Le programme de réacteurs EPR 2 EDF a transmis en 2023 la demande d’autorisation de création de deux réacteurs EPR 2 sur le site de Penly (Seine-Maritime). L’ASNR a achevé début 2026 la phase d’expertise de cette demande. Elle souligne la qualité des échanges techniques et le travail important réalisé par EDF pour apporter des réponses aux questions posées. La conception du réacteur EPR 2 est plus avancée que ne l’était celle du réacteur EPR de Flamanville au même stade, ce qui est positif. S’agissant de la fabrication des équipements destinés à la chaudière nucléaire, l’ASNR constate que Framatome et EDF ont poursuivi leurs efforts dans la mise en œuvre de démarches de conception et de fabrication tenant compte du retour d’expérience de la construction du réacteur EPR de Flamanville. Cela s’est matérialisé, en particulier, par la réalisation en 2025 d’un grand nombre d’opérations de qualification technique destinées à mettre sous contrôle les procédés de fabrication des pièces forgées. Les appréciations centrale par centrale Les appréciations que l’ASNR porte sur chaque centrale nucléaire sont détaillées dans les pages du Panorama régional de ce rapport. En matière de sûreté, la centrale nucléaire de Civaux et, dans une moindre mesure, celle de Saint-Alban, se sont distinguées positivement en 2025. Les performances des centrales nucléaires de Gravelines et Dampierre‑en‑Burly ont en revanche été en retrait par rapport aux autres centrales nucléaires exploitées par EDF. En matière de radioprotection, les centrales nucléaires de Civaux, Chooz et Saint-Alban se sont distinguées de manière positive. À l’inverse, l’ASNR considère que les performances des centrales nucléaires de Cruas-Meysse, Cattenom et Gravelines ont été en retrait. En matière de protection de l’environnement, les centrales nucléaires de Dampierre‑en‑Burly et Tricastin se sont distinguées de manière positive, tandis que celles de Paluel et Flamanville ont été en retrait. Les centrales nucléaires en démantèlement et les installations de gestion des déchets En 2025, EDF a poursuivi les opérations de démantèlement ou de préparation au démantèlement de ses installations. L’ASNR note la bonne avancée de certains chantiers (Fessenheim, Superphénix) mais souligne des retards pris sur d’autres projets. L’ASNR considère qu’EDF doit rester vigilante au bon avancement des projets, tout en maintenant des conditions satisfaisantes de sûreté et de radioprotection. L’ASNR estime que les installations d’EDF en démantèlement ou en phase de préparation au démantèlement sont globalement bien tenues. Toutefois, des efforts doivent être menés par EDF sur le chantier de Chooz A pour améliorer la maîtrise générale des chantiers et de la radioprotection des intervenants. Ce sujet constitue un point de vigilance particulier pour l’ASNR, d’autant plus que l’année 2026 sera marquée par une augmentation du nombre de chantiers de démantèlement sur les différents sites exploités par EDF/DP2D (Direction des projets déconstruction et déchets). LES INSTALLATIONS À L’ARRÊT DÉFINITIF OU EN DÉMANTÈLEMENT Les réacteurs à l’arrêt définitif ou en démantèlement exploités par EDF (Brennilis, Chooz A, Fessenheim, Superphénix, réacteurs de la filière UNGG) n’abritent plus de combustible usé. Les principaux enjeux de sûreté concernent donc le confinement des substances radioactives et la radioprotection. Certaines installations présentent également un risque supplémentaire lié à la présence d’amiante, parfois combinée à la présence de contaminations radiologiques, rendant les conditions d’intervention plus complexes. L’ASNR note positivement en 2025 la finalisation de la quasi-totalité des opérations préparatoires au démantèlement de l’installation Fessenheim. Les travaux se poursuivent conformément à la trajectoire planifiée, de manière à atteindre l’état initial de l’installation prévu à l’entrée en vigueur du futur décret de démantèlement, prévu en 2026. Sur le chantier de démantèlement de Chooz A, une étape majeure a été atteinte par EDF en mars 2025 avec la levée de la cuve du réacteur en vue de sa découpe. Les travaux de démantèlement dans les cavernes s’intensifient, mais s’accompagnent d’une dégradation des performances d’exploitation, et de radioprotection des intervenants. L’ASNR considère qu’EDF doit redresser les performances de ce site, qui fera l’objet d’une surveillance renforcée de l’ASNR en 2026. Par ailleurs, l’ASNR restera vigilante au bon déroulement des différentes étapes de démantèlement de l’AMI de Chinon (INB 94), dont les principales opérations rencontrent des retards notables. S’agissant des réacteurs de la filière UNGG, EDF a poursuivi en 2025 les travaux de démantèlement « hors caisson » sur les réacteurs de Saint-Laurent A, Bugey 1 et Chinon A3 dans des conditions de sûreté satisfaisantes. Néanmoins, des retards sont à noter sur certaines opérations, du fait notamment de difficultés contractuelles. L’instruction des dossiers de démantèlement pour les six réacteurs UNGG s’est poursuivie en 2025, avec une expertise technique qui est en cours. De plus, l’ASNR a contrôlé l’organisation d’EDF pour la gestion de ces projets. L’ASNR note que la gestion de projet développée par EDF est apparue robuste, avec une gestion de la planification pertinente. Certains points de vigilance, notamment concernant la conservation de la mémoire et le suivi actualisé des « risques projets » ont été soulignés (voir chapitre 10). LES INSTALLATIONS DE GESTION DES COMBUSTIBLES USÉS ET DES DÉCHETS RADIOACTIFS Concernant ses installations en fonctionnement, EDF procède à de nombreux chantiers de remise à niveau d’équipements de l’atelier pour l’entreposage du combustible de Superphénix (Apec), ce qui est satisfaisant. L’ASNR considère qu’EDF doit poursuivre la consolidation des projets de reprise de déchets radioactifs, notamment les blocs sodés entreposés dans l’Apec et les chemises graphites contenues dans les Silos de Saint-Laurent. Sur ce dernier projet, l’ASNR déplore le décalage des échéances de reprise des déchets. Elle souligne l’importance d’un niveau de maturité du projet et de dispositions de sûreté suffisantes pour le futur entreposage des chemises graphites, notamment dans l’hypothèse où une filière pour leur stockage ne serait pas encore disponible au moment de leur retrait des réacteurs en démantèlement. 22 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025
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