Rapport de l'ASNR 2025

LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT l’absence de nocivité. L’analyse a montré que ces indications étaient visibles sur les films de plusieurs contrôles successifs précédents sans que les actions nécessaires aient été déclenchées. Dans ce contexte, EDF a transmis à l’ASNR en juillet 2025 un compte rendu d’événement significatif, qui a fait l’objet d’une révision en décembre 2025. L’ASNR a analysé le plan d’action qu’EDF a établi en conséquence de la découverte de ces indications. Celui-ci prévoit en particulier la sensibilisation des opérateurs chargés des contrôles de ces zones et le renforcement de la surveillance par EDF de la réalisation des examens non destructifs. La déclinaison des programmes de surveillance en exploitation des CPP et CSP, ainsi que leur adaptation pour tenir compte de l’évolution du retour d’expérience et des connaissances concernant les modes de dégradation, font l’objet d’une attention particulière de la part de l’ASNR. À ce titre, l’ASNR est attentive à ce qu’EDF ait recours à des moyens de contrôle non destructifs adaptés et dont les performances sont qualifiées. EDF doit également déployer de manière réactive des contrôles pour vérifier l’absence de risques particuliers, par exemple en cas de découverte ou de suspicion d’un nouveau mode de dégradation. Les cuves des réacteurs Dans le cadre des réexamens périodiques, l’ASNR examine tous les dix ans la justification de la tenue en service des cuves. La démarche générique mise en place par EDF consiste à vérifier, selon une approche enveloppe, que toutes les cuves d’un type de réacteur présentent une résistance à la rupture brutale suffisante en tenant compte des chargements auxquelles elles sont soumises en exploitation (que ce soit lors des situations d’exploitation courantes, incidentelles ou accidentelles) et de leur fragilisation sous irradiation. Lors de cet examen, il est tenu compte des propriétés mécaniques de chaque cuve et de la présence d’un défaut hypothétique positionné de manière pénalisante. EDF vérifie également de manière spécifique la résistance mécanique des cuves présentant des défauts particuliers. Au terme de son instruction, l’ASNR a conclu favorablement en 2025 sur la capacité des cuves des réacteurs de 1300 MWe à fonctionner jusqu’à leur cinquième visite décennale. Toutefois, des compléments sont attendus concernant le programme de surveillance de l’irradiation (PSI) de la cuve du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Penly, qui montre une fragilisation de l’acier de cuve supérieure aux estimations issues de la formule générique de fragilisation par l’irradiation. Ces compléments feront l’objet d’un examen spécifique par l’ASNR en amont de la quatrième visite décennale de ce réacteur prévue en 2031. EDF mène également, lors de la visite décennale de chaque réacteur, des contrôles pour s’assurer de l’absence d’évolution des défauts existants ou d’apparition de défauts préjudiciables dans l’acier des cuves. Elle réalise également une épreuve hydraulique sous pression du circuit primaire. L’ASNR émet des procès‑verbaux à la suite des contrôles effectués lors de chaque visite décennale sur le circuit primaire, et en particulier sur les cuves. En 2025, les résultats des contrôles réalisés ont été satisfaisants. Les produits moulés Les principes méthodologiques retenus par EDF dans ses analyses mécaniques de justification du maintien en service des produits moulés ont été validés par l’ASNR. Cette instruction a conclu que l’ensemble des coudes des circuits primaires des réacteurs de 900 MWe peut être maintenu en service au moins jusqu’à la cinquième visite décennale. L’ASNR mène une instruction sur certains coudes E (coudes situés à proximité de la cuve) des réacteurs de la centrale nucléaire de Paluel, dont la poursuite d’exploitation au‑delà des visites décennales à venir devra faire l’objet d’une justification particulière. Pour justifier le maintien en service des coudes moulés au‑delà de la cinquième visite décennale, EDF poursuit ses études selon plusieurs axes. EDF envisage en particulier de demander à l’ASNR