18 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 Maîtrise du vieillissement du parc nucléaire français Les perspectives de poursuite de fonctionnement des réacteurs nucléaires d’EDF FAITS MARQUANTS 2025 Comme elle l’avait fait pour les réacteurs de 900 MWe en 2021, l’ASNR a encadré le 1er juillet 2025 les conditions de la poursuite de fonctionnement des réacteurs de 1 300 MWe d’EDF jusqu’à 50 ans. En parallèle des réexamens périodiques décennaux, l’ASNR instruit actuellement l’hypothèse d’une poursuite du fonctionnement des réacteurs jusqu’à 60 ans et au-delà, afin de pouvoir éclairer les acteurs de la politique énergétique. 1. Les quatre réacteurs de 1450 MWe bénéficieront des mêmes améliorations de sûreté dès leur troisième réexamen périodique, à partir de 2029. Un réexamen périodique tous les dix ans En France, l’autorisation de créer une installation nucléaire est délivrée par le Gouvernement, après avis de l’ASNR. Cette autorisation est délivrée sans limitation de durée. Un réexamen approfondi de l’installation, appelé « réexamen périodique », est réalisé tous les dix ans pour évaluer les conditions de la poursuite de son fonctionnement pour les dix ans qui suivent. Au cours de ce réexamen périodique, l’exploitant doit s’assurer que le fonctionnement de l’installation est conforme aux exigences de sûreté qui lui sont applicables et que les phénomènes de vieillissement des équipements sont correctement maîtrisés. Il doit également améliorer la sûreté de son installation, en tenant compte de l’évolution des connaissances et en la rapprochant des niveaux atteints par les installations les plus récentes. Le quatrième réexamen périodique : des améliorations importantes de la sûreté des réacteurs Le quatrième réexamen périodique, qui intervient environ 40 ans après la mise en service des réacteurs, se traduit par des améliorations importantes de la sûreté, permettant de rapprocher leur niveau de sûreté de celui des réacteurs dits de troisième génération. Il permet d’achever également le déploiement du « noyau dur » défini après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima (Japon). Comme elle l’avait fait pour les réacteurs de 900 MWe en 2021, l’ASNR a pris position le 1er juillet 2025 sur les conditions de la poursuite de fonctionnement des réacteurs de 1 300 MWe jusqu’à 50 ans(1). L’ensemble des dispositions prévues par EDF et celles que l’ASNR a prescrites ouvrent la perspective d’une poursuite de fonctionnement de ces réacteurs pour les dix ans qui suivent leur quatrième réexamen périodique. Pour analyser les études réalisées par EDF pour le quatrième réexamen périodique des réacteurs de 1300 MWe, l’ASNR s’est appuyée sur un processus d’expertise éprouvé dont les conclusions figurent dans 40 avis formulés par l’IRSN entre 2019 et 2024. Durant cinq ans, cette phase d’expertise aura mobilisé au plus fort de son activité près de 160 experts et chercheurs de l’IRSN, qui y auront consacré au total plus de 180 000 heures (voir focus n°13 du chapitre 8). Les améliorations de la sûreté des installations prévues lors de ce réexamen seront déployées réacteur par réacteur, lors de leur quatrième réexamen périodique. Des travaux conséquents seront ainsi réalisés, jusqu’en 2040 pour les derniers réacteurs, afin d’améliorer la maîtrise des accidents ou de rendre les réacteurs plus résilients aux agressions. De nouveaux systèmes de sûreté vont être installés, notamment un dispositif de refroidissement ultime de l’enceinte, servant à évacuer la chaleur hors du bâtiment réacteur en cas d’accident avec fusion du cœur, et un système de distribution d’eau depuis la source d’eau ultime, qui permettra d’alimenter les générateurs de vapeur et la piscine d’entreposage du combustible. Le cinquième réexamen périodique : renforcer la prise en compte des effets du changement climatique L’ASN a pris position sur les objectifs du cinquième réexamen périodique des réacteurs de 900 MWe en décembre 2024. Ce réexamen interviendra environ 50 ans après la mise en service des réacteurs. Compte tenu des modifications importantes mises en œuvre dans le cadre du quatrième réexamen périodique, l’ensemble des risques et des impacts sur l’environnement ne sera pas réévalué lors du cinquième réexamen. Celui‑ci portera principalement sur : ∙la vérification de la conformité des installations à leurs exigences applicables, le maintien de la qualification des matériels et la maîtrise du vieillissement pour un fonctionnement jusqu’à 60 ans ;
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