LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT qui comprend, notamment, les modalités de la surveillance des effluents rejetés, conformément à l’article R. 1333‑16 du code de la santé publique et à la décision n° 2008-DC-0095 de l’ASN du 29 janvier 2008. Des locaux doivent être dédiés à ces activités, avec des équipements spécifiques permettant notamment de surveiller les conditions de rejets des effluents (niveaux de remplissage des cuves, dispositifs d’alarme de fuites, etc.). La conformité des installations destinées à recueillir les effluents et déchets produits par les services de médecine nucléaire doit être vérifiée régulièrement. Des travaux de révision de la décision ont débuté fin 2020 et conduiront également à faire évoluer le Guide n° 18 de l’ASN du 26 janvier 2012. Ces travaux prennent notamment en compte les évolutions réglementaires, les résultats des études menées et des groupes de travails engagés depuis cette période, ainsi que du retour d’expérience des inspections sur des thématiques déchets et effluents. 2.3.3 – L’état de la radioprotection en médecine nucléaire Le parc des installations de médecine nucléaire, en 2025, comporte 254 services de médecine nucléaire autorisés, dont 118 pratiquent exclusivement une activité de diagnostic. Parmi les services impliqués dans la thérapie, 42 ont les capacités de pratiquer la thérapie RIV à forte activité nécessitant une hospitalisation en chambre radioprotégée, alors que les autres services pratiquent exclusivement la thérapie RIV hors chambres radioprotégées, principalement en ambulatoire, que ce soit pour les traitements à l’iode-131 à activité modérée ou pour certains traitements au lutétium-177. Au cours de l’année 2025, 139 autorisations de médecine nucléaire ont été délivrées, incluant : des changements ou mises en service d’équipement (notamment des TEP), des augmentations d’activité de radioisotopes déjà utilisés, des extensions d’autorisation pour permettre l’usage de nouveaux radionucléides et des autorisations pour la réalisation d’études cliniques avec de nouveaux MRP (actinium-225 principalement). La programmation des inspections de l’ASNR en médecine nucléaire est établie selon une approche graduée, en prenant notamment en compte la répartition des types d’actes dans les services, avec des enjeux distincts selon qu’il s’agit d’actes à visée diagnostique ou thérapeutique. Jusqu’en 2024, la fréquence des inspections était fixée de manière quinquennale pour les services ne réalisant que des examens à visée diagnostique, quadriennale pour les services réalisant des examens diagnostics et des thérapies ambulatoires (iode délivré en activité inférieure à 800 mégabecquerels – MBq, synoviorthèses, etc.) et triennale pour les services réalisant des thérapies complexes utilisant de l’iode dans les activités délivrées à une dose supérieure à 800 MBq, du lutétium-177, de l’yttrium-90 (avec hospitalisation en chambre radioprotégée ou non. Depuis 2025, ces fréquences évoluent pour prendre en compte la réforme des autorisations de soins qui a dissocié au regard des enjeux deux catégories de services de médecine nucléaire (mention A et mention B). Ainsi, les services de médecine nucléaire de mention B sont inspectés tous les trois ans alors que ceux de mention A le sont tous les cinq ans (voir point 1.3.3). Au regard des enjeux de radioprotection, les contrôles de l’ASNR portent sur la radioprotection des travailleurs (organisation de la radioprotection, délimitation des zones réglementées, dosimétrie d’ambiance, dosimétrie des travailleurs), la radioprotection des patients (analyse des NRD, contrôles de qualité des DM, maîtrise de la dispensation des MRP) et la gestion des sources (circuit des sources non scellées, de la livraison à leur élimination, tels que les locaux de livraison, les cuves d’entreposage et les rejets des effluents). En 2025, 75 services de médecine nucléaire ont été inspectés, représentant 29 % des installations. Comme les années précédentes, les centres inspectés ont mentionné des problèmes d’effectifs, notamment de manipulateurs en électroradiologie médicale (difficulté à recruter, forte mobilité), ainsi que des difficultés de recrutement de praticiens dans certaines régions. Avec la