Rapport de l'ASNR 2025

LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT Des essais sont régulièrement effectués pour vérifier le bon fonctionnement des systèmes qui pourraient être nécessaires en situation d’incident ou d’accident et pour contrôler le bon comportement du cœur du réacteur. Certains essais sont réalisés lorsque le réacteur fonctionne alors que d’autres ne peuvent être faits que lors des arrêts du réacteur. Les équipes de conduite effectuent elles‑mêmes certains de ces essais, tandis que d’autres nécessitent l’intervention d’équipes spécialisées. La conduite en cas d’incident ou d’accident Les stratégies et procédures de conduite à mettre en œuvre en situation d’incident ou d’accident sont développées dans différents documents (règles et consignes de conduite) mis à disposition des équipes de conduite. Ils prescrivent les actions à réaliser. Pour la gestion de ces situations, l’organisation de l’équipe de conduite évolue et chaque acteur dispose d’un rôle spécifique. Les équipes de conduite sont régulièrement formées à la mise en œuvre de ces stratégies de conduite. En complément des stratégies de conduite, un plan d’urgence interne (PUI), mis en œuvre par les équipes de crise, est déclenché pour aider les équipes de conduite dans les situations d’incident ou d’accident qui présentent un risque de conséquences à l’extérieur du site. En cas d’accident susceptible, à la suite d’une succession de défaillances, d’évoluer vers un accident grave avec endommagement sévère du combustible, les stratégies de conduite de l’installation privilégient la préservation de l’intégrité de l’enceinte de confinement afin de limiter autant que possible les rejets dans l’environnement. La mise en œuvre de ces stratégies mobilise les compétences des équipes de crise constituées au niveau local et au niveau national. 2.4.2 – L’évaluation de l’exploitation des réacteurs L’ASNR instruit le contenu des RGE avant leur mise en œuvre et contrôle leur bonne application au moyen d’inspections. Plus largement, elle s’assure que les mesures prises par EDF dans le cadre de l’exploitation des réacteurs sont adaptées aux risques que cette exploitation génère (voir focus n°2). FOCUS N°3 Campagne d’inspections sur la maîtrise de la réactivité en exploitation La sûreté nucléaire repose sur la maîtrise permanente de fonctions de sûreté, dont la réactivité du cœur du réacteur. Maîtriser la réactivité, c’est être en mesure de piloter la réaction nucléaire dans toutes les situations d’exploitation prévues et de disposer, à tout instant, de moyens d’arrêt suffisants pour faire face à une situation incidentelle ou accidentelle. Le retour d’expérience récent a montré qu’une part significative des événements liés à un défaut de maîtrise de la réactivité du cœur ont pour origine des défauts de pilotage du réacteur, de surveillance en salle de commande ou de gestion de la concentration en bore du circuit primaire. L’ASNR a lancé en 2025 une campagne d’inspection spécifique centrée sur les acteurs de la maîtrise de la réactivité, qui s’étend sur deux ans. Pour les neuf centrales nucléaires inspectées en 2025, l’ASNR a examiné le pilotage du processus de maîtrise de la réactivité et son animation au sein des différents métiers, la formation des agents concernés par ce processus, ainsi que la déclinaison opérationnelle par les équipes de conduite du nouveau guide de maîtrise de la réactivité. Les inspecteurs ont également procédé au contrôle du respect des consignes de pilotage des réacteurs, en particulier sur la gestion de la concentration en bore du circuit primaire et la reprise en manuel du pilotage des grappes de contrôle du cœur. Les inspecteurs ont complété leurs observations par des entretiens approfondis avec les personnels chargés de ces activités et par des mises en situations en salle de commande. Lors de ces inspections, l’ASNR a constaté la bonne animation natio‑ nale du réseau de pilotes de ce processus dans les centrales nucléaires, la systématisation du contrôle de deuxième niveau des activités en lien avec la maîtrise de la réactivité en salle de commande et l’amélioration des pratiques de pilotage des réacteurs. Ces mesures permettent de replacer les activités en lien direct avec la réactivité au cœur des enjeux de pilotage en salle de commande. Toutefois, l’ASNR a noté pour certaines centrales nucléaires un retard dans la mise en œuvre des dispositions prévues. Il s’agit notamment de manques dans l’identification des activités susceptibles de générer un défaut de maîtrise de la réactivité dans le planning journalier des activités, de l’opérabilité insuffisante de certains outils d’aide au pilotage ou encore d’un retard dans l’installation d’un dispositif visuel en cas de pilotage manuel des grappes de commande. Ces observations ont fait l’objet de demandes de la part de l’ASNR. Chacune des inspections a conduit l’ASNR à formuler à EDF des demandes d’amélioration. Cette campagne sera poursuivie en 2026 pour couvrir l’ensemble des centrales nucléaires. Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 299 01 05 09 02 06 10 03 07 11 13 04 08 12 A / Z FOCUS N°2 Les règles générales d’exploitation Les règles générales d’exploitation (RGE) encadrent les dispositions que l’exploitant prévoit de mettre en œuvre pour exploiter son installation dans le respect de la démonstration de sûreté. Elles précisent notamment les règles à respecter en fonctionnement normal, les essais périodiques à réaliser et les opérations de conduite à mener en situation incidentelle ou accidentelle. Elles sont l’une des pièces constitutives de la demande d’autorisation de mise en service d’une nouvelle installation nucléaire. Les spécifications techniques d’exploitation qui figurent dans les RGE définissent les paramètres à respecter en fonctionnement normal. Elles identifient également les systèmes essentiels au maintien des fonctions de sûreté et prescrivent les conduites à tenir en cas d’indisponibilité momentanée d’un système requis ou de dépassement d’une limite. En matière d’essais périodiques, les RGE détaillent les contrôles à effectuer, leur fréquence et les critères d’acceptation des résultats. Des essais existent notamment pour vérifier que le cœur du réacteur est conforme au référentiel de conception et à la démonstration de sûreté, et pour calibrer les systèmes de régulation et de protection. Les procédures de conduite en situation incidentelle ou accidentelle, qui figurent également dans les RGE, détaillent les actions à entreprendre par les équipes de conduite dans ces situations pour rétablir un fonction‑ nement normal ou, dans le cas d’un accident, pour ramener l’installation dans un état sûr et limiter ses conséquences. EDF met régulièrement à jour ces documents pour intégrer le retour d’expérience et pour tenir compte des modifications apportées aux réacteurs. Des amendements temporaires peuvent également être apportés. Ils nécessitent une justification et la définition de mesures compensatoires pour maîtriser les risques associés. Les modifications notables des RGE qui sont de nature à affecter la sûreté de l’installation ou la protection de l’environnement font l’objet, selon leur importance, soit d’une demande d’autorisation auprès de l’ASNR, soit d’une déclara‑ tion à l’ASNR, préalablement à leur mise en œuvre.

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