Rapport de l'ASNR 2025

radiopharmaceutiques et le constat d’une augmentation des déclenchements de portiques de détection des sites de traitement des déchets. Si l’optimisation des doses et l’analyse des niveaux de référence diagnostiques (NRD) se sont améliorées, la mise en œuvre des systèmes de gestion de la qualité reste hétérogène. En outre, les ESR montrent des défaillances persistantes dans la préparation et l’administration des médicaments, souvent liées à l’identitovigilance ou à l’utilisation incorrecte de l’activimètre, ainsi que la nécessité de renforcer la prévention du risque d’extravasation, notamment pour les traitements de radiothérapie interne vectorisée (RIV) impliquant la délivrance d’une activité radiologique très significative. Ils rappellent également l’importance d’une gestion préventive des situations incidentelles de rejets des effluents par les responsables d’activités nucléaires et l’obligation réglementaire de disposer d’une convention de déversement entre les services de médecine nucléaire et les gestionnaires de réseaux d’eaux usées. L’augmentation des essais cliniques utilisant de nouveaux radionucléides soulève des enjeux spécifiques de radioprotection non seulement pour le patient et son entourage, mais également pour les professionnels, le public et l’environnement, soulignant la nécessité, d’une part, d’impliquer l’ensemble des acteurs pour permettre un accès à cette innovation dans un cadre sécurisé ; d’autre part, d’accompagner ces évolutions. Fin 2025, l’ASNR a mis en place une organisation spécifique pour l’examen de ces projets et a adapté son processus d’autorisation afin de faciliter l’intégration des centres dans des essais cliniques. Dans le domaine des pratiques interventionnelles radioguidées (PIR), les inspections réalisées montrent une situation qui progresse du point de vue de la radioprotection avec toujours une disparité entre les services d’imagerie interventionnelle et les blocs opératoires, qui restent moins performants. La mise en conformité des locaux progresse lentement. Les vérifications techniques, la désignation des conseillers en radioprotection (CRP) et les contrôles qualité des dispositifs médicaux sont jugés satisfaisants. La formation à la radioprotection et la coordination des mesures de prévention en situation de coactivité restent en revanche insuffisantes, notamment pour les praticiens libéraux, souvent moins au fait des exigences réglementaires qui leur incombent en tant qu’employeur. Si la formalisation des plans d’organisation de la physique médicale (POPM) progresse, l’optimisation des doses présente encore des lacunes, surtout au bloc opératoire, avec des protocoles parfois absents ou inadaptés et des analyses de doses insuffisantes. La culture de déclaration des événements indésirables s’améliore grâce à la mise en place de systèmes d’enregistrement des événements. Le retour d’expérience des ESR souligne la nécessité d’analyser régulièrement des indicateurs dosimétriques et de mettre en place un dispositif de suivi post-exposition des patients en fonction des 2. Perspectives et enjeux de radioprotection : https://www.asnr.fr/sites/asnr/files/2025-10/Etude-sur-la-pratique-de-la-téléradiologie-Perspectives-et-enjeuxde-radioprotection.pdf. niveaux de doses observés. S’agissant des professionnels, les dépassements de valeur limite de doses, l’un aux mains, l’autre au cristallin, soulignent à nouveau les enjeux de radioprotection dans ce domaine et la nécessité d’actualiser régulièrement les évaluations dosimétriques individuelles et d’optimiser les pratiques. Dans le domaine de la radiologie, les ESR déclarés impliquant des cohortes de patients mettent en évidence des défaillances dans l’application du principe d’optimisation avec la nécessité de procéder, dès l’installation puis tout au long de l’utilisation, à l’optimisation des appareils et des protocoles associés, et à la formation et à l’habilitation des professionnels appelés à les utiliser. L’analyse des contrôles qualité, le recueil régulier des doses délivrées aux patients, la mise en œuvre d’évaluations dosimétriques régulières, l’analyse des résultats de ces évaluations et la comparaison de ces derniers aux NRD nationaux, lorsqu’ils existent, sont autant de barrières permettant d’alerter rapidement les équipes sur des dysfonctionnements ou d’utilisations inappropriées. Ces ESR soulignent l’intérêt de connecter les appareils de radiologie à un système d’archivage et de communication de la dose (DACS) pour faciliter l’exploitation des doses et le besoin de renforcement des obligations réglementaires pour les activités où ces systèmes ne sont actuellement pas requis. En scanographie, les inspections montrent une bonne prise en compte par les responsables d’activité nucléaire des exigences de radioprotection des travailleurs et des patients, soutenue par une implication forte et dynamique des équipes et des acteurs clés. Les écarts observés concernent principalement le processus d’habilitation au poste de travail et la gestion des vérifications périodiques. L’enjeu de la téléradiologie est prégnant dans ce domaine et a conduit l’ASNR à publier en 2025 les enseignements issus d’une étude sur ce sujet(2). Elle met en lumière plusieurs points de fragilité organisationnels, techniques et humains qui sont susceptibles d’avoir des conséquences sur la radioprotection et d’augmenter le risque d’erreurs, lorsque cette modalité est déployée sans avoir été suffisamment préparée. Sept pistes d’amélioration sont identifiées parmi lesquelles une meilleure gestion de projets en amont du déploiement de la téléradiologie avec une évaluation des impacts dans une approche de gestion des risques. La campagne d’inspections des cabinets dentaires disposant d’un Tomographe volumique à faisceau conique (CBCT), couplée aux résultats de l’analyse des grilles d’auto-évaluation, met en évidence des insuffisances dans la traçabilité des actes (rédaction des comptes rendus avec les informations dosimétriques, formalisation des procédures par type d’actes), l’optimisation des doses (connaissances des paramètres d’optimisation, analyse et transmission des relevés dosimétriques), ainsi que la réalisation des vérifications initiales des équipements avant la première utilisation. LE DOMAINE INDUSTRIEL, VÉTÉRINAIRE ET DE LA RECHERCHE Les exploitants du domaine industriel, vétérinaire et de la recherche se caractérisent par leur diversité: ils sont nombreux et exercent leurs activités dans des structures de tailles et de statuts très hétérogènes ; ils utilisent par ailleurs des sources de rayonnements ionisants dans une grande variété d’applications. En matière de radioprotection, l’appréciation portée par l’ASNR sur ces exploitants reste dans une grande continuité et demeure contrastée à l’instar des années précédentes. Parmi les activités nucléaires dans le secteur industriel, la radiographie industrielle et, en particulier la gammagraphie, constituent, en raison de leurs enjeux de radioprotection, des secteurs prioritaires de contrôle par l’ASNR. L’ASNR constate que les entreprises ont, dans leur grande majorité, maintenu la rigueur nécessaire pour respecter les obligations réglementaires relatives à l’organisation de la radioprotection, à la formation et au suivi dosimétrique des travailleurs, au recours à des opérateurs disposant du certificat d’aptitude à manipuler les appareils de radiologie industrielle (CAMARI) requis, et à la maintenance des appareils de gammagraphie. Cependant, un effort conséquent reste toujours à mener par un nombre significatif d’entreprises pour définir correctement le programme des vérifications exigées par le code du travail et le mettre en œuvre, ce point faisant l’objet d’écarts relevés dans une inspection sur trois en 2025, corriger les éventuelles non‑conformités relevées à cette occasion, et assurer la traçabilité des corrections apportées. 28 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025

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