Rapport de l'ASNR 2025

LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT Depuis plus d’un siècle, la médecine fait appel, tant pour le diagnostic que pour la thérapie, à des rayonnements ionisants produits par des générateurs électriques ou par des radionucléides en sources scellées ou non scellées. Ces techniques représentent la deuxième source d’exposition de la population aux rayonnements ionisants (après l’exposition aux rayonnements naturels) et la première source d’origine artificielle (voir chapitre 1). On distingue l’exposition des patients qui bénéficient d’un acte diagnostique ou thérapeutique utilisant des rayonnements ionisants de celle des travailleurs, du public et de l’environnement, pour lesquels il n’y a pas de bénéfice direct. Le principe de limitation de dose ne s’applique pas aux patients, du fait de la nécessité d’adapter la dose délivrée à l’objectif diagnostique ou thérapeutique. Les principes de justification et d’optimisation sont fondamentaux, même si les enjeux de radioprotection diffèrent selon les utilisations médicales. En radiothérapie (externe ou curiethérapie) comme en radiothérapie interne vectorisée (RIV) qui connaît actuellement un fort développement, l’enjeu majeur est lié à la dose administrée et, le cas échéant, aux hauts débits de dose utilisés. Il existe pour les patients des enjeux spécifiques liés à l’utilisation de sources radioactives scellées de haute activité en curiethérapie, et de sources non scellées en médecine nucléaire. L’utilisation de sources non scellées présente des risques pour le personnel qui les manipule, pour l’environnement avec la gestion des déchets et des effluents, et pour l’entourage du patient (famille). Les pratiques interventionnelles radioguidées, toujours en plein essor, réalisées à l’aide de dispositifs de plus en plus sophistiqués, permettent la réalisation d’actes moins invasifs et le traitement d’indications nouvelles, mais peuvent conduire à une exposition significative du patient, ainsi que des personnels qui se trouvent à proximité immédiate. Enfin, les examens de scanographie, s’ils ne présentent pas d’enjeu majeur en matière de dose délivrée ou de débit de dose pour un individu, contribuent du fait de leur fréquence de façon très importante à l’exposition générale de la population liée aux actes de diagnostic médical, soulignant l’importance de la justification de chaque acte utilisant des rayonnements ionisants. 1 – Radioprotection et utilisations médicales des rayonnements ionisants 1. La radiothérapie interne vectorisée vise à administrer un médicament radiopharmaceutique ou à implanter un dispositif médical radioactif pour que les rayonnements ionisants délivrent une dose importante au plus près de l’organe qu’il est nécessaire de traiter (dit aussi « organe cible ») dans un but curatif ou palliatif. La majorité de ces traitements sont dispensés au sein des services de médecine nucléaire. 1.1 Les différentes catégories d’activité On distingue au sein des activités nucléaires dans le domaine médical deux grandes familles, celles à finalité diagnostique et celles à finalité thérapeutique. Les activités médicales de diagnostic mettant en œuvre des rayonnements ionisants sont la médecine nucléaire diagnostique et la radiologie (conventionnelle, scanographie, dentaire). À la frontière entre le diagnostic et le thérapeutique se trouvent les pratiques interventionnelles radioguidées (PIR), qui regroupent différentes techniques utilisées principalement pour des actes médicaux ou chirurgicaux invasifs, à but diagnostique, préventif ou thérapeutique sous le contrôle d’une image obtenue avec des rayons X. Les activités à finalité thérapeutique sont en majorité dédiées au traitement de cancers, comme la radiothérapie externe, la radiochirurgie, la curiethérapie et la médecine nucléaire thérapeutique (dite « radiothérapie interne vectorisée » – RIV(1)). Ces différentes activités, avec les techniques utilisées, sont présentées aux points 2.1 à 2.6. 194 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025

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