ORANO L’ASNR considère que le niveau de sûreté des installations nucléaires de base exploitées par Orano est satisfaisant et que le fonctionnement d’ensemble des installations du « cycle du combustible » est maintenant stabilisé. L’ASNR appelle toutefois Orano à maintenir une grande vigilance sur les risques de saturation des capacités d’entreposage de combustibles usés et de matières plutonifères à court et moyen termes. Les études et travaux engagés par Orano pour le renouvellement des usines du « cycle du combustible », sur un horizon allant de 2040 à 2060 environ, et pour la pérennisation des installations existantes jusqu’à leur remplacement, se poursuivent selon une dynamique positive. Les projets « Aval du futur » et « Pérennité Résilience » sont ainsi devenus des axes structurants d’organisation et de mobilisation des équipes d’Orano. L’ASNR relève toutefois que le calendrier de mise en service des nouvelles capacités d’entreposage de combustible usé, qui constitue un premier chantier indispensable même indépendamment du reste du programme, ne présente aucune marge au regard de l’horizon de saturation des capacités actuelles. Orano devra en outre continuer à veiller à ce que l’engagement de ressources dans les projets liés aux installations à construire ne concurrence pas les projets de maintien et d’amélioration du niveau de sûreté des installations actuelles. L’ASNR souligne que les fonctions support et le traitement du passif de substances radioactives entreposées sur les sites tant à La Hague qu’au Tricastin restent des priorités de premier ordre. Les installations en fonctionnement Dans le cadre de la mise en œuvre des parades à la saturation des piscines d’entreposage de combustibles usés sur le site de La Hague, Orano a commencé en 2025 à remplacer les paniers contenant les combustibles usés par des paniers de section plus réduite, dits « densifiés », afin d’augmenter progressivement la capacité d’entreposage de combustibles usés en piscine. L’ASNR salue les efforts d’Orano pour déployer ces paniers qui ont vocation à être utilisés en cas de risque de situation bloquante lié à un aléa sévère sur une installation du « cycle du combustible ». L’ASNR note positivement la concrétisation des projets visant à sécuriser la gestion des matières et des déchets radioactifs sur le site de La Hague, notamment la mise en service d’une troisième extension d’entreposage de matières plutonifères, autorisée par l’ASNR en mars 2025, permettant d’augmenter les capacités d’entreposage des rebuts de MOX en conteneur (RBM). L’ASNR relève la capacité d’Orano à conduire, conformément au planning, les travaux de construction de l’extension de l’usine Georges Besse II (INB 168), démarrés en septembre 2024, à l’issue d’une enquête publique réalisée au printemps 2024. Enfin, l’ASNR souligne que le plan d’action destiné à surmonter les difficultés de production de l’usine Melox à Marcoule a permis d’atteindre un niveau de production de combustibles MOX conforme à l’attendu et sans production excessive de « rebuts MOX ». L’évolution de long terme des usines du « cycle du combustible » Le projet de construction de nouvelles capacités d’entreposage « sous eau » de combustibles usés, projet maintenant porté par Orano et intégré au programme industriel ambitieux de renouvellement des usines de La Hague, dit « Aval du futur », est en cours avec pour objectif de mettre en service un premier bassin à l’horizon 2040. L’ASNR appelle Orano à veiller au bon avancement des études et travaux, notamment afin que les nouvelles installations d’entreposage de combustibles usés reposent sur un référentiel de conception robuste et adapté, et que ce calendrier de mise en service soit respecté. La reprise et le conditionnement des déchets anciens et le démantèlement De nombreux déchets anciens, principalement sur le site de La Hague, ne sont pas entreposés selon les standards de sûreté actuels et présentent des enjeux majeurs. La reprise et le conditionnement de ces déchets anciens (RCD) sont une étape clé pour l’avancement des démantèlements des usines définitivement arrêtées. L’ASNR réalise un suivi périodique de l’avancée de ces projets complexes, et note positivement la bonne appropriation par Orano de l’évaluation de la maturité des projets, ainsi que le déploiement d’outils de pilotage. En 2025, l’ASNR note les efforts maintenus par Orano sur les projets de reprise et conditionnement de déchets du site de La Hague. Néanmoins, certains projets prioritaires rencontrent des difficultés, techniques ou contractuelles, qui amènent à retarder les opérations de réduction du terme source et in fine le démantèlement des installations. L’ASNR reste vigilante quant à la robustesse des scénarios de reprise et de traitement de déchets, et la fiabilisation des procédés mis en œuvre à cet effet. Concernant les opérations de démantèlement sur le site de La Hague, l’ASNR considère qu’Orano doit progresser dans le niveau de maturité des solutions proposées et anticiper au mieux les contraintes techniques et réglementaires, ainsi que les interactions entre installations en fonctionnement et en démantèlement. L’ASNR a de ce fait mis en demeure Orano de réaliser le dévoiement de caniveaux de première génération, dont l’utilisation devait s’arrêter en 2024. L’ASNR appelle par ailleurs Orano à tirer le retour d’expérience de l’incendie survenu en 2025 en zone contrôlée lors des opérations de démantèlement de l’atelier MAPu. En 2025, le démantèlement de l’installation George Besse I sur le site du Tricastin a avancé de manière satisfaisante, avec notamment la déconstruction des anciennes tours aéroréfrigérantes. L’ASNR reste vigilante à la bonne avancée des études pour la réalisation du démantèlement des cascades de diffusion. Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 23
RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=