mise en place progressive de la réforme des autorisations de soins se pose aussi la question d’un nombre suffisant de radiopharmaciens, ces derniers devant désormais assurer leur concours aux services de médecine nucléaire relevant de la mention A. Dans le contexte du développement de la RIV, le nombre de physiciens médicaux est également un sujet d’attention. L’ASNR s’attache à questionner les centres sur l’adéquation de leurs ressources, en particulier lors de nouveaux projets et dans un contexte d’activité croissante, ainsi que sur l’habilitation des professionnels nouveaux arrivants ou, le cas échéant, sur leur habilitation à de nouvelles pratiques. L’ASNR a poursuivi sa campagne d’inspections sur la thématique des vérifications de non-contamination, pour évaluer la maîtrise du risque de contamination par les RAN. Après trois centres en 2024, ce sont cinq nouveaux centres qui ont été contrôlés. Les mesures de contamination atmosphérique et surfacique ont été réalisées à l’aide de préleveurs d’air, de contaminamètres et par la réalisation de frottis analysés en laboratoire. Les points de mesure et de prélèvements ont été déterminés par les experts de l’ASNR sur la base des plans du service et de ses activités le jour des mesures. Ils concernaient à la fois des endroits clés du service et des points de mesure dans les locaux attenants (salle d’attente avant injection, couloir de circulation en zone non réglementée, etc.). Les premiers retours sur ces campagnes de mesure indiquent globalement une bonne maîtrise du risque de contamination dans les services inspectés. Les rapports d’analyse sont ensuite partagés au responsable de l’activité pour qu’il puisse en tenir compte dans la définition des points de mesure faisant l’objet des vérifications réglementaires. Un retour d’expérience de ces campagnes va être réalisé pour partager les méthodologies de définition des points de mesure et définir sur quels critères de telles inspections pourront être ponctuellement programmées à l’avenir. 2.3.3.1 La radioprotection des professionnels de médecine nucléaire Sur le plan radiologique, le personnel est soumis à un risque d’exposition externe, en particulier au niveau des doigts, du fait notamment de la manipulation de certains radionucléides (cas du fluor-18, de l’iode-131, du gallium-68, de l’yttrium-90, du radium-223 et de l’actinium-225), lors de la préparation et de l’injection des MRP, ainsi qu’à un risque d’exposition interne par incorporation accidentelle de substances radioactives (par exemple technétium-99). Les constats d’inspections réalisées en 2025 révèlent une certaine stabilité de la prise en compte des exigences de radioprotection des professionnels, avec un bilan contrasté selon les points contrôlés (voir graphique 6). Le suivi et l’analyse des expositions des professionnels sont jugés plus satisfaisants que dans les établissements inspectés en 2024, avec 87 % des services inspectés en 2025 qui respectent ces dispositions contre seulement 77 % l’année précédente, et se rapprochent du niveau moyen observé sur les années 20202024 (90 %). On notera une meilleure conformité dans les services pratiquant des activités de thérapie (95 % des 22 services contrôlés sur cette thématique en 2025). La mise à jour de la formation des professionnels à la radioprotection marque le pas après la franche augmentation observée l’année précédente (73 % des services inspectés ont la totalité des professionnels concernés formés depuis moins de trois ans, contre 78 % en 2024 et 59 % en 2023). Les autres écarts observés concernent des défauts de vérification du risque de contamination atmosphérique ou de non‑contamination des zones attenantes aux locaux où sont manipulés les radionucléides, ainsi que les vérifications des équipements de travail et des sources scellées. La nette diminution de conformité observée pour ces dernières depuis 2023 se confirme. Seuls 62 % des services inspectés ont pu justifier de vérifications réalisées à la fréquence réglementaire requise pour toutes les sources et équipements. En outre, seuls 59 % des services inspectés avaient mis en œuvre des travaux 214 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025
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