à 300 mégawatts électriques (MWe) ou 1000 mégawatts thermiques (MWth). La viabilité économique de ces petits réacteurs repose en outre sur une production en série s’appuyant sur une conception modulaire. Ils utilisent des technologies variées : celle des réacteurs à eau sous pression (REP) ou des technologies avancées (réacteurs à haute température, à sels fondus, à neutrons rapides, etc.). Les caractéristiques des PRM, en particulier leur faible puissance et leur compacité, constituent des facteurs favorables pour la sûreté. L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) considère que ces caractéristiques doivent être mises à profit pour concevoir des réacteurs répondant à des objectifs de sûreté nucléaire plus ambitieux que les réacteurs de forte puissance actuels. L’ASNR participe à des groupes de travail internationaux portant sur les PRM. Dans ce cadre, elle échange avec ses homologues étrangères dans l’objectif de promouvoir l’établissement de référentiels internationaux ambitieux, de partager les bonnes pratiques et de bénéficier du retour d’expérience de ses homologues. Après une phase d’émergence de projets qu’avait suivie l’ASNR afin de se préparer aux futures instructions, l’année 2025 a été celle de leur maturation. Tous les projets ont ainsi avancé dans le développement de leur réacteur avec parfois, toutefois, des évolutions significatives de conception conduisant à une révision de leurs calendriers prévisionnels de dépôt de dossiers à l’ASNR, ou à décaler certaines des instructions déjà engagées. Fin 2025, l’ASNR est sollicitée par des demandes d’avis sur des options de sûreté de deux projets et par l’instruction d’une nouvelle demande d’autorisation de création d’un réacteur expérimental. 1 – Des réacteurs de puissance aux petits réacteurs modulaires Jusqu’à présent, les réacteurs nucléaires industriels exploités en France visaient uniquement la production massive d’électricité. Le parc électronucléaire français s’est ainsi construit progressivement avec une tendance régulière à l’accroissement de la puissance de ces réacteurs, passant de 900 MWe pour les premiers réacteurs à 1600 MWe pour le réacteur EPR de Flamanville. Visant en particulier le marché de la fourniture directe d’énergie à des clients industriels, les nouveaux concepteurs de réacteurs répondant à l’appel à projets du Gouvernement s’inscrivent en rupture avec le modèle historique en développant des réacteurs de 10 à 400 fois moins puissants que le réacteur EPR de Flamanville, d’où leur qualificatif de « petits » réacteurs. Cette réduction significative du niveau de puissance implique également une adaptation du modèle économique de développement de ces petits réacteurs, d’une part en cherchant à réduire les délais de construction ; d’autre part, en s’appuyant sur une standardisation et une production de série. C’est à ce nouveau modèle industriel d’une production de série avec une large part de préfabrication en usine que fait référence le terme « modulaire ». 322 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025
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