Projet de petit réacteur modulaire à Savigny-en-Véron La société Newcleo envisage, d’une part la création d’un petit réacteur modulaire refroidi au plomb à Savigny-en-Véron – 37 (voir chapitre 9) ; d’autre part, la construction d’une usine de fabrication de combustible MOX (Mélanges d’OXydes) à Pont-sur-Seine et Marnay-sur-Seine – 10 (voir chapitre 11). Dans ce cadre, elle a déposé le 13 décembre 2024 et le 19 décembre 2025 deux demandes d’avis à l’ASNR sur des options de sûreté concernant respectivement le projet d’usine de fabrication de combustible et le projet de petit réacteur modulaire. En 2026, un débat public sera organisé de manière conjointe pour ces deux projets, sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP). Site de Saint‑Laurent‑des‑Eaux Le site de Saint‑Laurent‑des‑Eaux, situé sur le territoire de la commune de Saint‑Laurent‑Nouan dans le Loir‑et‑Cher, en bord de Loire, comporte différentes installations nucléaires, certaines en fonctionnement et d’autres en cours de démantèlement. La centrale nucléaire de Saint‑Laurent‑des‑Eaux comporte deux réacteurs B1 et B2 en fonctionnement d’une puissance de 900 MWe, mis en service en 1980 et 1981, qui constituent l’INB 100. Le site comporte également deux anciens réacteurs nucléaires A1 et A2 de la filière UNGG en phase de démantèlement et les deux silos d’entreposage des chemises de graphite provenant de l’exploitation des réacteurs A1 et A2. Centrale nucléaire de Saint‑Laurent‑des‑Eaux Réacteurs B1 et B2 en fonctionnement L’ASNR considère que les performances de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux dans les domaines de la sûreté nucléaire, de la radioprotection et de la protection de l’environnement rejoignent l’appréciation générale portée sur les centrales nucléaires d’EDF. En matière de sûreté nucléaire, l’ASNR relève une amélioration globale des performances de la centrale nucléaire de Saint-Laurentdes-Eaux en 2025. Des progrès ont été constatés dans la rigueur de la surveillance de la salle de commande, et la gestion du risque d’incendie est satisfaisante. Toutefois, la rigueur et le maintien des compétences dans le domaine de la conduite normale des réacteurs constituent des points de vigilance de l’ASNR. En ce qui concerne la maintenance, les performances du site se sont améliorées, dans un contexte industriel chargé, marqué par la réalisation de la quatrième visite décennale du réacteur 1 en 2025. L’ASNR constate également des progrès notables dans la caractérisation et le traitement des anomalies par rapport aux années précédentes. En revanche, les systèmes relevant des fonctions support, de la maîtrise de la réactivité et du refroidissement présentent toujours un nombre de dysfonctionnements supérieur à celui observé sur les autres centrales nucléaires d’EDF. Dans le domaine de la radioprotection, l’ASNR considère que, malgré une baisse du nombre d’événements significatifs déclarés, les résultats globaux de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-desEaux restent fragiles. Des améliorations fortes restent attendues sur la préparation des chantiers et le suivi de la propreté radiologique des locaux. En matière de protection de l’environnement, les performances de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux se sont dégradées en 2025. Si les rejets liquides et gazeux demeurent globalement maîtrisés, la gestion des gaz fluorés et de la déchetterie du site doit être améliorée. La prise en compte des risques non radiologiques doit également être renforcée. En effet, les contrôles menés par l’ASNR ont mis en évidence une transposition incomplète des exigences de l’étude de dangers dans les procédures du site. Au titre de l’inspection du travail, un accident, survenu en 2025, a conduit à des investigations importantes de la part de l’ASNR, mettant en évidence une gestion de chantier à améliorer, notamment dans le choix des équipements de travail. Par ailleurs, à la lumière des contrôles effectués, des améliorations restent attendues sur la gestion du risque d’atmosphère explosive et des installations d’aération et d’assainissement. Réacteurs A1 et A2 en démantèlement L’ancienne centrale de Saint‑Laurent‑des‑Eaux constitue une INB qui comprend deux réacteurs UNGG « intégrés », les réacteurs A1 et A2. Ces réacteurs de première génération, qui fonctionnaient avec de l’uranium naturel comme combustible, utilisaient le graphite comme modérateur et étaient refroidis au gaz. Leur mise à l’arrêt définitif a été prononcée respectivement en 1990 et 1992. Le démantèlement complet de l’installation a été autorisé par le décret du 18 mai 2010. À l’issue de l’analyse des rapports de conclusions du réexamen périodique portant sur l’ensemble des réacteurs UNGG, l’ASN a indiqué en décembre 2021 n’avoir pas d’objection à la poursuite d’exploitation de l’INB 46 (réacteurs Saint‑Laurent A1 et A2). L’ASNR vérifiera, dans le cadre de l’instruction des nouveaux dossiers de démantèlement de ces réacteurs, qui ont été déposés par EDF fin 2022 pour exposer la nouvelle stratégie de démantèlement « en air », que les opérations de démantèlement seront réalisées dans de bonnes conditions de sûreté et de radioprotection, et dans des délais maîtrisés. En 2025, EDF a poursuivi la réalisation des chantiers de démantèlement, se situant hors du caisson des réacteurs Saint‑Laurent A1 et Saint-Laurent A2. Par ailleurs, les opérations d’assainissement des sols pollués aux hydrocarbures de la zone des anciens transformateurs du réacteur de Saint‑Laurent A2, autorisées par une décision de l’ASN en 2023, se sont achevées en 2025. Centre‑Val de Loire 54 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025
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