de pouvoir recourir à des méthodes de calcul plus avancées permettant de mieux tenir compte de la nature des défauts susceptibles d’être présents. De plus, EDF développe un nouveau moyen d’examen non destructif de la paroi interne des coudes E ainsi qu’une technique de réparation de défaut en paroi interne, auxquels EDF pourrait avoir recours si elle n’était pas en mesure d’apporter la justification de leur maintien en service. L’ASNR considère ces travaux comme nécessaires, car devant permettre à EDF de définir une stratégie de traitement suffisamment en amont des visites décennales. Par ailleurs, certains piquages moulés des branches primaires (piquages du système RIS situés en branche froide) sont également sensibles au phénomène de vieillissement thermique et ont fait l’objet d’analyses sur leur capacité à être maintenus en service, dont la méthodologie a été expertisée par l’IRSN pour les réacteurs de 900 et de 1300 MWe. La faible ténacité de certains piquages des réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Paluel et du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Saint-Alban, liée à leur vieillissement, a conduit EDF à programmer leur remplacement. Les générateurs de vapeur Les GV sont restés un point de vigilance pour l’ASNR en 2025. Des niveaux d’encrassement et de colmatage importants dans certains GV, susceptibles d’altérer la sûreté de leur fonctionnement, ont conduit à la programmation de nettoyages préventifs. FOCUS N°1 Corrosion sous contrainte des lignes auxiliaires : bilan des actions engagées À la suite de la découverte de fissures de corrosion sous contrainte (CSC) fin 2021 sur des tuyauteries auxiliaires du circuit primaire de certains de ses réacteurs, EDF a mis en place un programme qui a permis de contrôler plus de 1200 soudures des circuits d’injection de sécurité (RIS) et de refroidissement du réacteur à l’arrêt (RRA). En 2025, EDF a continué à mobiliser d’importants moyens de contrôle et d’analyse pour identifier les causes de ces dégradations. À ce stade, les contrôles réalisés depuis fin 2021 ont mis en évidence la présence de plus de 80 fissures de plus de 2 mm de profondeur sur ces tuyauteries, ce qui confirme le caractère sérieux de ce phénomène, dont on pensait auparavant qu’il n’était pas susceptible d’affecter ces tuyauteries. Par ailleurs, les contrôles réalisés ont conduit à la découverte d’une dizaine de fissures causées par de la fatigue thermique, qui est un mode de dégradation connu comme susceptible d’affecter ces tuyauteries. Certaines de ces fissures ont toutefois été découvertes au niveau de soudures qui ne faisaient pas l’objet d’un suivi particulier. La campagne de contrôle qui a été initiée fin 2021 est presque achevée. D’ici à la fin d’année 2026, EDF aura contrôlé environ 55 % des soudures des lignes RIS et RRA susceptibles d’être concernées par ce phénomène. Les contrôles doivent néanmoins être poursui‑ vis pour ce qui concerne les tuyauteries d’autres systèmes impor‑ tants pour la sûreté, afin de confirmer que ceux-ci ne sont pas sensibles à la fissuration par CSC. La mise en évidence en 2025 de nouveaux défauts de CSC et de fatigue au niveau de tuyauteries qui ont été remplacées en 2022 renforce la nécessité de poursuivre les investigations pour comprendre ces phénomènes. En particulier, plusieurs réacteurs seront instrumentés afin d’étudier le comportement thermohydrau‑ lique des circuits auxiliaires, qui est un paramètre influent dans l’apparition de CSC et de fatigue. Afin de limiter le risque de réap‑ parition du phénomène de CSC, EDF a engagé le déploiement d’opérations de mise en compression des tuyauteries. Enfin, ce phénomène appelle la mise en œuvre d’une stratégie de contrôle de long terme, concernant l’ensemble des tuyauteries des systèmes RIS et RRA, qui tienne compte du retour d’expérience accumulé depuis 2021. L’ASNR instruit actuellement la stratégie proposée par EDF, sur laquelle elle prévoit de prendre position à l’automne 2026. Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 297 01 05 09 02 06 10 03 07 11 13 04 08 12 A / Z

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