LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT La maintenance visant à obtenir un état de propreté satisfaisant a été insuffisante par le passé et constitue un point de vigilance pour l’ASNR. La stratégie de maintenance d’EDF relative au colmatage et à l’encrassement de la partie secondaire des GV est en cours d’évolution. L’ASNR porte également une attention particulière au suivi des dégradations des tores d’alimentation en eau des GV des réacteurs de 1300 et de 1450 MWe. Les tuyauteries auxiliaires du circuit primaire principal De nombreuses fissures liées à de la corrosion sous contrainte ou de la fatigue thermique ont été découvertes depuis 2021, en particulier sur les tuyauteries des circuits RIS et RRA des réacteurs de 1450 et de 1300 MWe de type P’4, à proximité immédiate de certaines soudures. Elles ont conduit à la réalisation de nombreux contrôles et de réparations. Les investigations se poursuivront en 2026, notamment sur d’autres systèmes. De plus, l’ASNR prendra position en 2026 sur la stratégie qu’EDF met en place pour le suivi à long terme des tuyauteries RIS et RRA, afin de tenir compte de ces risques de fissuration (voir focus n°1). 2.3 Les enceintes de confinement 2.3.1 – Les enceintes de confinement Les enceintes de confinement, qui constituent la troisième barrière de confinement, font l’objet de contrôles et d’essais destinés à vérifier leur conformité aux exigences de sûreté. En particulier, leur comportement mécanique doit garantir une bonne étanchéité du bâtiment réacteur si la pression à l’intérieur de celui‑ci venait à augmenter, ce qui peut survenir dans certains types d’accident. C’est pourquoi ces essais comprennent, à la fin de la construction, puis lors des visites décennales, une montée en pression de l’enceinte interne avec une mesure du taux de fuite. Ces essais sont imposés par les décrets d’autorisation de création de chaque réacteur et par l’arrêté du 7 février 2012 fixant les règles générales relatives aux installations nucléaires de base (INB). D’autres matériels participent à la fonction de confinement, tels que les systèmes permettant d’accéder à l’intérieur de l’enceinte de confinement (dénommés « sas » et « tampon matériel »), le circuit de mise en dépression de l’espace inter‑enceinte des enceintes de confinement à double paroi et le circuit de ventilation de la salle de commande. 2.3.2 – L’évaluation des enceintes de confinement Gestion globale de la fonction de confinement Dans son ensemble, la fonction de confinement fait l’objet d’une gestion satisfaisante de la part d’EDF. EDF a engagé depuis 2010 un plan d’action afin de garantir que, compte tenu des évolutions des réacteurs depuis leur construction, les débits des systèmes de ventilation répondent aux exigences de sûreté requises pour le confinement et pour le conditionnement thermique des installations. Le plan d’action est déployé, réacteur par réacteur, sur tous les systèmes concernés, et inclut un état des lieux des matériels et des gaines de ventilation. EDF procède, le cas échéant, à des remises en état et à des améliorations ainsi qu’au réglage des débits de ventilation. L’ASNR constate que les réglages des débits de ventilation sont généralement réalisés selon le calendrier prévu, et qu’EDF justifie convenablement les éventuels écarts, tout en accompagnant efficacement les sites qui rencontrent des difficultés. Les enceintes à simple paroi revêtue sur la face interne d’une peau d’étanchéité métallique Les épreuves décennales des enceintes des réacteurs de 900 MWe réalisées depuis 2019 dans le cadre de leur quatrième visite décennale n’ont pas mis en évidence de problème susceptible de remettre en cause leur exploitation. En 2025, EDF a réalisé les épreuves des enceintes de trois réacteurs, avec des résultats satisfaisants. Les enceintes à double paroi Les épreuves des enceintes à double paroi réalisées lors des premières visites décennales des réacteurs de 1300 MWe avaient permis de détecter une augmentation, plus importante qu’anticipée lors de la conception, des taux de fuite de la paroi interne de certaines d’entre elles, sous l’effet combiné de déformations du béton et de perte de tension de certains câbles de précontrainte. EDF a alors engagé d’importants travaux consistant à recouvrir localement, par un revêtement d’étanchéité en résine, l’intrados et l’extrados de la paroi interne des enceintes des réacteurs de 1300 MWe les plus affectés, ainsi que des réacteurs de 1450 MWe. Ces travaux ont permis, pour l’ensemble des réacteurs sur lesquels ils ont été effectués, de respecter les critères de taux de fuite lors des épreuves des enceintes. En 2025, EDF a réalisé les épreuves des enceintes à double paroi de deux réacteurs, avec des résultats satisfaisants. L’ASNR reste particulièrement attentive aux évolutions des taux de fuite des enceintes à double paroi et aux dispositions mises en œuvre par EDF pour les maîtriser. Enfin, dans le cadre du quatrième réexamen périodique des réacteurs de 1300 MWe, l’ASNR a considéré que la justification de la performance du confinement en situation d’accident avec fusion du cœur doit être complétée, en particulier en ce qui concerne l’étanchéité des joints du tampon d’accès des matériels dans le bâtiment du réacteur. 2.4 L’organisation pour l’exploitation des réacteurs 2.4.1 – L’exploitation des réacteurs L’arrêté du 7 février 2012 prévoit que l’exploitant doit disposer des compétences techniques nécessaires pour assurer la maîtrise des activités d’exploitation. Par ailleurs, cet arrêté prescrit à l’exploitant de définir et de mettre en œuvre un système de gestion intégrée (SGI) permettant d’assurer que les exigences relatives à la sûreté et à la protection de l’environnement sont systématiquement prises en compte dans toute décision concernant l’installation. Ce SGI doit préciser les dispositions prises en matière d’organisation et de ressources de tout ordre, en particulier celles retenues pour maîtriser les activités importantes pour la protection des personnes et de l’environnement. Le fonctionnement normal Les centrales nucléaires d’EDF sont surveillées en permanence depuis une salle de commande par une équipe de conduite qui est aussi chargée du pilotage des installations. Les limites d’exploitation entre lesquelles les équipes doivent maintenir l’installation sont définies dans les RGE. L’exploitant s’assure de ce maintien grâce à la documentation d’exploitation normale, notamment les consignes de conduite et les fiches d’alarme. L’exploitant est régulièrement amené à modifier la configuration de l’installation pour assurer l’intervention des équipes de maintenance, pour tester la disponibilité d’un système ou pour changer l’état du réacteur. 298 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025
RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=