Rapport de l'ASNR 2025

L’ACTION INTERNATIONALE L’ASNR est maintenant bien installée et reconnue en Europe et dans le monde, et a inscrit ses actions à l’international parmi les axes importants de sa stratégie, dans la continuité totale de celles précédemment menées par l’ASN et l’IRSN. Ainsi, au plan multilatéral, l’ASNR a assumé son rôle d’Autorité indépendante de premier plan en exerçant la présidence de la 8e réunion internationale d’examen de la Convention commune sur la sûreté de la gestion du combustible usé et sur la sûreté de la gestion des déchets radioactifs. Au plan européen, l’ASNR est particulièrement active au sein du groupe ENSREG et des associations WENRA, ETSON mais aussi HERCA, qu’un de ses commissaires préside. Ces groupes ont comme objectif de promouvoir un haut niveau de sûreté et de radioprotection en Europe. L’ASNR est également un acteur majeur de la recherche dans son domaine. Son implication dans le partenariat de recherche PIANOFORTE qu’elle coordonne, et qui vise à construire une Europe de la radioprotection, en est un bon exemple. Le contexte international actuel reste marqué par un engouement pour des projets nucléaires, souvent innovants, de toutes natures. Cet élan se traduit par une demande de standardisation, d’harmonisation voire de simplification des approches réglementaires notamment pour les petits réacteurs modulaires (PRM, ou SMR en anglais). L’ASNR participe activement aux travaux internationaux dans ce domaine, notamment en promouvant la coopération entre Autorités de sûreté. Au-delà des actions engagées par l’AIEA et par l’Union européenne, l’ASNR considère que l’harmonisation des processus Montrouge, le 1er mars 2026 Ce Rapport annuel sur l’état de la sûreté nucléaire et la radioprotection en France est le premier de la nouvelle Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) depuis la fusion de l’ASN et de l’IRSN le 1er janvier 2025. Pour mener à bien ses missions, l’ASNR est pleinement opérationnelle et peut s’appuyer, pour décider et contrôler, sur ses compétences internes et sur l’accès à des connaissances scientifiques au meilleur niveau, qui forment le socle de sa souveraineté technique. Elle dispose également de capacités opérationnelles de surveillance et de gestion en situation de crise, dont des moyens mobiles déployables sur le terrain. Elle innove, enfin, aux plans technique, scientifique, mais aussi dans ses modes d’intervention, notamment d’inspection. Cette nouvelle édition du rapport annuel sur l’état de la sûreté nucléaire et la radioprotection illustre par un certain nombre d’encadrés ces aspects de l’action de l’ASNR. La sûreté nucléaire et la radioprotection sont un « bien commun » national et international. Dans un monde complexe, confronté à des défis géopolitiques, économiques et climatiques, la sûreté est indissociable de la performance globale du secteur nucléaire, tant dans l’exploitation des installations existantes que pour les projets neufs. Elle appelle une action proportionnée aux enjeux, une écoute des signaux faibles, tout en veillant à maîtriser la complexité collective, pour être sur les bons sujets au bon moment. Pour les installations existantes, l’enjeu premier est le maintien des meilleurs niveaux de sûreté et l’anticipation des grandes échéances : c’est l’objectif de l’instruction générique en cours sur la durée de fonctionnement des réacteurs à l’horizon de leurs 60 ans, ou du programme « Pérennité – Résilience » d’Orano portant les perspectives d’exploitation des usines du combustible au-delà de 2050. Ces actions doivent être associées à une réflexion structurée sur le renouvellement des installations à plus ou moins long terme, afin de ne jamais avoir à arbitrer entre sûreté et production. La France s’engage dans un programme de construction de réacteurs et d’usines du combustible. Il porte des défis propres, pour les exploitants, les filières industrielles et l’ASNR. La « réplication » et la standardisation doivent permettre un cercle vertueux, également favorable à la sûreté nucléaire : pour cela il faut, là encore, anticiper pour « dérisquer » l’instruction des projets, stabiliser les référentiels techniques, pour permettre la standardisation, assurer la maîtrise et la qualité des fabrications : le rapport l’illustrera par les actions menées en 2025. La réglementation française, qui impose principalement le respect d’objectifs de sûreté et de radioprotection plutôt que de normes techniques détaillées, a démontré sa capacité à répondre à des enjeux de natures très variées. Elle est donc adaptée pour répondre à l’innovation et traiter de nouvelles installations de manière proportionnée : petits réacteurs, fusion (projet ITER), installations de recherche. C’est un message que l’ASNR porte également à l’international, notamment dans les débats autour de l’encadrement réglementaire des installations de fusion. Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 3

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