LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT Les rayonnements ionisants peuvent être d’origine naturelle ou provenir d’activités nucléaires d’origine humaine. Les expositions de la population aux rayonnements ionisants d’origine naturelle résultent de la présence de radionucléides d’origine terrestre dans l’environnement, de l’émanation de radon en provenance du sous‑sol et de l’exposition aux rayonnements cosmiques. Les activités nucléaires sont définies par le code de la santé publique (CSP) comme « les activités comportant un risque d’exposition des personnes aux rayonnements ionisants lié à la mise en œuvre soit d’une source artificielle, qu’il s’agisse de substances ou de dispositifs, soit d’une source naturelle, qu’il s’agisse de substances radioactives naturelles ou de matériaux contenant des radionucléides naturels […] ». Ces activités nucléaires incluent celles qui sont menées dans les installations nucléaires de base (INB) et dans le cadre du transport de substances radioactives, ainsi que dans les domaines médical, vétérinaire, industriel et de recherche. Les dangers et les risques liés aux rayonnements ionisants, que ces derniers soient d’origine naturelle ou produits par les activités nucléaires, sont étroitement surveillés et contrôlés. La sûreté nucléaire est définie dans le code de l’environnement comme « l’ensemble des dispositions techniques et des mesures d’organisation relatives à la conception, à la construction, au fonctionnement, à l’arrêt et au démantèlement des installations nucléaires de base ainsi qu’au transport de substances radioactives, prises en vue de prévenir les accidents ou d’en limiter les effets ». La radioprotection est, quant à elle, définie comme « la protection contre les rayonnements ionisants, c’est‑à‑dire l’ensemble des règles, des procédures et des moyens de prévention et de surveillance visant à empêcher ou à réduire les effets nocifs des rayonnements ionisants produits sur les personnes, directement ou indirectement, y compris par les atteintes portées à l’environnement ». La sûreté nucléaire et la radioprotection obéissent à des principes et des démarches mis en place progressivement et enrichis continuellement du retour d’expérience. Les principes fondamentaux qui les guident sont promus au plan international par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Ils ont été inscrits en France dans la Constitution ou dans la loi et figurent désormais dans des directives européennes. 1 – L’état des connaissances sur les dangers et les risques liés aux rayonnements ionisants Les rayonnements ionisants sont définis comme étant capables de produire directement ou indirectement des ions lors de leur passage à travers la matière. Parmi eux, on distingue les rayons X, les rayonnements gamma, alpha et bêta, ainsi que les rayonnements neutroniques, chacun d’entre eux étant caractérisé par des énergies et des pouvoirs de pénétration différents. 1.1 Les effets biologiques et les effets sanitaires Qu’ils soient le fait de particules chargées, par exemple électron ou positon (rayonnements bêta) ou un noyau d’hélium (rayonnement alpha), ou de photons (rayons X ou rayons gamma), les rayonnements ionisants peuvent interagir avec les molécules constitutives des cellules de la matière vivante et les transformer chimiquement. Parmi les lésions ainsi créées, les plus importantes concernent l’ADN des cellules ; elles ne sont pas fondamentalement différentes de celles provoquées par certaines substances chimiques toxiques, exogènes (extérieures à l’organisme) ou endogènes (résultant du métabolisme cellulaire). Lorsqu’elles ne sont pas réparées par les cellules elles‑mêmes, ces lésions peuvent conduire soit à la mort cellulaire soit à l’apparition d’effets biologiques néfastes, dès lors que le tissu ne peut plus assurer ses fonctions. De tels effets, appelés « effets déterministes », sont connus de longue date puisque les premiers effets ont été décrits assez tôt après la découverte des rayons X par W. Röntgen (début des années 1900). Ils dépendent de la nature du tissu exposé et apparaissent de façon certaine dès que la quantité de rayonnements absorbée dépasse un certain niveau de dose. Parmi ces effets, on peut citer par exemple l’érythème, la radiodermite, la radionécrose et la cataracte. Les effets sont d’autant plus graves que la dose de rayonnements reçue par le tissu est importante. 108 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025
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